TRAVAIL DANS LES MINES
de platine traversé par un courant électrique. On a prétendu, mais sans démonstration absolue, qu'il y avait une influence manifeste des variations barométriques sur l'existence du grisou. Il est prudent d'éviter les nuages de poussières au moment des coups de mine. En Belgique, on a essayé, comme nous avons vu, l'arrosage des mines: l'addition de matières agglutinatives ou hygroscopiques conseillée ne semble pas avoir donné de grands résultats.
La bonne aération des mines paraissait devoir diminuer les accidents du grisou, mais nous avons vu que les mines de Gourrières, qui semblaient des modèles à ce point de vue, n'ont pas été préservées de ses méfaits. La ventilation doit veiller à éviter le cheminement parallèle d'un courant d'air et d'un courant de grisou, qui souvent ne se mélangent pas.
La ventilation naturelle est souvent insuffisante, il faut y remédier par des foyers cVaérages ou des ventilateurs mécaniques, machines à pistons ou cloches hydrauliques.
Les mines doivent être munies d'appareils respirateurs permettant les travaux de sauvetage.
MALADIES PROFESSIONNELLES INFECTANTES
PAR
J. COURMONT
Professeur d'hygiène à la Faculté de médecine de Lyon, Médecin des hôpitaux.
Nous rangeons sous ce terme de « maladies professionnelles infectantes » les maladies infectieuses qui sont propagées par le fait de la profession elle-même. La profession est réellement infectante. De par son fait, un germe infectieux s'introduit chez l'ouvrier. Nous laisserons de côté les professions simplement prédisposantes aux infections.
Exemple : à propos de la tuberculose, nous passerons sous silence, ou à peu près, toutes les causes professionnelles qui peuvent favoriser une infection tuberculeuse banale; nous insisterons, au contraire, sur la tuberculose des blanchisseurs, dont ceux-ci contractent le germe dans les linges qu'ils manipulent; sur la tuberculose des garçons d'amphithéâtre, etc., bien que souvent la limite ne soit pas toujours bien tranchée entre la profession véritablement infectante et la profession prédisposante (par surmenage, alcoolisme, mauvaise hygiène, etc.). Par contre, l'ankylostomiase, le charbon, etc., sont, dans tous les cas, des maladies nettement professionnelles.
L'ankylostomiase (uncinariose) est, chez nous, une maladie nettement professionnelle. Elle est causée par un ver : Yankylostome duodénal, qui se fixe dans l'intestin de l'homme. Ce parasitisme occasionne des symptômes anémiques (anémie des mineurs, chlorose d'Egypte, etc.) chez un certain nombre des individus porteurs du ver; d'autres fois, il est compatible avec la santé. Les deux cas sont aussi importants à connaître au point de vue hygiénique et prophylactique, c'est-à-dire social. Certains climats (tropicaux), certaines professions des climats tempérés (mineurs, briquetiers, tuiliers, ouvriers de tunnels) constituent des causes prédisposantes, indispensables à la contagion ; chez nous, l'ankylostomiase est une maladie professionnelle, épidémique dans certains centres ouvriers: elle exige une prophylaxie sociale.