‹ Traitâe clinique des maladies du cœurChapitre 86 sur 125 · DES NÉVROSES · texte numérisé non relu

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teurs paraissent avoir aussi un peu trop négligées : je veux parler de celles qui apparaissent sous les mêmes influences que ces douleurs vagues ou ambulantes que l'on connaît sous le nom de rhumatismales. Les palpitations en quelque sorte rhumatismales coexistent assez souvent avec une douleur dans la région précordiale , s'irradiant ou non vers le membre supérieur gauche. Les palpitations dont il s'agit coïncident parfois avec des intermittences du pouls, et causent habituellement une inquiétude extraordinaire aux sujets qui en sont tourmentés, bien que, sous tous les autres rapports , ils offrent pour la plupart les signes de la plus florissante santé.

Il ne faut pas confondre ces palpitations avec celles qui ont lieu danslapéricardite ou l'endocardite rhumatismales, pas plus qu'il ne faut prendre une simple pleurodynie pour une pleurésie. Toutefois, je n'oserais affirmer que les palpitations qui accompagnent les affections rhumatismales des nerfs du cœur ne consistent pas, quelquefois du moins, en des lésions vraiment irritatives, mais mobiles, de ces nerfs; et si telle est , en effet, leur origine, elles ne sont pas alors une rmre lésion d'innervation.

miques dans nos Prolégomènes, à l'occasion des bruits anormaux des artères. Il serait superflu d'en consigner ici de nouveaux.

En mars et avril 1835, nous avons traité successivement, au n° 4 de la salle Sainte-Madeleine, deux chlorotiques , chez lesquelles les artères crurales faisaient entendre, plus encore que les carotides, un très beau sifflement musical , imitant assez bien le gémissement plaintif d'une tourterelle entendu de loin , ou le cri suspirieux du vent qui traverse brusquement une ûssure étroite.

Depuis que celte note a été publiée dans la première édition de ce Traité, nous avons eu cent fois occasion d'observer les souffles, les ans chlorotiques et anémiques avec leurs nombreuses variétés. Piien n'est plus commun , en effet , que la chlorose et l'anémie , bien que , jusqu'à ces derniers temps, ces noms ne parussent presque jamais sur les feuilles de diagnostic des praticiens les plus célèbres.

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§ III. Marche, durée et diagnostic des palpitations nerveuses.

I. Les palpitations nerveuses sont quelquefois continues; mais le plus souvent elles affectent une marche irrégulièrement intermittente comme celle de la plupart des autrès maladies nerveuses. La durée des palpitations que nous étudions ne saurait être , au reste , rigoureusement déterminée.

IL Le diagnostic des palpitations nerveuses est un sujet digne de toute l'attention des vrais praticiens.

Chaque jour, on voit des jeunes gens qui ne sont affectés que de simples palpitations nerveuses , venir consulter pour une lésion organique du cœur; chaque jour aussi, comme déjà nous l'avons dit précédemment, on voit confondre les palpitations des jeunes filles chloroliques avec les palpitations produites par certaines affections organiques du cœur.

Jusqu'ici, les observateurs les plus distingués eux-mêmes ont avoué qu'il est des cas où le diagnostic dont nous nous occupons est environné des plus grandes difficultés. Citons, à ce sujet, le passage suivant de l'article de M. le professeur Andral sur les palpitations (Dict. de méd. en si vol.) : «Les palpitations qui sont liées à des lésions organiques et «celles qui , en étant indépendantes, ont été appelées ner-

• veuses, peuvent être souvent distinguées facilement les

• unes des autres. Mais lorsque les palpitations dites ner- j

• veuses se répètent ou se prolongent, lorsqu'elles ont une » grande intensité , le diagnostic devient parfois très difficile. » Cherchera- t-on à l'établir d'après la nature des symptômes

• qui existent pendant la durée des palpitations? On pourra . » n'arriver à rien de satisfaisant. En effet, les palpitations

p nerveuses peuvent produire les mêmes phénomènes lo- »caux et généraux qui accompagnent les palpitations liées »à une affection organique du cœur. Hors même le temps » des palpitations, il y a plus d'un cas où le diagnostic res- !

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» tera encore obscur. En effet, dira-t-on que les palpitations jetaient nerveuses, par cela seul qu'après qu'elles se sont » dissipées les individus sont revenus à la santé ? Mais il est » démontré maintenant que , dans les premiers temps d'une » affection organique du cœur, les symptômes qui l'avaient » annoncée peuvent s'effacer à peu près complètement pen- «dant un certain intervalle. D'une autre part, dans beau- » coup de simples palpitations nerveuses, les battements du «cœur, hors le temps de ces palpitations, peuvent conti- » nuer à présenter quelque anomalie ; ils peuvent être irré- «guliers ou accompagnés d'un bruit de soufflet, lequel est »bien souvent indépendant de toute lésion organique. De «plus, les malades peuvent conserver une dyspnée plus ou «moins considérable; nul doute que, chez les adolescents «surtout, cette dyspnée, jointe ou non à des palpitations, «ne soit aussi souvent un phénomène purement nerveux, «ou lié à une congestion pulmonaire. On voit combien cet » ensemble de symptômes est semblable à ceux qui mar- » quent le début de plusieurs affections organiques du cœur. . . »I1 ne faut pas d'ailleurs perdre de vue que, par cela seul » que l'action du cœur est accrue , sa nutrition tend à se «modifier; d'où il suit que les palpitations qui existent «d'abord sans lésion organique, peuvent être le point de «départ de celle-ci. »

