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Partie peinte au zinc, à l'huile, trois couches : se tient bien

Partie peinte au zinc sur enduits gras au zinc. Cet échantillon farine sous la main, et la partie basse s'est fendillée et se détache en partie du mur, par lamelles minces, laissant le plâtre à nu.

2° Sur les deux persiennes en fer :

Les deux échantillons. faits à une couche, l'un à la céruse, l'autre au blanc de zinc, sur anciens fonds, se comportent également bien.

3° Sur les trois panneaux en tôle formant le soubassement d'une grande porte :

(1) Voy.le résultat de ces comparaisons : Bull.de l'Office du travail, p. 867 et suiv.

(2) Bulletin, décembre 1903, p. 995.

(3) Rapport lu à la séance du 26 octobre 190 i de la Société de médecine publique et de génie sanitaire.

Les trois échantillons : minium et céruse, deux couches ; gris de zinc et zinc, deux couches; zinc, trois couches, se comportent également bien.

4° Sur les portes en bois à V extérieur :

L'échantillon fait à la céruse, sur enduit maigre de céruse, farine sous la main.

L'échantillon fait au zinc, sur enduit maigre au zinc, se tient bien.

5° Les panneaux sur plâtre à l'intérieur :

L'un peint à la céruse, trois couches ; l'autre au blanc de zinc, troiscouches, se comportent également bien.

La commission se réunit, pour la troisième fois, le H octobre 1905, et fit les constatations suivantes (1) :

1° Examen du mur pignon :

Les deux échantillons, céruse et zinc, faits sur la partie gauche, à l'huile trois couches, se comportent de la môme façon.

Echantillons faits sur enduits gras, à l'huile deux couches : celui fait à la céruse commence à se dégrader d'une façon bien apparente; celui fait au blanc de zinc continue à se dégrader d'une façon notable.

Des photographies sont jointes au procès-verbal.

2° A l'intérieur du grenier :

Les deux échantillons céruse et zinc se comportent également bien.

3° Persiennes en fer :

Sur la persienne de droite, peinte au blanc de zinc, la teinte paraît actuel' lement un peu moins bien couvrir que sur celle de gauche, peinte à la céruse.

4° Trois panneaux en tôle en soubassement de la porte :

Ces trois panneaux continuent à se comporter également bien, celui au minium de céruse comme ceux au blanc de zinc.

5° Deux portes en bois :

Sur les deux portes, les échantillons de peinture sur enduit maigre se tiennent de façon à peu près égale; mais, sur celui à la céruse, il y a quelques parties de peinture qui s'écaillent au droit des joints de la boiserie.

La quatrième réunion de la commission eut lieu le 29 octobre 1906 et donna lieu aux constatations suivantes (2) :

1° Sur le mur pignon à l'intérieur :

a. Les deux échantillons de gauche : céruse et zinc à l'huile, trois couches se comportent de la même façon, et l'on peut dire qu'ils sontégalement usés; celui à la céruse farine sous la main;

b. Les échantillons sur enduits gras : celui à la céruse a continué à se dégrader d'une façon notable, surtout sur la partie basse, soit au tiers de la hauteur; celui au blanc de zinc est complètement dégradé sur les deux tiers de la hauteur à partir de la base.

2° A l'intérieur du grenier :

Les deux échantillons, céruse et zinc, se comportent de la môme façon.

3° Sur les persiennes en fer :

L'observation de l'année dernière se confirme en ce sens que la partie exté-

(1) Rapport présenté à la séance du 25 octobre 1905 de la Société de médecine publique et de génie sanitaire.

(2) Rapport lu à la séance du 31 octobre 1906 de la Société de médecine publique et de génie sanitaire.

rieure de la persienne de droite, peinte au blanc de zinc, couvre moins bien que celle de gauche peinte à la céruse.

4° Panneaux en tôle en soubassement de la grande porte :

Le panneau de gauche, au minium et à la céruse, et le panneau du milieu, au gris de zinc et au blanc de zinc, se comportent également bien.

Celui de droite, peint à trois couches de blanc de zinc, laisse actuellement passer la rouille d'une façon bien apparente.

