V. Huirl
de créer simplement à l'intérieur de cette enveloppe une dépression modérée. Elle suffira pour que les joints laissent passer de l'air vers la machine au lieu de débiter des poussières vers l'extérieur, et, si ces joints sont rares et étroits, si l'orifice de chargement est restreint et la dépression légère, le volume d'air à aspirer pour la maintenir sera peu important et les frais de ventilation réduits. Les poussières non entraînées dans le conduit d'aspiration se disposeront dans les remous du courant d'air, et il suffira d'ouvrir l'enveloppe aux endroits propices pour les recueillir de temps à autre.
C'est par la méthode des enveloppes qu'a été résolue la ventilation des cardes à chanvre, des étaleuses, des étirageuses de la Société des filatures d'Angers (1), et c'est aussi par des enveloppes agencées un peu différemment que les ouvriers des cardes à amiante de Condé-
(1) Bull, de l'Inspection du travail, 1905, p. 440.
POUSSIERES. «—197
sur-Noireau ont été mis à l'abri des poussières si nocives de ce minéral (1).
Les cardes à lainer les tissus des Pyrénées ont leur brosse entourée d'une enveloppe en tôle, entr'ouverte en haut et communiquant avecun tube d'aspiration débouchant dans un conduit souterrain (2).
La maison Wilson-Glyma (de Lille) a réalisé également avec succès la ventilation localisée des machines à lainer et des tondeuses
Fig. 32. — Vue dune
peigneuse ventilée par le système V. Huglo.
de toile, dont la forme des couteaux ne laissait pas que de présenter quelque difficulté.
MM. Bertel frères, à Sotte ville-lès-Rouen, ont enveloppé leurs machines à lainer en ne laissant libres que l'entrée etla sortiedu tissu ainsi que le passage de la courroie de commande. L'aspiration est produite au moyen d'une canalisation souterraine (3).
Le système d'encofïïement employé par MM. Bertel existe pour un grand nombre de machines de l'industrie textile : cardes à lin, systèmes Huglo (fig. 31 et 32), Lambert, Chassaing, Wilson-Glyma; etaleuses, doubleuses, étirageuses, batteurs et ouvreuses de coton, etc.
Beaucoup de machines possèdent un seul organe dégageant des poussières dans toute sa longueur: c'est par exemple le cas des machines à cluveter le velours. Le débourreur d'où partent les poussières et le duvet mesure lm,50 à 2 mètres; la difficulté consiste à
(1) Bull, de l'Inspection du travail, 1905, p. 127. Sur 17 ouvriers embauchés à l'usine de Condé-sur-Noireau et venant d'une filature de coton, 16 moururent enlevés par la chalicose, de 1890 à 1895.
(2) Bull, de r Inspection du travail, 1906, p. 305.
(3) Bull, de V Association des industriels de France, 1903, p. 241.
198 LECLERC DE PULLIGNY ET BOULIN.— HYG. INDUSTRIELLE, produire une aspiration égale partout et suffisante pour vaincre la
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vitesse des poussières née de la vitesse de rotation de l'organe. Dans la machine à duveter, cette vitesse est surmontée par la bouche aspi-