Une longue persévérance clans l'étude du sujet qui nous occupe pouvait seule fournir toutes les données nécessaires à la solution de l'important problème dont il s'agit en ce moment. Il est certain que , au moyen de la percussion, de l'auscultation, de la vue et du toucher, on peut mesurer exactement, géométriquement, le cœur; déterminer si les valvules fonctionnent bien ou mal; si les orifices sont libres ou rétrécis; si les parois sont hypertrophiées, épaissies ou amincies, etc. , etc. Or, dans les palpitations indépendantes d'une lésion dite organique du cœur, il est facilo , même pendant qu'elles ont lieu, mais surtout pendant les n. 5(,

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moments de calme , de s'assurer, par une exploration attentive, que le volume du cœur n'est point notablement augmenté ; que le sang coule librement à travers les orifices et les cavités de cet organe. D'un autre côté , les congestions veineuses, la teinte violacée du visage, leshydropisies, qui, à une période avancée des lésions des valvules et de quelques autres affections du cœur, ne manquent jamais de se manifester, ne se rencontrent point dans les cas de palpitations par cause purement nerveuse.

En résumé, je crois que , grâce aux progrès de la clinique exacte^ on peut toujours aujourd'hui distinguer les unes des autres les diverses palpitations désignées sous le nom de palpitations nerveuses et celles qui accompagnent les grandes lésions organiques du cœur.

Les cas dans lesquels il serait le plus facile de se tromper sont ceux où il existe à la fois des palpitations dépendantes d'une lésion organique du cœur, et des palpitations de nature nerveuse. Ces cas se présentent plus souvent dans la pratique qu'on ne serait peut-être tenté de le croire au premier abord.

Voici un exemple fort remarquable de ce genre de combinaison morbide. Une jeune femme , d'une constitution nerveuse des plus prononcées, non réglée depuis plusieurs mois, éprouve de fortes palpitations pour la plus légère cause. La sensiiwe est pour ainsi dire moins mobile et moins irritable qu'elle ; il suffit de la toucher, le matin à la visite , pour la faire rougir, lui causer de violents battements du cœur, et môme des mouvements spasmodiques, qui dégénèrent facilement en des attaques d'hystérie. Eh bien ! cette même personne est atteinte d'une énorme hypertrophie du cœur, avec induration des valvules du côté gauche de cet organe, maladie qui a pris naissance pendant le cours d'un rhumatisme articulaire très aigu.

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§ IV. Traitement des palpitations nerveuses.

Il résulte de tout ce qui précède que les palpitations peuvent coïncider avec un certain nombre d'états morbides généraux ou locaux, différents les uns des autres sous plusieurs rapports. Par conséquent, il importe beaucoup de déterminer rigoureusement le point de départ ou la véritable cause des palpitations, si l'on veut leur opposer un traitement rationnel. Cette détermination , dis-je, est de la dernière rigueur ; car les moyens qui conviennent aux palpitations clilorotiques ou anémiques , par exemple, sont lout-à-fait opposés à ceux par lesquels il faut combattre les palpitations dues à une hypertrophie ou à une sur-nutrition du cœur, soit primitive, soit consécutive, ainsi que celles qui proviendraient d'un état pléthorique.

Dans le premier cas, en effet, les toniques, les ferrugineux, les bains frais, un bon régime, un exercice modéré, forment la base du traitement. Les émissions sanguines sont formellement contre-indiquées , à moins de complications qu'il n'est pas de mon sujet de faire connaître. Dans l'autre cas, au contraire, ces mêmes émissions sanguines, combinées ou non avec les sédatifs, doivent être mises en usage. Je crois devoir relever à cette occasion une erreur que commettent souvent un assez bon nombre de médecins : ils appliquent à différentes reprises des sangsues à la vulve, pratiquent même de petites saignées du pied, chez de jeunes personnes clilorotiques dont les règles sont arrêtées. Ils s'imaginent que la chlorose tient à l'aménorrhée, tandis que, dans l'immense majorité des cas, l'aménorrhée reconnaît pour cause l'état chlorotique , .lequel n'est bien souvent qu'une variété de Wwémie. Gela est si vrai , que si l'on parvient, par le système de traitement indiqué plus haut, à faire disparaître la chlorose, les règles ne tardent pas à reparaître comme d'elles-mêmes.

Depuis quelques années, j'ai guéri au moyen du laetate de

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fer et d'un régime substantiel une foule de personnes qui, par suite d'une erreur de diagnostic vraiment déplorable , avaient été saignées plusieurs fois, bien que leur état chlorotique ou anémique fût tellement caractérisé, qu'il ne pouvait être méconnu par aucun praticien, tant soit peu familiarisé avec la clinique exacte.

Dans les palpitations entretenues par une vive affection de l'âme , il faut imiter, quand on le peut, la conduite des Erasistrate, des Boerrhaave et des Bouvart. C'est surtout par les remèdes moraux qu'il faut combattre ces palpitations morales elles-mêmes.

Je ferai une remarque en terminant, c'est que, dans les cas très communs où les malades rapportent à une grave maladie du cœur les palpitations nerveuses qu'ils éprouvent, cette idée entretient et accroît même les palpitations. Si le médecin qu'ils consultent est assez habile à la fois et assez heureux pour les convaincre de leur erreur, de tels malades sont déjà à moitié guéris.

ARTICLE DEUXIEME

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