5° Sur les deux portes en bois :

Les deux échantillons, celui de gauche à la céruse et celui de droite au blanc de zinc, sont actuellement comparables comme aspect et comme tenue.

La Commission des expériences comparatives de peintures au blanc de céruse et de peintures au blanc de zinc s'est réunie rue d'Alleray, 62, le 15 octobre 1907, pour la dernière fois.

Étaient présents :

Pour la Sociélé de médecine publique et de génie sanitaire :

M. le Dr Louis Martin ;

MM. Montheuil, Livache, Porée, Expert-Besançon ;

MM. Bartaumieux, Vaillant et Ch. Dupuy, architectes.

Pour la Chambre syndicale des entrepreneurs de peinture :

MM. Manger, Lefèvre, Rigollot.

Le terme fixé pour la durée de ces expériences, soit cinq années, expirait au mois d'août dernier.

Étant fait observer que M. Expert-Besançon a déclaré s'abstenir devant tous les échantillons, voici les constatations faites par les autres membres de la Commission (1) :

1° Sur le mur pignon à l'extérieur :

Les deux échantillons peints à l'huile, trois couches, l'un au blanc de céruse, l'autre au blanc de zinc, se comportent de la même façon, et l'on peut dire qu'ils sont également usés.

M. Vaillant déclare que, pour lui, ils sont également en mauvais état.

Pour les deux échantillons faits sur enduits gras, l'un à la céruse, l'autre au blanc de zinc, la Commission est d'avis qu'il n'est pas possible de tirer de conclusion de l'expérience, car on a opéré dans de mauvaises conditions.

2° A l'intérieur du grenier :

Les deux échantillons céruse et zinc se comportent également bien.

3° Sur les persiennes en fer :

Les observations des deux années précédentes se confirment en ce que la partie extérieure de la persienne de droite, peinte au blanc de zinc, est plus fatiguée que celle de gauche, peinte à la céruse, observation étant faite que la face extérieure de la persienne de droite au zinc reste plus longtemps exposée à l'air que celle de gauche, peinte à la céruse.

4° Panneaux en tôle en soubassement de la grande porte :

Les panneaux de gauche, peints au minium et à la céruse, et le panneau du milieu, peint au gris de zinc et au blanc de zinc, se comportent bien tous les deux, mais la conservation paraît meilleure pour la céruse.

Le panneau de droite, peint au blanc de zinc trois couches, laisse percer la rouille d'une façon bien apparente.

(1) Bull, de l'Office du travail, janvier 1908, p. 24.

5° Sur les po/Hes en bois :

Les- deux échantillons, celui de gauche à la céruse et celui de droite au blanc de zinc, sont actuellement comparables comme tenue et comme aspect.

Parles constatations qui précèdent, on voit que le blanc de zinc se montre complètement ou à très peu près équivalent à sa rivale, la céruse, dans les circonstances d'emploi les plus diverses.

Blanc de zinc hydraté ; lithopone. — Les résultats qui précèdent concernent le blanc de zinc ordinaire, qui est de l'oxyde de zinc en poudre très fine, obtenu en recueillant les fumées que produit la vapeur de zinc brûlée dans l'air.

Plusieurs inventeurs on mis sur le marché des produits qui contiendraient, paraît-il, l'oxyde de zinc sous une forme spéciale et avantageuse, généralement sous forme d'un hydrate.

Une autre peinture au zinc, le lithopone, est obtenue en précipitant une solution de sulfate de zinc par une solution de sulfure de baryum. Il se dépose un mélange de deux produits insolubles et blancs tous deux, le sulfure de zinc et le sulfate de baryte. Le lithopone couvre bien et est économique; mais il aurait, paraît-il, donné des mécomptes au point de vue de la durée.

Théoriquement, le sulfure de zinc pourrait s'oxyder à l'air en donnant un produit soluble dans l'eau, le sulfate de zinc, qui serait délayé par les pluies. Mais personne n'a montré que cette réaction se produisait réellement, et, si ce produit résiste, comme certains le prétendent, il faut bien reconnaître qu'elle ne se produit pas tant que les particules de sulfure sont protégées contre l'oxygène et contre l'humidité par la gangue de sulfate de baryte et d'huile durcie qui les enrobe. Cette protection peut durer autant que la peinture ellemême.

