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d'approfondir cetle question. Bornons-nous donc à rappeler que pour signaler les rapports qui existent entre les flux séreux actifs et les fluxions inflammatoires proprement dites, Dupuytren et les élèves de son école , tels que Marandel, MM. Breschet,Cruveilhier,etc, en ont fait deux genres d'un seul et même travail pathologique, savoir, l'irritation (1). D'autres pathologisles ont donné le nom à' hydrophlegmasies aux hydropisies actives.
M. Andral a donné le nom d' hypercrinie par stimulation à l'irritation sécrétoire de Dupuytren et de Marandel, et le passage suivant du Précis d'anatomie pathologique prouve que son auteur rapproche ['hypercrinie par stimulation de l'inflammation à un certain degré : « La stimulation qui a été »le point de départ de l'hypercrinie , dit M. Andral, peut «s'être ensuite dissipée , laissant comme trace de son an- » cienne existence une accumulation de sérosité là où a eu lieu »le stimulus... Dans ce cas, la maladie, inflammatoire à »son début, ne l'est plus à une époque plus avancée.» (Tom. Ier, pag. 319.)
Le mode à' excitation , de stimulation , à' irritation , sous l'influence duquel se produisent les hydropisies actives , nous paraît , ainsi que nous l'avons dit plus haut , tenir le milieu entre l'action sécrétoire normale et la sécrétion inflammatoire. Ce qui distingue formellement la simple irritation sécrétoire de l'inflammation proprement dite, c'est que dans celle-ci le produit sécrété est du pus ou un liquide 1 pseudo membraneux , tandis que dans l'autre le liquide) sécrété surabondamment conserve ses qualités ou sa nature\ normales. Tissot et Géromini ont comparé l'action qui produit l'hydropisie active à celle qui caractérise la vésication
(1) Digne disciple du grand maître dont la médecine et la chirurgie déploreront long -temps la perte prématurée, Marandel établit quatre ordres naturels d'irritations : 1° nutritives, 2° secrétaires, 3° Itéutorrhagiques , 4° in-\ flamviaioires. (Voy. l'excellente Dissertation inaugurale de cet auteur, intitulée : Essai sur les irritations. Paris, 1S07.)
AUGMENTATION ET DIMINUTION DE SÉCRÉTION. J\6l
modérée. Les flux séreux actifs trouvent plus exactement encore leurs analogues dans ces sueurs abondantes que provoquent les exercices violents , dans cette salivation copieuse qui suit l'application d'un stimulant sur la muqueuse buccale, dans cet écoulement de larmes que provoque une légère irritation de l'œil, dans ces diarrhées aqueuses ou séreuses qui surviennent par l'ingestion de certains médicaments , etc. En somme on peut facilement transformer une simple irritation sécrétoire en une irritation inflammatoire, en augmentant la dose de l'irritation, etpar contre, on voit de véritables irritations inflammatoires dégénérer, en perdant de leur intensité, en une simple irritation sécrétoire. Cela n'empêche pas, j'en conviens, qu'il ne faille étudier à part le mode morbide qui porte ce dernier nom. Mais revenons maintenant à ce mode morbide considéré spécialement dans les tissus séreux et cellulaire du cœur.
Des deux membranes séreuses du cœur, il en est une , l'endocarde, où l'on ne peut admettre que pur analogie et induction l'existence de l'état morbide qui nous occupe. L'accumulation de sérosité qui, dans les autres membranes séreuses, constitue le caractère anatomique de la maladie, ne saurait se rencontrer ici , pour des raisons que tout le monde devine.
Le tissu cellulaire du cœur peut-il devenir le siège d'une infiltration séreuse ? Aucun des auteurs qui ont écrit sur les maladies du cœur n'a parlé de celte maladie , que l'on peut désigner sous le nom d'œdème du cœur. J'en ai dit quelques mots dans le Traité des maladies du cœur de 1824, ainsi que dans l'article OEokme du Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques (1). Mais comme dans les cas d'œdème du cœur que j'ai eu occasion d'observer, il n'en est aucun que je puisse rapporter d'une manière certaine à la
(1) J'ai quelquefois aussi rencontré une infiltration séreuse du tissu cellulaire accidentellement formé à la suite d'une péricardile.
l\01 MALADIES DU COEUR EN PARTICULIER.
catégorie des hydropisies actives pures , c'est-à-dire produites par simple stimulation ou irritation, je ne crois pas devoir lui consacrer ici un chapitre particulier.
L'hydropisie active on Y irritation sècrètoire du péricarde est donc la seule maladie dont nous ayons à traiter pour le moment dans ce second livre de notre ouvrage.