‹ Traitâe clinique des maladies du cœurChapitre 69 sur 125 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

ARTICLE PREMIER

DE L'HYDROPERICARPE PRODUIT PAR LA RUPTURE D'UH KYSTE SEREUX OU HYDAT1QUE DANS LE PÉRICARDE.

Aucun des auteurs de traités sur les maladies du cœur n'a signalé l'espèce d'hydropéricarde dont il est ici question. Je n'en connais moi-même qu'un exemple, qui a été publié dans le t. XIe du Journal hebdomadaire de médecine , par M. le docteur Alibert , alors interne des hôpitaux. Voici cette curieuse observation.

Homme de 39 ans. — Voussure de la partie inférieure du côté droit de la poitrine; matilé dans la même région, ainsi que dans la région piécordiale. — Battements de la pointe du cœur, à trois pouces (84 mil.) en dehors de l'articulation des trois dernières côtes slernales gauches. — Rupture d'ane poche hydaiique très volumineuse dans la cavité du péricarde.

«Un homme, âgé de 5 y ans, était malade depuis trois » ans, lorsqu'il entra à l'hôpital Necker, le i(> février 1828. »U éprouvait une douleur sourde dans le côté droit de la • poitrine, avec toux et dysp»oée. Le côté droit de la poi- » trine , sur lequel le malade se couchait de préférence ,

DE l'hYDLîOPERICARDE. 4^9

«était plus développé que le gauche, surtout inférieure- «merit; là, les espaces intercostaux étaient élargis, et jus- «qu'au niveau de la quatrième côte sternale, la percussion »ne donnait aucun son, l'auscultation aucun bruit respi- » ratoire.

«Le cœur semblait avoir éprouvé un déplacement, car «c'était à 3 pouces (84 mill.) au moins en dehors de l'ar- » liculation des cinquième, sixième et septième vraies côtes, • que l'on sentait le mieux son impulsion. Ses battements » s entendaient, du reste, très bien au-devant du sternum »et dans tout le côté droit de la poitrine, principalement à «sa partie inférieure.

«Le 5o mars, au matin, le malade dit avoir passé une » nuit très pénible. Son anxiété était extrême, et il ne pou- »vait rester couché. La douleur s'était étendue à la région » précordiale , laquelle, comme les jours précédents, ne «résonnait plus lorsqu'on la percutait. Les battements du «cœur étaient tumultueux, et, quoique faibles, s'enten- «daient dans une plus grande étendue. On entendait aussi » dans la région du cœur, surtout h droite , vers le sternum , «un bruit particulier, clair, qui se renouvelait à chaque «mouvement respiratoire, et assez semblable à celui que «l'on produit en déchirant un petit morceau de papier »bien sec.

» Mort dans la matinée.

» autopsie cadavérique, 20 heures après la mort.

«En divisant les cartilages costaux à gauche , le bistouri «pénètre dans la cavité du péricarde, d'où il s'écoule une » assez grande quantité de sérosité inodore, citrine et tnut-civjait limpide du reste. Le péricarde conserve sa couleur, son » épaisseur et sa transparence naturelles. Dans le côté droit du «thorax, entre le diaphragme, le poumon, qui est refoulé «vers sa racine, et le cœur, considérablement déjeté à «gauche, il existe une hydatide de la grosseur de la tète «d'un enfant d'un an. Les parois de cette vaste poche ont

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» environ 1 ligne (2 mill.) d'épaisseur; elles sont homo- »gèpes, d'un blanc laiteux, fragiles, et résultent de la juxta- » position 4e plusieurs feuillets très minces... Le liquide que » cette poche contient est limpide et en tout semblable a celui qui » se trouvait dans le péricarde. La cavité du kyste Jiydatique i> communique avec le péricarde , au moyen d'une ouverture » toute récente, étroite, longue de 4 lignes (9 mill.) et située j) derrière l 'oreillette droite, au-devant de la 'veine cave infè- » rieure. Cette ouverture permet au liquide contenu dans l'hyda- » tide de passer librement dans la cavité du péricarde , et vice » versa. »

ARTIGLE DEUXIEME.

pE LÏHÉJIOPÉBIGARDE , OU DE l'ÉPANCHEMEXT DE SANS DANS LA CAVITÉ DU PEBICARDE (1).

Nous avons vu, en traitant des caractères anatomiquesde la péricardite, que l'épanchement qu'elle entraîne à sa suite pouvait contenir une certaine quantité de sang. Ce n'est pas des cas de ce genre que nous avons à nous occuper ici. Il s'agit des épanchements de sang pur que l'on rencontre quelquefois dans la cavité du péricarde.

La source des épanchements de cette espèce est variable: ils peuvent, en effet , provenir de la rupture des vaisseaux veineux ou artériels du cœur, de la rupture des parois de cet organe ou de celles des gros vaisseaux qui s'insèrent à sa base. Le sang qui constitue ces épanchements est donc tantôt artériel et tantôt veineux. Il est ordinairement coagulé , du moins en très grande partie.

