‹ Traitâe clinique des maladies du cœurChapitre 37 sur 125 · HISTOIRE GIÎJVÉRALF DE L ENDOCARDITE · texte numérisé non relu

HISTOIRE GIÎJVÉRALF DE L ENDOCARDITE

sujets à l'ouverture desquels on avait constaté l'existence d'une ancienne pleurésie (1). »

Voici maintenant comment, ailleurs (2), je résumais les recherches statistiques faites par moi sur la loi de coïncidence des inflammations du cœur avec le rhumatisme articulaire.

« En additionnant tous les cas que nous venons de citer, nous obtenons un total de 55o cas pour base de la loi de coïncidence entre le rhumatisme articulaire et l'inflammation du tissu séro-fibreux du cœur (endocardite et péricardite rhumatismales). Or, il me semble qu'une loi déduite d'une pareille masse de faits, recueillis dans l'espace de six à sept ans, n'a, malgré les assertions de certains auteurs , rien de téméraire ni d'aventureux (5).

«Précisons toutefois davantage et les faits ci-dessus et les résultats généraux ou les lois qui en dérivent.

«Sur îi4 cas de rhumatisme articulaire aigu recueillis par nous avec les plus grands détails > dans un espace de six à sept ans . il y en a 74 d'une grande intensité ou d'une intensité moyenne , et 4o de légers. Or, parmi les 74 cas de !a première catégorie, nous en comptons 64 dans lesquels s'est rencontrée la coïncidence certaine d'une endocardite ou d'une endo-péricardite (dans trois autres cas, la coïncidence fut douteuse) , tandis que, dans les 4o cas de la seconde catégorie , il n'en est qu'un dans lequel la coïncidence dont il s'agit ait été constatée.

»Donc, d'après ces faits, qui se reproduisent d'ailleurs chaque jour dans tous les autres services où l'exploration des malades est faite avec soin par des observateurs consciencieux et exercés; donc, d'après ces faits, dis je :

(1) Clinique médicale SeV hôpital de la Charité. Paris, 1S37, t. II , p. 331.

(2) Traité du rhumatisme articulaire. Paris, 1840, p. H3 et suiv.

(3) Ne sont pas compris , d'ailleurs , dans la masse des faits ci-dessus résumés, ceux que j'ai recueillis dans ma pratique privée, lesquels s'élèvent à un nombre assez considérable

38o MALADIES 1)1' COEUR EN PARTICULIER.

» i° Dans le rhumatisme articulaire aigu violent généralisé, la coïncidence d'une endocardite, d'une péricardite ou d'une endo-péricardile, est la règle, la loi, et la noncoïncidence l'exception ;

» 2° Dans le rhumatisme articulaire aigu léger, partiel, apyrétique, la non-coïncidence d'une endocardite, d'une péricardite ou d'une endo-péricardite, est la règle , et la coïncidence l'exception.

«Mais, pour qu'il ne manque rien à la solidité de la loi de coïncidence de l'endocardite, de la péricardite ou de l'endo-péricardite avec un rhumatisme articulaire aigu intense et généralisé , n'oublions pas cet auire ordre de cas dans lesquels nous avons constaté la préexistence de cette dernière maladie chez des individus qui nous présentaient les signes les plus positifs de lésions organiques du cœur évidemment consécutives à une endocardite ou à une péricardite mal guéries ou passées à l'état chronique. Dans le premier ordre de cas, nous avons acquis la preuve directe, immédiate ^flagrante , de la coïncidence qui nous occupe, et nous avons pour ainsi dire pris cette coïncidence sur le fait ; dans le second ordre de cas , au contraire , ce n'est que par voie d'induction , d'une manière indirecte et médiate , que nous saisissons la coïncidence de l'endocardite ou de la péricardite avec un rhumatisme articulaire aigu intense et généralisé ; mais l'induction est ici tellement pressante, qu'elle équivaut en quelque sorte à la démonstration directe. Au reste, il ne faut pas perdre de vue que celte démonstration directe de la loi que nous étudions a précédé la démonstration indirecte, et que nous avons deviné, si j'ose ainsi parler, la préexistence d'un rhumatisme articulaire aigu chez un grand nombre d'individus affectés des suites d'une endocardite ou d'une péricardite, précisément parce que, chez les sujets actuellement atteints de ce même rhumatisme articulaire aigu , nous avions constaté la coïncidence d'une endocardite ou d'une péricardite.

HISTOIHE GÉNÉRALE Dlî l'eNDOCARDITE. 38 1

»Quoi qu'il en soit, si l'on réfléchit que, depuis sept ans environ , sur ooo individus au moins , chez lesquels j'ai reconnu l'existence de lésions chroniques-organiques du cœur consécutives à une endocardite ou à une endo-péricardite, plus de la moitié, quand on les interrogeait avec toute l'exactitude suffisante, taisaient remonter les symptômes de ces lésions à une ancienne attaque de rhumatisme articulaire intense, qui s'était prolongée pendant plusieurs semaines ou même pendant plusieurs mois, on sentira combien cette nouvelle donnée contribue à la solution du problème que nous nous étions proposé. »

IV. Ajouterai-je encore que, depuis la publication du Traite clinique du rhumatisme articulaire, la nouvelle et assez nombreuse série de cas que nous avons recueillis (Clinique de 1840) a confirmé de la manière la plus exacte la loi par nous formulée?

Mais c'en est assez sur ce point. Concluons seulement que l'endocardite, maladie dont, il y a moins de huit ans, on ne savait pas même le nom, est cependant une des phlegmasies les plus communes et les plus graves, et qu'aujourd'hui il est peu de phlegmasies dont l'histoire, sous le rapport étiologique comme sous tous les autres rapports , soit plus avancée.

ARTICLE CINQUIÈME

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