‹ Traitâe clinique des maladies du cœurChapitre 48 sur 125 · Pouls à 96. (Continuation de la digitale · texte numérisé non relu

Pouls à 96. (Continuation de la digitale

00. La malade ne souffre plus nulle part; pouls à 92; le bruit de soufflet du cœur diminue sensiblement chaque jour; point de matité anormale dans la région précordiale. ( 2 boni II. ; 2 potag. )

Les jours suivants, la convalescence fait des progrès, et, le 7 février, il n'existait plus de bruit de soufflet dans la région du cœur. Le pouls était à 76. La respiration était naturelle. La malade mangeait le quart.

Dans le cours de la maladie , nous avons percuté et ausculté plusieurs fois la poitrine, et nous n'avons jamais rencontré aucun signe de maladie de la plèvre et des poumons.

La malade ne reste plus à l'hôpital que pour y guérir d'un engorgement du sein gauche, où se sont formés des abcès.

Réflexions. — Tous ceux qui ont suivi la malade dont nous venons de rapporter l'histoire ont regardé sa guérison comme un des plus beaux cas qui puissent déposer en faveur de la nouvelle formule des émissions sanguines. En effet, lorsqu'après la guérison du rhumatisme éclata le gonflement douloureux dumembre inférieurgauche, avec fièvre violente, vomissements, altération des traits, plusieurs personnes crurent que c'en était f;;it de la malade, et qu'en tout cas il no fallait plus songer aux émissions sanguines, après celles qui avaient été déjà pratiquées. Je n'étais pas moi-même sans inquiétude ; mais l'expérience m'avait appris que , s'il restait encore quelque espoir de salut, il fallait le chercher dans de nouvelles émissions sanguines pratiquées avec toute la prudence nécessaire. J'eus donc de nouveau recours à ce moyen, et un prompt soulagement en fut la suite. Tant il est vrai qu'avec notre méthode appliquée avec tout le soin convenable , il est bien peu de phlegmasies aiguës dont on

OBSiCHV, dV.NDOC. TKRMIiVKK PA.H LA GUÉfUSOfV. 40()

ne puisse triompher, quand elles ne sont pas prises trop tard !

Nous pensons que c'est au vésicatoire de la région précordiale et à la digitale qu'il est juste de rapporter l'achèvement de la guérison de l'endocardite valvulaire [cardii>ah>ulite) de cette malade.

OBSEIWATION -|39«.

Jeune homme de 24 an?. — Rhumatisme arliculaire aigu. — Premier bruit du cœur obscur, voilé, comme remplacé par un souffle dans la région de l'orifice aortiquc et de l'aorte sous-sternale ; fièvre forte ; pouls à 1 10-120, peu développé, concentré, etc. — Guérison rapide par la nouvelle formule des émissions sanguines.— Rechute qui n'a pas de suite fâcheuse.

Berthault (Louis), âgé de 2<4 ans, menuisier, d'une constitution de force moyenne, d'un tempérament lymphaticosanguin , ayant la peau assez blanche et fine, est reçu à la Clinique (n° 9, salle Saint-Jean-de-Dieu), le M juin 1840. Il s'était toujours bien porté jusqu'à la maladie actuelle.

Il y a 6 jours (le 26 mai), il s'aperçut en se levant de douleurs encore légères , fixées dans les genoux et dans le pli des aines des deux côtés, et gênant un peu la marche et la station. Le soir, après avoir travaillé pendant la journée, augmentation des douleurs indiquées qui l'obligèrent à se coucher 9 heures plus tôt que d'habitude.

Le 27, il voulut se lever, mais les douleurs furent assez vives pour l'obliger de se recoucher de suite. ( La douleur du genou gauche n'existait plus , mais le pied du même côté était pris , et le genou droit restait affecté. Les douleurs inguinales avaient disparu.)

Le 28, rien de nouveau. Pendant la nuit de ce jour, ainsi que les suivantes, sommeil un peu interrompu par les douleurs et des sueurs assez abondantes.

Le 29, le pied gauche se dégage, mais les deux genoux sont douloureux, et les poignets se prennent ainsi que les deux mains. — Persistance de ces douleurs les jours sui-

4lO MALADIES DU COEUR EN PARTICULIER.

vants ; le malade est obligé de rester au lit sous peine de syncopes par suite des douleurs dès qu'il voulait essayer de marcher. — Pendant les derniers jours, état stalionnairedes genoux ; augmentation graduée des douleurs des mains.

Pour traitement tisane de mauve et de camomille; rien autre chose sur les articulations que des compresses imprégnées d'eau de lavande.

Chaque jour, le malade mangeait de la soupe, delà viande, de la salade , etc.

Il attribue ses douleurs à ce que dans les journées des 23 et 24 , il resta fort long-temps dans un bateau où il était entré dans un moment de sueur.