SUCCÉDANÉS DU MINIUM. — Minium de fer. — La peinture au minium employée pour les métaux peut très bien se remplacer par les miniums de fer (sesquioxyde, safran de Mars, colchotar) et par les gris de zinc, qui sont composés de zinc pulvérulent. Beaucoup de soi-disant miniums de plomb vendus comme purs contiennent une proportion énorme de matières étrangères au plomb, et notamment du sulfate de baryte coloré artificiellement (1).

Un fabricant de Lyon prépare une peinture à base d'oxyde d'antimoine, qui résisterait, paraît-il, fort bien à l'eau de mer et qui ne reviendrait pas plus cher que le minium de plomb pur.

(11 L'un de nous, visitant, il y a quelques années, une fabrique de couleurs et remarquant des boîtes métalliques assez grandes et pleines de peinture, sur lesquelles le mot « céruse » était imprimé, reçut cette réponse remplie d'aperçus sur la force de la routine et sur l'élasticité de certaines consciences : « C'est de la peinture au lithopone, je ne prépare que de celle-là; mais certains clients ne m'en achèteraient pas si je n'annonçais de la céruse ! »

Mastic Bonneville au « wood-oil ». — L'expérience a montré que les mastics de blanc et de gris de zinc avec siccatifs au manganèse, que les mastics de fer, de soufre et de chlorure d'ammonium (1) pouvaient remplacer les mastics à froid et à chaud à base de céruse et de minium.

Un industriel parisien, M. Bonneville, prépare un mastic à chaud fait de gris de zinc et d'un produit exotique, Y huile de bois ou woodoil, extrait de YElseococca vernica. Ce mastic ne durcit que quand il est chauffé, à la différence du mastic au minium, qui durcit très vite, qu'il soit chauffé ou non, de sorte qu'on ne peut le conserver en provision. Cela seul constitue au mastic de gris de zinc une grande supériorité. Aussi son emploi se généralise rapidement dans les services des chemins de fer, de la Marine et de la Guerre. Avec du gris de zinc et du wood-oil, chacun peut le préparer soi-même.

DIVERS SUCCÉDANÉS DE LA CÉRUSE.— Laquages. — Le blanc de zinc ou le blanc de baryte et les siccatifs au manganèse sont employés pour remplacer le blanc de céruse et les siccatifs plombiques dans le laquage et l'ébénisterie.

Apprêt des dentelles. — L'oxyde de zinc, le sulfate de baryte, le talc remplacent généralement aujourd'hui la céruse employée par les dessinateurs en broderies ou les dentellières.

Huiles siccatives. — Les huiles siccatives à l'oxyde de manganèse se substituent aux huiles siccatives à base de plomb dans les huiles d'apprêt et les vernis gras des feutres et des cuirs.

Papiers peints, papier bristol, papiers glacés et couchés. — A diverses époques et par divers industriels, le blanc de zinc et le sulfate de baryte ont été substitués à la céruse pour la constitution des fonds, des mordants, des couleurs et de la glaçure porcelaine dans les industries du papier. Il en est de même pour les papiers peints, colorés en jaune ou en vert par du « jaune de chrome », qui est du chromate de plomb. On peut substituer à cette couleur, dans tous ses emplois, divers chromâtes de zinc avec ou sans mélange de bleu de Prusse.

Cependant certaines nuances manquent, telle l'orale. Pour celle-ci et aussi pour les autres, on peut s'adresser à des couleurs d'aniline très solides qu'on trouve maintenant sur le marché.

On a fabriqué les chromâtes de zinc en assez grande quantité, il y a vingt-cinq ou trente ans, à une époque où les jaunes dits « de cadmium » avaient atteint des prix élevés. Lés nuances obtenues tirent sur le vert (citron et bouton d'or). Le papier qui enveloppe un chocolat très connu est coloré avec un jaune de cette nature.