L'hémopéricarde n'étant qu'un accident, qu'un effet d?une autre maladie , il nous suffit de le signaler ici en passant. Les signes physiques de cet épanchement doivent

(i) Je possède quelques obsery^tions d'hémorragie dans )a substance musculaire du cœur elfe-même et au-dessous du feuillet séreux qui la revêt. Plus tard, peut-être', réunis à plusieurs autres, ces faits me permettront de tracer une hjstoite générale de ce qu'on pourrait appeler l'apoplexie du cœur.

DE l'hyDROPÉRJCARDE. ^ \

être essentiellement les mêmes que ceux d'un épanchement séreux. Nous manquons , au reste , de faits sur ce sujet. Lorsque cet épanchement est le résultat d'une rupture du cœur, de l'origine de l'aorte ou de l'artère pulmonaire, il est suivi d'une mort subite , aussi prompte que l'éclair , et c'est là l'hémorrhagie foudroyante par excellence.

ARTICLE TROISIÈME

DU PNEUMOPERICARDE ET DE L'nYDRO-PNEUMOPÉRICARDE.

Le développement d'une certaine quantité de gaz dans la cavité du péricarde est un phénomène qui n'a pas encore été suffisamment étudié. La quantité et la qualité ou la nature chimique des gaz rencontrés dans le péricarde , n'ont pas, jusqu'à présent, été indiquées d'une manière précise. Distendu par ces gaz, le péricarde résonne à la percussion comme un ballon; si l'on incise ses parois, les gaz s'en échappent avec sifflement.

Le pneumopéricarde coïncide ordinairement avec un épanchement liquide. Laënnecdit néanmoins avoir rencontré le péricarde distendu seulement par de l'air,

Les causes du pneumopéricarde ne sont pas encore bien connues. Dans les cas où il coexiste avec un épanchement de pus fétide , c'est à la décomposition dq celui-ci qu'il convient de le rapporter ( i ). Suivant Laënnec , le gaz du péricarde semble quelquefois dégagé du liquide séreux contenu dans le péricarde , ou mêlé avec lui par suite des derniers mouvements du cœur, car il ' J orme des bulles a la surface du liquide. Cette physique médicale est bien peu satisfaisante,

Laënnecdit aussi, mais sans preuves suffisantes, que r épanchement liquide et ac ri forme a la fois du péricarde , peut avoir lieu dans l'agonie de toutes les maladies.

(1) Il peut se développer des gaz dans le péricarde comme dans une foule d'autres parties, par tuile de la décomposition putride des sujets danl on pratique l'ouverture. Mais ce n'est pas, bien entendu, de ce pneuinopcricarde cadavérique, et en quelque sorte posthume, qu'il est ici question.

l\~1 MALADIES DU CŒUR EN PARTICULIER.

Le diagnostic de l'hydro-pneumopéricarde repose sur deux signes principaux, savoir une résonnance tympanique et un bruit de fluctuation dans la région du péricarde.

«Il m'est arrivé quelquefois , dit Laënnec , d'annoncer »le pneumopéricarde , aune résonnance plus claire du bas »du sternum, survenue depuis peu de jours, ou à un bruit » de fluctuation déterminé par les battements du cœur et »par les inspirations fortes. »

Dans un cas d'hydro-pneumopéricarde observé récemment par M. le docteur Bricheteau, il existait dans la région précordiale un bruit qui ressemblait assez bien à celai que fait Veau agitée par la roue d'un moulin , et dû évidemment aux mouvements alternatifs du cœur.

A l'ouverture du cadavre du malade chez lequel M. Brir cheteau avait entendu le bruit dont il s'agit, on trouva un épanchement consécutif à une péricardite chronique. La matière purulente exhalait une odeur extrêmement fétide. La percussion du péricarde, non encore incisé, donnait un bruit de flot. A l'ouverture de ce sac , un gaz se détacha avec sifflement.

On ne peut réellement confondre l'hydro-pneumopéricarde avec aucune autre maladie.

Il est vrai que lorsque l'estomac est distendu à la fois par des liquides et des gaz, et qu'il remonte vers la région précordiale , le son clair que rend à la percussion la région correspondante à cet organe et le bruit de fluctuation que l'on prorluitparune secousse brusque de cette même région, pourraient, au premier abord , donner l'idée d'un hydropneumopéricarde, comme aussi d'un hydro-pneumolhorax. Mais il suffit de quelque habitude clinique et d'un peu d'attention pour ne pas commettre une erreur aussi grossière. L'agitation rhythmique du liquide par les mouvements alternatifs du cœur, et par suite le bruit de roue de moulin, pour me servir delà comparaison de M. Bricheteau, sont en quelque sorte la clef du diagnostic del'hydro-pneumopéricarde.

DE l'hYPERTROPTT.E. 4?3

LÏVRE QUATRIÈME.

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