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SIGNES DE L'ATROPHIE DU COEUR

On reconnaîtra l'atrophie du cœur à des signes inverses de ceux dont nous avons parlé au chapitre de l'hypertrophie du même organe. Les battements du cœur sont petits, concentrés ; le bruit qui les accompagne est faible, et l'est d'autant plus que les cavités du cœur sont plus étroites et les parois plus épaisses par suite de leur retrait. La main sent

(1) Il est bien entendu néanmoins que, pour admettre l'existence d'une atrophie de ce genre , il faut que l'amincissement ne soit pas le simple résultat de la distension des cavités du cœur. Un des meilleurs moyens de s'assurer de la réalité de l'atrophie, dans le cas dont il s'agit, c'est de peser le cœur. Nous reviendrons sur l'amincissement des parois de cet organe en traitant de sa dilatation (anévrisme passif).

difficilement le choc du cœur dans l'état de calme, et ce choc semble produit par une masse moins volumineuse qu'à l'état normal (à moins de complication de l'atrophie avec une dilatation considérable, cas dans lequel, à la vérité , l'impulsion du cœur est presque nulle ). Il n'existe pas ou presque pas de malifé dans la région précordiale.

Le pouls est petit, mince , étroit, assez dur et résistant, dans l'atrophie concentrique; mou , faible, mais assez large, dans l'atrophie anévrismale ou excentrique.

Lorsque tous les signes dont on vient de lire l'exposition existent chez un individu, quel que soit, d'ailleurs, l'état de la nutrition générale , on peut affirmer qu'il existe une atrophie du cœur. Mais, comme nous allons le dire tout-àl'heure , l'atrophie du cœur coïncide ordinairement avec un état d'amaigrissement général. Sans doute, cet amaigrissement général peut faire présumer d'avance une atrophie du cœur, qui est un amaigrissement, une sorte de phthisie de cet organe. Néanmoins on se tromperait gravement, si l'on croyait qu'une émacialion générale suppose toujours et nécessairement un élal d'atrophie du cœur. En effet, l'hypertrophie de cet organe peut coïncider et coïncide quelquefois avec un marasme général très prononcé.

ARTICLE TROISIEME

T)KS CAUSES Et DU TRAITEMENT DE L* ATROPHIE DU COEUR,

I. Les causes de l'atrophie du cœur sont locales ou générales. Parmi les causes locales nous signalerons la compression long-temps exercée sur le cœur par un épanchementou toute autre cause mécanique, le rétrécissement des artères coronaires, soit mécanique , soit organique ( on observe ce dernier dans certains cas d'induration cartilagineuse ou calcaire des artères indiquées, et quelquefois même alors,

HISTOIRE GÉNÉRALE DE 1/ ATROPHIE. 6û 1

comme nous en possédons un exemple , une de ces artères est complètement oblitérée), etc.

Les causes générales de l'atrophie du cœur sont les divers états morbides, ou les diverses conditions hygiéniques dont l'effet est de s'opposer à une suffisante nutrition de tout le système de l'économie. La plupart des cas d'atrophie du cœur que nous avons recueillis avaient pour sujets des individus tombés dans un profond état de marasme, à la suite de quelque grave altération chronique ( primitivement ou secondairement) des grands viscères, tels que ceux de la digestion ou de la respiration. Parmi ces sujets, nous citerons surtout les tuberculeux, les cancéreux, les individus chez lesquels une entérite typhoïde, unefîèvre èruptive , n'ont entraîné la mort qu'au bout de deux ou trois mois , etc.

II. Le traitement de l'atrophie du cœur se confond en quelque sorte avec celui des maladies dont elle peut être la suite et l'effet : sublatâ causa , tollitur effectus. Nous n'avons point à nous occuper ici du traitement de ces nombreuses maladies. Quant à l'atrophie pour ainsi dire primitive du cœur, savoir celle qui résulterait d'une alimentation insuffisante, son remède est facile à trouver. Dans un cas semblable, le cœur ne fait que participer à l'amaigrissement , à X atrophie générale, du corps , et l'on sait ce qu'il convient de faire chez un individu qui n'est exténué que par le jeûne et dont les organes sont d'ailleurs sains.

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