Emaux de céramique. — Tous les émaux pour la céramique contiennent une forte proportion de plomb, qu'ils soient blancs ou

(1) Fleur de soufre: 1 partie ; limaille de fer, 60 parties; faire une pâte avec de l'eau contenant 10 parties de chlorure d'ammonium et un sixième de vinaigre.

colorés et qu'ils soient destinés à former la couverte des poteries et faïences ou à décorer la faïence ou la porcelaine. Pour former la couverte des poteries tout à fait communes, on n'emploie même pas d'émail, et on tamise sur la pièce humide une poudre de sulfure ou d'oxyde de plomb (alquifoux, litharge ou minium). Ce procédé est spécialement dangereux, mais il ne faut pas croire que le danger disparaît dès qu'on emploie pour la couverte des matières frittées, c'est-à-dire des émaux (verres plombeux).

Couvertes frittées. — La silice et les silicates alcalins se combinent aux oxydes de plomb ou les dissolvent en proportions pour ainsi dire quelconque, formant des silicates ou oxysilicates doubles de l'alcali et du plomb. Les silicates qui contiennent peu de plomb et beaucoup de silice sont peu solubles dans les acides faibles in vitro, mais les silicates qui contiennent beaucoup de plomb se laissent attaquer par ces acides, et c'est ceux-là qu'on emploie en céramique, car c'est à leur haute teneur de plomb qu'ils doivent les qualités qu'on attend d'eux. Les silicates et borosilicates en poudre fine sont même attaqués par l'aride carbonique de l'air humide et transformés partiellement en carbonate de plomb.

On peut remédier partiellement aux dangers de l'industrie céramique par diverses mesures de propreté, propreté des ateliers et propreté des ouvriers. Mais ici, comme dans d'autres cas, le vrai remède serait la suppression du produit toxique et son remplacement par des substances inoffensives. Cette substitution est parfaitement réalisable.

Règlement anglais pour les poteries. — En Angleterre, le secrétaire d'État a pris un règlement spécial pour prescrire des précautions d'hygiène dans les fabriques de faïence et de porcelaine, et on verra, quand nous parlerons des résultats de la prophylaxie, quelle diminution importante a été constatée dans les cas de saturnisme du Stralïordshire après la mise en vigueur de ce règlement. Mais, si on regarde de près la statistique du Dr Legge, on constate que la diminution s'est produite dès le début; à partir de 1902, le nombre des cas est resté stationnaire et a même tendance à augmenter (1). M. de Vooys explique ces faits de la manière suivante (2) :

(1) Proportion des cas rapportés dans le Nord-Stafl'ordshire en ne tenant compte que des ouvriers occupés aux procédés insalubres :

Années.

Années.

(2) De Vooys, Rapport sur la possibilité d'interdire les couvertes de plomb dans l'industrie céramique.

Les mesures prescrites par les règlements anglais : vestiaires, lavabos, réfectoires, surveillance médicale, etc., ont amélioré la santé générale des ouvriers potiers et atténué, dans une mesure importante, les dangers qui menacent ceux qui posent la couverte : mais, ce résultat obtenu, aucun autre progrès n'est réalisable si Ton n'interdit pas les couvertes plombifères.

La quasi-interdiction d'employer des couvertes non frittées, dite « règle de Thorpe » (1), est inefficace, d'abord parce que la limite de solubilité proposée par le chimiste anglais a été élevée dans le règlement, ensuite parce qu'il est illusoire de limiter la solubilité.

Après avoir tiré ces deux conclusions, M. de Vooys ajoute: il résulte des travaux de plusieurs spécialistes, entre autres de Seger et de Turnival (2) : 1° que les couvertes sans plomb sont excellentes dans la pratique et utilisables pour les faïences de toutes catégories; 2° que la présence d'une couverte plombifère limite précisément le nombre des couleurs à la disposition du céramiste, le plomb attaquant et gâtant les plus belles couleurs; 3° que la vive résistance apportée par les fabricants à l'adoption d'une couverte sans plomb n'a pas d'autre cause que la crainte des méthodes nouvelles ; en tout cas, que cette résistance ne sera pas supérieure à celle qu'ont mise en œuvre les faïenciers anglais contre la « règle de Thorpe » (3).

