‹ Traitâe de physiologie considâerâee comme science d'observationChapitre 59 sur 120 · PRODUIT DU TESTICULE · texte numérisé non relu

PRODUIT DU TESTICULE

Unique extérieure seulement, et que la fovilla, l'analogue bien évident du sperme animal , y demeure entièrement étrangère ? Dans cette hypothèse , la pollénine ne devrait-elle pas bien plutôt être rapprochée du produit fortement odorant que sécrètent les glandes situées , comme on sait , au voisinage des organes génitaux d'un grand nombre d'animaux?

3° Il n'y a point d'Infusoires dans la fovilla , d'après Mohl, dont le témoignage mérite une confiance entière. A la vérité , cet observateur a remarqué , comme plusieurs de ses prédécesseurs , un certain mouvement des granules contenus dans la fovilla ■ mais ce mouvement ressemblait en tous points aux oscillations que Robert Brown , et après lui un grand nombre d'autres physiciens , ont vu exécuter même par des substances minérales , lorsqu'elles avaient été réduites en molécules très-déliées. Il dépend, du moins très-probablement, des courans que la chaleur , qui n'est jamais répartie d'une manière uniforme , entretient continuellement dans tous les liquides, quels qu'ils soient.

Brongniart regarde l'embryon végétal comme un animalcule ou une plantule infusoire , qui , de la fovilla du pollen , desT cend jusqu'à l'œuf, à travers l'ovaire, et qui se glisse dans cet œuf en renversant sur elle-même l'extrémité libre du germe creux. Une pareille hypothèse ne mérite pas qu'on la réfute) (1).

Nous ajouterons , comme particularités historiques , que le pollen paraît être combustible à un très-haut degré. En effet:

1° Il s'enflamme à la lumière , tandis que ses utricules vides ne font que se charbonner ;

T Les abeilles en préparent de la cire ;

3° Il donne une substance huileuse par la pression , se décompose avec une grande facilité , entre promptement en putréfaction, et dégage beaucoup d'ammoniaque ;

4° Il peut même , suivant Gleditsch , servir à la réduction des oxides métalliques.

5° Il a très-souvent une odeur forte qui , dans plusieurs

(1) Addition cl'E. Meycr.

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plantes, telles que l'épine-vinette , le châtaignier , le peuplier , etc., ressemble à celle du sperme.

Sa principale partie constituante est la pollénine , poudre jaune et légère , sans odeur ni saveur , qui prend feu et brûle tout à coup quand on la met en contact avec la flamme ; cette substance ne se dissout ni dans l'eau ou les huiles, ni dans l'alcool ou l'éther , ni enfin dans les alcalis. A la distillation sèche, elle donne 14,0 de fgaz acide carbonique et de gaz hydrogène carboné , 54,0 d'huile empyreumatique ammoniacée , 16,5 d'eau imprégnée d'acétate d'ammoniaque , et 15,5 d'un charbon difficile à incinérer, qui ressemble à de l'anthracite (1).

Outre la pollénine , qui entre pour 77,25 dans le pollen du Pinus sylvestris , le pollen de diverses plantes a fourni aux chimistes des phosphates de chaux , de magnésie , de potasse et de fer , une substance analogue à la gélatine , une autre céracée et huileuse , de la résine , du sucre , du tannin , de l'acide gallique , de l'acide acétique , enfin des malates de chaux, de potasse et d'ammoniaque (2).

§ 83. A l'égard de l'activité plastique du testicule , elle nous présente plusieurs choses à considérer.

1° Quand le testicule est un organe compacte, il se montre sous la forme d'un tissu blanc ou jaunâtre , mou et extrêmement délicat , qui contient si peu de parties solides , proportionnellement à sa masse liquide , qu'il perd les quatre cinquièmes de son poids par la dessiccation , et que sous ce rapport il surpasse non seulement tous les organes plastiques, mais encore le cerveau lui-même (3).

2° La formation du sperme paraît dépendre de la multiplicité des points de contact du liquide avec le tissu solide , et d'une influence vitale continuelle qu'exercent les parois organiques ; car elle semble s'opérer dans des vésicules , et commencer dans iel extrémités en cul-de-sac des canaux. Or, chez les animaux supérieurs, ces canaux sont plus

(1) Gmelin j, Handbuch der theoretïschen Chemie , p. 1455.'

(2) John , Chemischc Tabellen der Pflanzenanalyscn , p, 161,

(3) Haller, Elementa physiolo'jiœ , t, VII, p. 440.

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longs que dans tout autre organe. Suivant Lauth (1), le chemin que la liqueur séminale parcourt dans l'intérieur de l'épididyme de l'homme, a vingt et un pieds de long. Cette particularité s'accorde avec le fait bien connu que la sécrétion de la semence surpasse toutes les autres en lenteur, puisque non seulement elle s'établit tard , mais encore elle n'a lieu chez les animaux qu'à une certaine époque de l'année ; et une fois que les organes qui contenaient le sperme s'en sont vidés entièrement, quelques jours s'écoulent avant qu'une nouvelle évacuation devienne possible.

