‹ Traitâe clinique des maladies du cœurChapitre 33 sur 125 · II. Quelques réflexions sur les faits précédents · texte numérisé non relu

II. Quelques réflexions sur les faits précédents

Dans les douze cas de triple ou quadruple bruit que nous venons d'analyser, nous avions diagnostiqué une lésion organique des valvules gauches avec rétrécissement plus ou moins considérable de l'un des orifices ou des deux orifices correspondants. Or, dans les cinq cas où l'autopsie cadavérique a été faite, elle a pleinement justifié le diagnostic , et il en eût été certainement de même dans les sept autres, si cette opération eût été pratiquée. Mais il est bien entendu néanmoins que le triple ou quadruple bruit du cœur n'a été pour nous qu'un élément de diagnostic toutà-fait secondaire, et, si j'ose le dire, qu'un signe de luxe.

Parmi les cinq cas terminés par la mort, trois sont relatifs h une lésion organique des valvules aortiques avec rétrécissement de l'orifice correspondant, et deux à une lésion organique de la valvule bicuspide avec rétrécissement de l'orifice correspondant.

Or, dans deux des trois cas relatifs à la lésion des valvules aortiques avec rétrécissement de l'orifice aortique , et dilatation du ventricule gauche hypertrophié , le pouls était redoublé ainsi que la systole ventriculaire , comme si la quantité de sang contenue dans le ventricule dilaté n'avait pu traverser l'orifice aortique rétréci qu'au moyen de deux systoles coup sur coup, ou mieux d'une seule systole composée de deux reprises.

Dans les deux cas où les lésions occupaient la valvule bicuspide et l'orifice auriculo-ventriculaire gauche, il n'a point été observé deux pulsations coup sur coup du ventricule gauche et des artères. Les deux derniers bruits semblaient, au contraire , coïncider avec une double diastole ventriculaire ou bien une double systole de l'oreillette gau-

JôS MALADIES DU CŒUR EN PARTICULIER.

c1h% comme si efi raison de l'obstacle qu'il éprouvait à faire pénétrer le sajjg dans sa ca\ité, le ventricule gauche avait eu besoin d'une diastole faite à deux reprises, et que, de son côté, l'oreillette correspondante n'eût pu se vider qu'à la faveur d'une systole également composée de deux reprises. Quoi qu'il en soit, si l'explication que nous venons de proposer était bien l'expression de ce qui se passe réellement, il est clair que le phénomène du triple et quadruple bruit du cœur n'aurait pas seulement une grande valeur en tant que signe d'une Usiun organique déterminée des valvules et de leurs orifices, mais qu'il contribuerait puissamment encore à nous faire connaître quels sont précisément les valvules et les oriiices où siège la lésion.

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