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PROFESSIONS EXPOSANT AUX ESSENCES ODORANTES

— En 1853, Imbert-Gourbeyre signalait des accidents chez les ouvrières pelant les oranges. Depuis, on a vu des troubles analogues dans les fabriques de parfums, en particulier des essences de romarin, aspic, lavande, etc.

PHYSIOLOGIE PATHOLOGIQUE. — L'expérimentation a permis de reproduire des accidents analogues à ceux observés chez l'homme, n'en différant que par leur plus grande intensité. En 1879, Masoin et Bruylants (1) ont publié les résultats de leurs expériences portant sur des grenouilles, des pigeons, des lapins. Ils ont vu, chez ces animaux, des convulsions, du sopor, du tremblement,

L'essence de romarin est la plus toxique, puis celle d'aspic et de lavande ; celle de marjolaine a été à peu près sans effet. Il semblerait que ces corps sont convulsivants en raison de leur teneur en terpine. En 1893, Héré a complété ces données en publiant, à la Société de biologie, le résultat de ses expériences faites avec les essences de lavande, anis, girofle, absinthe, sur des œufs qu'il a fait ensuite couver. Retard de développement, avortement, monstruosité, tels furent les résultats constatés.

La vanille donne lieu à des accidents analogues. Elle renferme un principe odorant, la vanilline, qui est un corps de la nature des aldéhydes aromatiques. C'est Layet qui a bien mis en évidence les accidents dus à la vanille, qui s'observent fréquemment à Bordeaux, où il entre par an 23 000 kilos de vanille, et se voient au moment de l'arrivée, c'est-à-dire en mai et en juin pour la récolte du Mexique; en avril, novembre, pour celles de Bourbon et de Maurice.

Les opérations qui exposent les ouvriers au vanillisme sont les suivantes, qui se font à l'entrepôt où est consigné le stock de vanille : le triage, par lequel on sépare les bonnes vanilles de celles qui sont mitées ou moisies, le brossage, qui consiste à débarrasser avec la brosse les gousses des mites et moisissures, le réempaquetage ou remise des gousses en boîtes. Plus bénins sont les troubles observés dans les fabriques de liqueurs de vanille; la malade observée par le Dr Verdalle et qui fut l'objet de travaux faits par ce médecin en collaboration avec le Dr Layet, appartenait à l'usine Marie-Brizard et avait pour fonction de couper en petits

(1) Masoin et Bruylants, Bull, de ÏAcad. de mèd. de Belgique, 1879.

INDUSTRIE DES HYDROGARBURES. «—499

morceaux les gousses de vanille. Cette coupe est faite deux fois par an par des femmes, qui y sont occupées tous les jours pendant un mois ou un mois et demi.

SYMPTOMATOLOGIE. — Les accidents observés sont d'ordre général ou de nature locale. Les troubles généraux consistent en céphalée, vertiges, somnolence, lassitude, bourdonnements d'oreilles, névralgies, crampes, insomnies. Il y a des douleurs musculaires, de l'irritation vésicale, quelquefois de l'excitation génésique. Les ouvriers qui manient les parfums, ceux qui emmagasinent la vanille présentent ces accidents qui sont toujours plus atténués chez les ouvriers des fabriques de liqueurs de vanille. Les ouvriers embauchés lors du grand travail qui suit l'arrivée des stocks n'y échappent pas.

Localement, il y a de la démangeaison de la face et des mains, souvent avec éruption papuleuse ; quelquefois le prurit est général. C'est un trouble de ce genre que présentait la malade qui attira l'attention du Dr Verdalle. Dans la fabrique de liqueurs Marie- Brizard, MM. Layet et Verdalle virent cinq femmes atteintes de troubles cutanés, assez violents chez l'une pour l'obliger à quitter le travail; chez aucune on n'avait vu d'accidents nerveux. Comme accidents locaux, il faut ajouter la conjonctivite, l'épiphora, souvent le coryza.

Pour expliquer les accidents que nous venons de mentionner, il faut peut-être à l'action toxique ajouter l'action des poussières, soit qu'elles agissent parla mite ou acare décrit par M. Arnozan, ou par les moisissures, ou enfin par le givre (matière cristalline). Pour M. Vallin, le rôle principal serait dû au parasite.

PROPHYLAXIE. — Vêtements de travail, lunettes-coquilles teintées portées pendant le brossage, bains à la suite du travail, ventilation des ateliers, élimination des nerveux et alcooliques, telles sont les mesures qui résument toute la prophylaxie. En général, il se fait une certaine accoutumance qui n est pas rare chez les magasiniers.

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