CAS DE MALADIES DE CAS DE MALADIES
TOUTES NATURES. SATURNINES.
Années. des ouvriers. Nombre. Par 100 ouvriers. Nombre. Par 100 ouvriers.
L'histoire des transformations qu'a subies la fonderie de plomb de Selmeczbànya, en Hongrie, n'est pas moins instructive. Chaque fois que, pour augmenter la production, on élève de nouveaux fours, le pourcentage des saturnins suit une marche ascendante; mais, chaque fois aussi que de nouveaux moyens de protection s'organisent, ce pourcentage descend de plus en plus bas; finalement le chiffre qui avait été de près de 47 p. 100 (1) en 1885 est descendu à 3 p. 100 en 1903.
Il en est de même dans les fabriques de eéruse. En trois ans, le nombre des saturnins observés dans la céruseriedeNewcastle on Tyne est descendu de 36 à 14 à la suite de l'adoption des mesures préconisées par une commission spéciale. En 1899, le nombre des cas déclarés en Angleterre était de 399 pour toutes les fabriques de eéruse du Royaume-Uni ; en 1905, il n'est plus que de 90.
Les mêmes conséquences se remarquent dans les fabriques d'oxydes de plomb, qui adoptent les mesures de prophylaxie. Dans l'usine d'Ober-Vellach, la production a passé de 383 tonnes en 1879 à 670 tonnes en 1888; le nombre des ouvriers a baissé de 143 à 68 et celui des saturnins de 55,2 p. 100 à 19,1 (2).
LeDr Legge a recueilli les chiffres suivants au sujet de la fabrique a" accumulateurs Hagen en Allemagne :
Années. Nombre des Cas d'inloxicalion Journées
personnes employées. saturnine. de maladies.
(1) Voy. Les fonderies de plomb. Bull, de l'Inspection du travail, 1906, p. 533. — Dr Emerich Tôth, Comptes rendus du Congrès d'hygiène de Bruxelles, 1903.
(2) Dr Ignace Kaup, Les intoxications par le plomb et le phosphore dans l'industrie autrichienne, in Les industries insalubres, par le professeur Bauer, p. 76.
Hyclrargyrisme. — Pendant longtemps, les médecins deFïirthet de Nùrenberg protestèrent contre l'état de choses existant dans les fabriques où avait lieu Yétamage des glaces par des procédés primitifs et meurtriers. Le 18 mai 1889, parut un arrêté du gouvernement prussien, adopté le 30 juin suivant par le gouvernement bavarois, édictant des prescriptions pour une organisation du travail conforme aux règles de l'hygiène. Le résultat de cet arrêté fut étonnant, dit Sommerfeld: le nombre de jours de maladie pour cause d'affections mercurielles tomba de 3,74 sur 100 journées de travail en 1889 à 0,60 en 1890 et à 0 en 1891.
RÉSULTATS DE LA PROPHYLAXIE DE LA TUBERCULOSE. — Bien que la tuberculose soit surtout une maladie des villes et une maladie des travailleurs pauvres, nous avons vu déjà que l'insalubrité du travail n'est pas la seule ni même la principale de ses causes. Quand l'Angleterre diminue sa mortalité par tuberculose de 45 p. 100 en trente-cinq ans (Brouardel), quand la Prusse fait descendre la sienne de 88 283 décès en 1886 à 66 726 en 1902 (Bielefeld), malgré l'augmentation de sa population, on peut admettre que la réglementation des industries a eu une part dans ce résultat, mais on ne sait pas laquelle.
On connaît cependant quelques cas où la tuberculose faisait de vrais ravages dans une industrie et où on a pu les voir cesser par une meilleure organisation du travail.
C'est ainsi que le percement du Saint-Gothard fut accompagné d'une énorme perte de vies humaines : les conditions relatives à la ventilation y étaient extrêmement mauvaises. Pour la construction du tunnel du Simplon, dit Oliver, des progrès sensibles ont été réalisés ; on a employé un excellent système de ventilation, et d'énormes volumes d'air ont été envoyés vers les chantiers où travaillaient les ouvriers. D'après le Dr Volante, chargé du service médical de l'entreprise, la phtisie s'est montrée extrêmement rare parmi les mineurs du Simplon, et les seuls cas observés doivent être attribués à la déplorable habitude des ouvriers de consommer de l'alcool. Pour le Dp Oliver, cela ne fait pas de doute; la rareté de la tuberculose chez les mineurs du Simplon, comparativement à ce que l'on a observé soit au Saint-Gothard, soit dans les mines d'or du Transvaal, soit dans d'autres mines siliceuses, est due à ce que le travail s'exécutait à l'abri de toute espèce de poussière.