Couvertes sans plomb. — Pour la couverte des poteries communes, M. Constantin, pharmacien à Brest, a 'proposé, en 1874, un borosilicate de soude ainsi composé :

Silicate de soude à 50° 100

Craie de Meudon 15

Martz pulvérisé 15

Borax ou acide borique 10

M. Constantin a montré qu'on pouvait employer cette couverte sans rien changer à la fabrication traditionnelle du Finistère et en cuisant les pièces à température peu élevée dans les fours primitifs du pays.

Les poteries obtenues sont de bonne qualité et coûtent moins cher que les poteries au plomb ; néanmoins, leur fabrication ne paraît pas s'être répandue.

M. Monchicour, fabricant à Paris, a essayé aussi un borosilicate qui donne de bons résultats, mais à condition d'être cuit en moulle, ce qui est une complication un peu coûteuse.

M. Muller, à Ivry-sur-Seine, est l'inventeur d'une importante

(1) Thorpe, The employment of compounds of Lead in the manufacture of pottery, 1 899.

(2) Turnival, Researches on leadless glazes. Leadless décorative Tiles.

(3) Il existait, en 1906, vingt-cinq établissements anglais où l'on a délibérément abandonné les couvertes plombifères. Les recettes en usage ont été publiées dans les ouvrages spéciaux.

fabrication de grès cérames à couverture feldspathiquc, dans lesquels il n'entre aucune parcelle de plomb. Même pour ses briques émaillées, il a réalisé une couverte blanc opaque sans plomb, à base d'antimoine, qui lui donne de bons résultats.

M. Boullenger, qui dirige l'importante fabrique de faïences de Choisy-le-Roi, a essayé avec succès des borosilicates de zinc. Le succès toutefois est relatif, car il ne s'applique qu'à la glaçure sur blanc, le zinc altérant les émaux colorés habituels: même pour la glaçure sur blanc, la cuisson est difficile, le point de ramollissement des borosilicates de zinc étant très voisin du point de fusion complète où ils coulent, abandonnant les pièces. M. Boullenger a constitué une collection d'essais méthodiques relatifs à ses expériences qui présente un haut intérêt pratique.

D'autre part, le laboratoire de la fabrique impériale do porcelaines de Charlottenbourg a expérimenté et fait connaître diverses « palettes » sans plomb pour la décoration des faïences et des porcelaines.

Émaux pour métaux. — Les produits employés pour remaillage des métaux ont longtemps contenu une forte proportion de plomb et de l'arsenic. M. Albert Dormoy, directeur des forges de Sougland, et M. Dupont, fabricant de baignoires au Cateau, font usage d'appareils permettant l'émaillage en vase clos; mais ces engins ingénieux ne s'appliquent pas à tous les genres de travaux. La solution radicale consiste à faire usage d'émaux non toxiques. 11 existe des émaux de ce genre. Ils sont connus en France et employés en Angleterre, en Belgique, en Allemagne et en Russie.

SUCCÉDANÉS DE DIVERS COMPOSÉS DU PLOMB.- Braise chimique, etc. — Dans la braise chimique, les allume-feux et les mèches à briquet, les sels de plomb employés comme comburants peuvent être remplacés par le nitrate d'ammoniaque ou par des sels de manganèse.

Métiers Jacquard. — Les poids en plomb sont remplacés par des poids en fer, vernis, étamés ou zingués, pour éviter la rouille.

Teinture des fils et des tissus. — Les tons jaunes du chromate de plomb sont obtenus au moyen de la chrysophénine, de la chrysamine, de l'auramine, de la gaude, etc. C'est avec ces substances que se teignent beaucoup des fils de coton employés dans la région lyonnaise pour la guimperie, teinture qu'on disait ne pouvoir être faite qu'au moyen du jaune de plomb.

