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IV. — ÉTIOLOGIE DE L'ANKYLOSTOMIASE

L'ankylostomiaseest constituée par le parasitisme de l'ankylostome duodénal dans l'intestin grêle humain.

Il importe de bien distinguer, avec les médecins allemands : 1° les individus porteurs d'ankylostomes sans aucun trouble morbide : ankylostomés, porteurs de vers (Wur ml rager) ; 2° les malades : ankylostomiasiques, malades verm'meux (Wurmkranken). Au point de vue de la diffusion de la maladie, les premiers sont plus dangereux que les seconds.

Gomment expliquer cette indifférence des premiers au parasitisme? Simplement parce que là, comme dans toute infection, il faut considérer la graine (le ver) et le terrain (l'organisme). Pour produire l'anémie, il faut que le ver rencontre des causes favorisantes.

Ces causes favorisantes sont : 1° dans les pays tropicaux : la mauvaise hygiène corporelle, le fait de marcher pieds nus dans les rizières, et la température chaude qui permet l'éclosion des larves à la surface du sol; 2° en Europe : le travail souterrain (mineurs du fond : ceux du jour et les chercheurs restent indemnes) dans les mines humides et chaudes, où les larves rencontrent les conditions nécessaires, dans les tunnels, ou le travail dans la terre humide au voisinage des foyers permanents de chaleur (briquetiers, potiers, tuiliers, ouvriers des solfatares, chauffeurs dessteamers); en ajoutant toutes les causes de débilitation individuelle favorisant l'anémie. En résumé, en Europe, ce sont les mineurs occupés à tailler le charbon dans les galeries étroites et basses, mal ventilées et humides, qui sont atteints d'anémie des mineurs; leurs familles restent le plus souvent indemnes. A Saint-Étienne, les remblayeurs sont les plus atteints.

Le nombre des ankylostomiasiques d'un puits infecté par rapport

(1) Voy. les expériences de Dastre et Stassano sur l'ascaris. Soc. de biologie, 1903, p. 254.

aux ankylostomés est relativement faible, ce qui prouve bien qu'il faut une certaine faiblesse organique pour devenir anémique par l'ankylostome. A la conférence de 1903, à Berlin, Reuss a apporté une proportion de 15 p. 100; Herr donne 25 p. 100. En France, nous avons à peine 5 p. 100. Ces chiffres varient d'ailleurs d'un moment à l'autre; il y a des poussées épidémiques à certaines périodes, comme on l'a vu en Westphalie et à Liège. A Liège, d'après Malvoz, brusquement il a fallu hospitaliser 800 malades en trois ans.

En somme, un seul ouvrier porteur du ver peut infecter une mine si celle-ci est humide et mal ventilée.

Répétons que l'ankylostome n'est susceptible de se fixer et de se développer dans l'organisme qu'à l'état larvaire; ni les œufs, ni les vers adultes, accidentellement absorbés, ne pourraient produire l'infestation.

La fréquence et la gravité de la maladie diffèrent beaucoup suivant les localités. Dans le même charbonnage, des puits sont infectés et d'autres sont indemnes. Cela existe surtout dans les charbonnages à ouvriers sédentaires, comme dans le bassin de Saint-Etienne.

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