‹ Traitâe clinique des maladies du cœurChapitre 84 sur 125 · CLASSE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

CLASSE DEUXIÈME

DES MALADIES QUI CONSISTENT EN UNE LÉSION SIMPLE ET PRIMITIVE DE L'iNNERVATION DU COEUR, OU DES NEVROSES DE CET ORGANE.

CONSIDÉRATIONS PRÉLIMINAIRES

On ne trouve presque rien sur les névroses du cœur, dans les auteurs les plus célèbres de traités ex prof es so sur les maladies de cet organe. Corvisart, par exemple, n'a pas même prononcé le nom de cette classe de maladies; Laënnec a consacré une dizaine de pages à leur étude; M. le professeur Andral ne s'en est point occupé dans la partie de sa Clinique médicale où il est question des maladies du cœur.

Commençons par bien nous entendre sur la définition des maladies qui font actuellement le sujet de nos recherches. Il ne s'agit point ici des maladies organiques ou matériellement appréciables auxquelles les nerfs du cœur sont sujets, comme toute autre partie organisée ou vivante, mais bien des lésions du principe même de l'innervation, dont les nerfs ne seraient en quelque sorte que les dépositaires ou les conducteurs. Cette définition ne ditFère guère de celle que nous trouvons dans Laënnec : « Parmi les » élèves des écoles médicales actuelles , dit-il , beaucoup «sont aussi peu disposés à reconnaître des maladies ner- » veuses autres que les affections organiques des nerfs et de «l'appareil cérébro-spinal, qu'à admettre des altérations «primitives des liquides. On ne peut cependant se refuser »à croire que toute maladie dans laquelle on ne trouve ni • lésion constante dans les solides, ni altération évidente » dans les liquides , ne peut consister qu'en un trouble «quelconque de l'innervation. » {Oiw. cit., t. II , p. 744»)

DES NÉVROSES. 6o3

Nous manquons malheureusement d'observations sur les diverses lésions appréciables, telles que l'inflammation, l'hypertrophie , l'atrophie , etc. , dont les nerfs du cœur peuvent être affectés , et bien des cas que les auteurs rattachent à de pures névroses du cœur , ne sont , très probablement, au fond que des exemples de quelques unes des lésions appréciables , matérielles, signalées ci-dessus. Nous regrettons vivement de ne pouvoir combler la grande lacune que présente cette partie de la pathologie du cœur.

Quoi qu'il en soit , nous allons décrire , aussi exactement qu'il nous sera possible, les maladies qui appartiennent à la classe de névroses proprement dites , et qui peuvent être divisées en trois espèces principales , suivant qu'elles consistent en une augmentation , en une diminution ou en une irrégularité des phénomènes auxquels président les nerfs du cœur. On pourrait donner le nom d'hyperdynamie du cœur à l'augmentation des mouvements de cet organe; celui d'adynamie à la diminution de ces mouvements , et enfin celui d'ataxodynamie à l'irrégularité de ces mêmes mouvements.

N'oublions pas de faire remarquer, avant d'e^ntrer en matière , que les divers phénomènes que nous allons étudier à l'état simple se rencontrent dans quelques unes des maladies organiques qui ont été décrites dans les précédents chapitres, et que nous les avons, par conséquent, placés alors parmi leurs symptômes. Il s'agit maintenant de faire connaître les troubles de l'innervation du cœur existant en quelque sorte par eux-mêmes , c'est-à-dire isolés de toute lésion appréciable des divers tissus de cet organe, et sous l'empire de conditions purement dynamiques ou vitales, selon l'expression consacrée.

6û4 MALADIES DU COEUR EN PARTICULIER.

ARTICLE PREMIER

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