Etat actuel (ie'juin). — Persistance des douleurs indiquées, occupant les deux poignets et les articulations métacarpo-phalangiennes (notamment pour la main gauche celles du pouce et des autres doigts, l'auriculaire excepté). Les deux poignets paraissent un peu tuméfiés (la mesure ne donne qu'une différence de 1 ligne ou 2 mill. entre eux au bénéfice du poignet gauche) ; on remarque aussi sur la face dorsale des deux mains un peu de rougeur diffuse, surtout à la main droite, qui est plus douloureuse , et particulièrement au niveau des articulations métacarpo-phalangiennes, celle du pouce entre autres; les deux mains sont très sensibles au moindre mouvement, et au plus léger contact; les deux genoux n'offrent rien de bien notable, si ce n'est une .différence de volume de 2 lignes ( 5 mill.) environ en faveur du genou droit; ils ne sont douloureux que dans la marche ou les contractions musculaires , supportent aisément la palpation et n'offrent point de fluctuation.

La peau est d'une chaleur assez forte , un peu moite, à 3ç)°,5 sur l'abdomen ; soif assez vive ; pouls à 1 16-1 uo, peu développé , comme concentré.

Pas de matité ni de voussure anormale dans la région précordiale ; l'impulsion du cœur assez modérée ; le premier

OBSERV. n'ENDOC. TERMINEE PAR LA. GFÉIUSON. l\\ 1

bruit sensiblement voilé est comme remplacé par un souffle dans la région de V orifice aortique et en remontant vers la partie supérieure du sternum ; pas de palpitations ni de dyspnée ; un peu de toux sans expectoration; en avant la résonnance et la respiration sont bonnes. (On ne peut ausculter en arrière , la douleur des genoux s'opposant à ce que le malade se place à son séant.)

Le malade a été amené à l'hôpital sur un brancard. (Saig. l\palett., le ier juin , au soir.)

a juin. Le malade se sent à peu près comme la veille ; les deux mains plus prises encore que la veille ; les doigts sont gonflés surtout à droite; les parties affectées sont le siège de rougeurs disséminées, correspondant aux articulations et séparées par des intervalles où la peau est de couleur normale; les veines sont développées, tendues, parcourues par un sang d'un bleu azuré ; le moindre mouvement est empêché par la douleur; pouls à ioo, non redoublé, assez résistant; état de moiteur pendant la nuit; température abdominale à 38-090. — Pas de douleur dans la poitrine ni à la tête; la région précordiale en particulier est indolente.

Le cœur se fait sentir dans l'espace accoutumé, mais son impulsion est brusque, forte ; le premier bruit est un peu voilé, comme mat , dans la région de Vorifice aortique, notablement plus clair en tirant vers r orifice auriculo ventriculaire gauche; ce voilement , sans souffle bien caractérisé , se prolonge le long de V aorte transversale; le second bruit, bien clair dans cette région ; point de souffle continu dans les artères du cou. Le caillot de la saignée est rétracté dans la moitié de sa circonférence ; couenne de 5 à 6 mill. d'épaisseur, supportant bien le poids du caillot.

Diagnostic. — Rhumatisme articulaire aigu avec endocardite et aortite légères. — Cas moyen.

Prescription. — Saig, 5 pal. matin et soir; vent, scarif. mains 3 pcilett.; catapl.; bourr. guim. édulc; diète.

3 juin. — Le malade se sent soulagé ; les rougeurs ont

notablement diminué, et la main droite est bien dégagée; aucune articulation nouvelle ne s'est prise; pouls à 92 , moins serré, résistant.

Pas de matité anormale dans la région précordiale (une lame de poumon recouvre les cavités gauches); premier bruit mieux frappé, plus clair cpie la veille , sans souffle.

Continuation des sueurs; urines libres , abondantes; pas de selles depuis deux jours.

Les deux caillots des saignées sont couverts de la couenne rhumatismale ; leur consistance est ferme et à peu près égale pour les deux saignées (caillot de la première plus rétracté ). Les rondelles des ventouses sont prises en une masse formant caillot , de consistance glutineuse et fersne. ( Saig. 5 pal.; vent, scarif. main gauche zpalett.; le reste ut suprà.)

4 juin. Bien. La main gauche exerce quelques mouvements ; pouls à 84-88 , assez développé , non redoublé.

Les deux bfàÛs du cœur distincts, sans souffle; impulsion assez forte et brusque.

Sommeil bon ; mains libres ; pas de selles ; caillot de la saignée rétracté, recouvert d'une belle couenne, un peu moins épaisse que la veille. — Rondelles des ventouses prises en une masse glutineuse, avec traces de couenne. [Compression avec bandage alumine main droite; cata.pl. laudan. main gauche.}

5. Le malade se trouve encore mieux que la veille : la main et le poignet gauches sont dégonflés, et le malade les remue facilement; poids à 80-84 ; chaleur modérée de la peau; bruits du cœur bien frappés, un peu forts.

6. Les poignets et les mains dégagés ; pas de douleur dans les jointures; claquements valvulaires bien frappés: le cœur est entièrement dégagé ; chaleur de la peau normale ; pouls à 76-80.

Convalescence commençante. ( On prescrit quelques pruneaux. )

OBSKRV. d'eNDOC. TERMINÉE PAR LA GLÉRISON. 41^

8 et 9. Pouls a 68-72. Le malade s'est levé pendant une heure et demie environ. (1/8 d'aliments.)

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