DEGRES , FORMES ET ESPECES DE L'E>'DOCAR DITE
I. Comme toutes les autres inflammations, l'endocardite est susceptible de plusieurs degrés d'intensité; ces degrés peuvent néanmoins être ramenés à Irois principaux, c'està-dire que l'endocardite peut être légère, intense ou moyenne.
L'endocardite légère peut être , jusqu'à un certain point, comparée à Yérysipèle simple, tandis que l'endocardite intense serait une sorte d'érvsipèle pklegrnoneux. Dans celte forme, en effet, non seulement l'endocarde, cette espèce de tégument interne du cœur, mais encore le tissu cellulaire sous-jacent et inter musculaire du cœur, le tissu fibreux et le lissu musculaire lui-même participent au tra^ vaîl inflammatoire , et si l'on ne s'empresse d'attaquer la
HISTOIRE GÉNÉRALE DE l/EJVDOC.VRDITE. 3y.J
maladie par la plus vigoureuse thérapeutique, c'est alors que, au bout d'un certain temps, surviennent ces graves désordres des valvules et ces grandes hypertrophies dont nous avons rapporté tant d'exemples. C'est particulièrement l'endocardite rhumatismale qui revêt trop souvent cette forme phlegmoneuse ou parenchymateuse, et nous devons rappeler ici ce que nous avons dit ailleurs (1) de la forme également phlegmoneuse de certaines arthrites rhumatismales, rapprochement d'autant plus naturel, que mollement combattue, cette forme d'arthrite rhumatismale entraine aussi à sa suite dans les articulations qui en sont le siège, des épaississements, des hypertrophies, des indurations, lésions organiques q,uî , à la différence près de la structure des parties, sont essentiellement les mêmes que les lésions organiques du cœur signalées par nous tout-à l'heure.
La forme phlegmoneuse de l'inflammation du cœur se présente également dans un bon nombre de cas où cette inflammation coïncide avec une violente pleurésie ou pletiropneumonie.
Cette même forme se rencontre bien rarement dans l'endocardite qui peut accompagner les maladies connues sous les noms de fièvres typhoïdes et fièvres éruptives. C'est particulièrement la forme érysipèlateuse que l'on observe dans ces cas.
II. Les formes et les espèces de l'endocardite pourraient être multipliées d'une manière presque infinie, si l'on regardait comme autant de formes ou d'espèces différentes de celte maladie, les divers degrés qu'elle peut parcourir, sa coïncidence avec telle ou telle autre maladie, ses complications variées, etc., etc. Quant à nous, notre unique intention est de faire ressortir ici les seules formes ou espèces qui se distinguent par quelque trait important, quelque caractère tranché, quelque élément essentiel. Or,
(1 ) Traité clinique du rhumatisme articulaire et de la loi de coïncidence des inflammations du cœur avec celte maladie. Paris, 1840, in-S°.
.)y '| MALADIES DU COEUR EN PARTICULIER.
considérée sous ce point de vue , l'endocardite nous apparaît sous deux grandes formes ou espèces, qu'il est vraiment utile de distinguer.
La première de ces deux formes ou espèces constitue une affection purement et franchement inflammatoire : telle est l'endocardite qui éclate sous l'influence des grandes vicissitudes atmosphériques, soit qu'elle se développe seule, ce qui est rare, soit qu'elle se manifeste comme coïncidence ou accompagnement d'un violent rhumatisme articulaire aigu ou d'une pleurésie, d'une pleuro-pneumonie. C'est là ce que nous pouvons appeler l'endocardite simple , l'endocardite exclusivement inflammatoire.
La seconde forme ou espèce d'endocardite est celle qui se rencontre dans les maladies dites typhoïdes {putrides ou septi(jues). Sans doute, dans cette forme, l'élément inflammatoire est , comme dans la précédente , l'élément essentiel. Mais cet élément est lellementmodifié par l'élément typhoïde sur-ajouté , qu'il convient réellement de ne pas confondre l'endocardite de cette espèce avec l'endocardite simplement inflammatoire , et pour l'en distinguer, nous lui donnerons le nom à' endocardite typhoïde, ayant bien soin de prévenir les lecteurs que par cette dénomination nous entendons uniquement désigner une endocardite modifiée par sa coïncidence avec un état typhoïde , et non une endocardite qui donne lieu par elle-même à des phénomènes typhoïdes (1).
ARTICLE QUATRIEME
DES CAUSES ET DU MODE DE DEVELOPPEMENT DE L'ENDOCARDITE ; DE SA COÏNCIDENCE AVEC LE RHUMATISME ARTICULAIRE, AINSI QU'AVEC LES INFLAMMATIONS DE LA PLÈVRE ET DES POUMONS.