Les noirs au plomb sont avantageusement remplacés par les noirs au tanin, au campêche, à l'aniline; par les noirs de garancine, de garance, de Laval; la charge est obtenue au moyen de la glycose.

Toiles cirées. — La céruse se remplace bien par le blanc de zinc ou par un autre blanc.

SUCCÉDANÉS DES PROCÉDÉS INSALUBRES. tf— 289

Apprêts des étoffes. — La cérusë, autrefois employée pour l'apprêt de la mousseline de soie, a été complètement abandonnée. Il peut en être de même pour les divers apprêts .

Polissage des glaces. — On emploie couramment pour le polissage des glaces un mélange appelé potée cVétain, qui contient du plomb. Ce mélange a été et est encore la cause de nombreux cas cle saturnisme. On remplace très avantageusement la potée d'étain par des acides stanniques et métastanniques et par du colcothar. Ce colcothar est obtenu en calcinant méthodiquement le sulfate de fer et fournit les produits de dureté graduée qui sont nécessaires.

Polissage des pierres fausses et taille du diamant. — Les mêmes produits servent au polissage des pierres fausses. Au lieu de meules en plomb, on peut en avoir en fer ou en bronze, ou même en étain pur. Pour sertir les pierres et le diamant à l'extrémité de l'outil qui sert à les tenir pendant la taille, on a essayé, à la place des dops en plomb, d'autres compositions ayant les mêmes propriétés, soit à base de résines, soit à base de métaux fournissant des alliages fusibles; mais les solutions obtenues jusqu'ici ne donnent pas toute satisfaction. La Hollande a ouvert récemment un concours, avec un prix de 6000 francs, pour la découverte d'un bon succédané des dops en plomb (1). On n'a retenu que l'invention d'un concurrent qui s'est présenté tout à fait à la dernière heure. Son système est encore à Létude (1908).

Taille des limes. — En Allemagne, des tampons en pâte à papier ont été, paraît-il, employés avec succès à la place des plaques de plomb qu'on pose sur l'enclume pour la taille des limes. On s'est adressé aussi à l'étain et au zinc.

Courbure des instruments de musique. — Pour les gros instruments, on emploie la résine. Girard et Pabst ont conseillé un alliage composé de 5 parties seulement de plomb, 3 parties d'étain et 8 parties de bismuth, alliage plus résistant que le plomb, il est vrai, et qui rend la courbure plus difficile, mais qui facilite le martelage et qui fond à la température de l'eau bouillante.

Couleurs. — On peut très heureusement substituer aux verts arsenicaux un mélange de bleu de Prusse et de jaune de zinc, ou les verts de Rinmann ou de Leclaire obtenus au moyen de l'oxyde de zinc et des sels de cobalt.

En teinture pour étoffes, il n'est pas de cas où Ton ne puisse éviter l'emploi des verts toxiques.

SUCCÉDANÉS DU MERCURE. — Sécrétage des peaux ; étamage des glaces. — Le Dr Courtois-Suffît fait connaître plus loin les succédanés proposés et employés.

Fabrication des lampes à incandescence. — Le danger de

(1) Bull, de Vinspeclïon du travail, 1903, p. 251.

Traité d'hygiène. Vil. — 19

l'intoxication mercurielle esf complètement supprimé par l'usage des pompes à vide sans mercure.

Bronzage et damasquinage des métaux. — Il existe de nombreux procédés dans lesquels il n'est pas fait usage de composés mercuriques.

SUCCÉDANÉS DE LA BENZINE ET DU SULFURE DE CAR- BONE.— ■ La benzine du goudron, ou benzol, la benzine de pétrole (1) et le sulfure de carbone sont très employés dans l'industrie comme dissolvants des corps gras, des résines et du caoutchouc. Les vapeurs de ces corps, tels qu'on les trouve dans le commerce, c'est-à-dire impurs, sont toxiques, et, en outre, leur manipulation est très dangereuse au point de vue de l'incendie. On leur a trouvé un bon succédané dont l'emploi commence à se répandre. C'est le tétrachlorure de carbone, qui est beaucoup moins toxique et dont les vapeurs sont ininflammables.

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