3° Le sperme ( sperma ) est un liquide blanc , visqueux et opaque. Quand il n'a point acquis toute sa perfection , il est plus liquide et plus translucide. Il a une odeur particulière, qui ne varie pas notablement chez les différens animaux , et qui ressemble à celle d'un os qu'on lime. Sa saveur est un peu acre et styptique. Il est plus pesant que d'autres liquides animaux , et tombe au fond de l'eau , à la surface de laquelle ne s'en élève qu'une petite partie , qui s'y coagule. Il est alcalescent , car il verdit les couleurs bleues végétales et précipite les métaux et les terres de leurs dissolutions dans les acides. Un grand nombre de bulles d'air se dégagent de son sein (2). Quelques heures après sa sortie du corps, qu'on le tienne à l'air , ou qu'on le conserve dans un vase clos , il devient limpide , transparent et plus liquide , phénomène que la chimie n'explique point, et qui doit dépendre d'un mode particulier de décomposition (*). Exposé à un air trèssec il se dessèche en une substance semblable à de la corne, cassante et translucide. Si l'air est moins sec et médiocrement échauffé , il se couvre d'une pellicule , et dépose du phosphate calcaire , non seulement en grumeaux blanchâtres , mais encore en cristaux prismatiques à quatre pans , terminés par des pyramides à quatre faces, Ces cristaux croquent sous la dent , n'ont aucune saveur et sont insolubles ; ils se fondent

(1) Fioviep , Notizen , t. XXXII , p. 307.'^

(2) Ascii , Diss. do natura spermutis , p. 58. — Osiander, Handbuch der Enthindungskunst ,t. I, p. 241. .

(*) Voyez les remarques de Raspail à ce sujet ( Nouveau Système de chimie organique, Taris 1833, in-8°, p. 387).

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au chalumeau en un globule blanc , et se dissolvent dans les acides hydrochlorique et nitrique. A l'air chaud et humide, le sperme se décompose , devient jaune et acide , exhale une odeur de poisson pourri , et se couvre de Byssus septica. Insoluble dans l'eau froide et dans l'eau chaude , il est rendu miscible à ce liquide par les alcalis. Mais , après s'être liquéfié à l'air, il devient très-soluble dans l'eau, dont Valcool et le chlore le précipitent en flocons blancs. Si on l'expose à la chaleur, après l'avoir desséché, il se ramollit d'abord, prend une teinte jaune dorée et répand l'odeur de la corne brûlée ; puis il brunit , noircit , se boursoufle , donne une fumée épaisse , d'odeur ammoniacale , et laisse un charbon volumineux , d'où l'on peut extraire du carbonate de soude par la lixiviation , et du phosphate calcaire par l'incinération. A la distillation, il produit de l'eau , du carbonate d'ammoniaque et une petite quantité d'huile. L'ammoniaque ne se forme que par l'effet de la décomposition; car le sperme n'en dégage point, par l'addition de la chaux, quand il est frais , et n'en fournit qu'après être resté pendant quelques jours soumis à l'influence d'un air chaud et humide. Sa dissolution dans les acides n'est point décomposée par les alcalis , non plus que celle dans les alcalis par les acides. Vauquelin a trouvé , dans celui de l'homme , 90 parties d'eau , 6 d'une substance mucilagineuse particulière , 1 de soude , et 3 de phosphate calcaire, avec un peu d'hydrochlorate de chaux. La laitance de Carpe lui a donné , ainsi qu'à Fourcroy , de la gélatine , de l'albumine , une substance grasse et savonneuse, du phosphore , des phosphates de chaux , de magnésie , de soude et de potasse et de l'hydrochlorate d'ammoniaque ; le phosphore y était à l'état de combinaison si intime, qu'il se retrouvait encore dans le charbon (1). L'analyse de John (2) est conforme à la précédente.

4° La combustibilité de la semence se manifeste par l'odeur qu'elle exhale, et par la grande quantité d'alcali et de phosphore qu'elle contient, quantité si considérable quel-

(1) Annales du Muséum, t. X , p. 169.

(2) Chcm-ii-hc Taielïpn 'Jet Thierreichs , p.J22.

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quefois, qu'on voit même ce liquide répandre des lueurs phosphoriques (1).

§ 84. La longueur considérable des conduits séminaux rend le contact du sperme avec les canaux qui le renferment plus intime et plus prolongé que celui d'aucun autre liquide sécrélé. Comme, en général, le contact des humeurs avec la substance animale les désoxide et les dispose davantage à laisser leurs parties constituantes se séparer , ce double effet doit avoir lieu à un degré éminent pour le sperme. Les phénomènes signalés dans le paragraphe précédent (§ 83 ) ^c'està-dire l'exhalation de principes volatils et odorans , la promptitude avec laquelle le résidu change de nature et se liquéfie , etc. , attestent combien cette humeur est encline à se décomposer.

1° De même que la substance végétale se résout en poussière dans le pollen , de même aussi le sperme paraît se résoudre en parties hétérogènes par l'effet de la facilité avec laquelle il se décompose. Dans l'Echinorhynque , suivant J. Gloquet , et chez les Insectes , selon Hegetschweiler , il est grumeleux. Dans l'Ascaride lombricoïde , au dire du premier de ces auteurs , et dans la Lamproie , au rapport de Rathke , il est composé de globules blancs , disséminés au milieu d'une masse épaisse; dans le Distoma, d'après Mehlis, il se compose de grumeaux enveloppés d'un liquide lactescent, etc. La spermatine , ou la matière particulière du sperme, n'est point dissoute dans cette humeur ; elle y est seulement renflée , et elle ne s'y dissout que quelque temps après l'évacuation.

ij 2° Le sperme étant d'une part très-enclin à se décomposer, et contenant d'un autre côté une substance solide , qui est mêlée avec un liquide et qui se trouve pendant long-temps en contact avec une paroi animale , nous voyons là réunies toutes les conditions nécessaires à la production d'Infusoires (§11). Nous devons donc admettre quelles Animalcules spermatiqties (Spermatozoaires de Baer) sont des Infusoires qui se développent lorsque le sperme , ayant acquis son plus haut

(1) Osiander , loc. cit., 1. 1 , p. 245.

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