Q2 CONDUIT DÉFÉRENT
férens sont des utricules longs , épais et appliqués l'un contre l'autre. Ces canaux se dilatent également en une vésicule, chez les Grenouilles , avant de s'aboucher dans le cloaque. Chez les Oiseaux aussi, leurs extrémités présentent de petites vésicules ovales , qui reposent sur le cloaque , dans l'intérieur duquel elles font un peu de saillie. Une pareille dilatation , située à l'extrémité , existe aussi chez les Mammifères , notamment les Solipèdes , la plupart des Ruminans , plusieurs Rongeurs et l'Éléphant (1). Enfin les conduits déférens sont un peu dilatés à leur extrémité chez l'homme. Ces dilatations servent évidemment de réservoirs, qui permettent à la semence de s'amasser, afin qu'elle puisse être ensuite versée en plus grande quantité à la fois. Mais , en même temps, elles modifient cette humeur et la perfectionnent.
1° Cette influence qu'ils exercent sur elle tient à l'action qu'elle subit de la part de leurs parois vivantes, et qui s'accompagne peut-être aussi de l'absorption des parties aqueuses. En effet, comme le sperme se forme peu à peu pendant qu'il parcourt les canaux testiculaires , nous voyons aussi qu'il acquiert déjà d'autres qualités dans l'épididyme , où , chez les Oiseaux , par exemple , il prend une teinte différente de celle qu'il avait dans les testicules (2) , tandis que , chez les Mammifères, il devient blanc, de gris qu'il était jusqu'alors (3). Or cette influence augmente incontestablement lorsque la dilatation dont nous parlons ici est parsemée de plis , ou d'un tissu lamelleux. Ainsi , chez la plupart des Poissons osseux , mais très-distinctement dans les Pleuronectes et les Saumons , elle renferme un tissu spongieux de fibres et de lames solides , blanches , entrecroisées , entre lesquelles il reste un canal libre (4) , et chez les Solipèdes , les cavités sont rétrécies par des cellules.
2° Les parois de ces 'dilatations sont fort souvent minces, par exemple , chez les Oiseaux , où leur épaisseur le cède toujours à celle du restant du canal déférent, parce*qu' elles
(1) Cuviev, Anat. comp.,t. V, p. 35.
(2) Tannenberg , De part, génital, masculis avium , p. 19.
(3) De Graaf , loc. cit., p. 64.
(4) Rathke, loc. cit., t. II , p. 187.
sont privées de tunique péritonéale ; mais , chez plusieurs animaux , elles deviennent épaisses , plissées et comme glanduleuses , de sorte qu'alors elles sécrètent , suivant toutes les apparences, un liquide qui se mêle au sperme. Ainsi , dans les Gastéropodes , par exemple le Lymnœus , elles sont parsemées de grains glanduleux, et garnies de plis longitudinaux, entre lesquels se trouvent des points dilatés ou des sinus (4). Dans les Céphalopodes , elles présentent des plis et des cloisons en spirale. Chez certains Insectes , tels que la Tettigonia plebeia , elles sont épaisses et glanduleuses. Elles ont également des parois épaisses chez la plupart des Mammifères , où il paraît se sécréter une humeur blanche et gélatineuse dans les cellules, par exemple chez les Solipèdes (2). De même chez l'homme, la face interne du conduit déférent, qui jusque-là avait été lisse , présente un aspect réticulé dans le point où ce canal subit une dilatation.
§ 113. Il faut bien distinguer les dilatations situées sur le trajet même des canaux déférens , dont par conséquent elles font immédiatement partie, des organes, pour la plupart creux, qui s'insèrent sur les côtés de ces conduits , comme autant de parties subordonnées ou accessoires.
I. Nous en trouvons déjà chez les Entozoaires. Dans YEchinorhynchus gigas , il y a de petites vésicules non symétriques et reposant sans pédicule sur le canal déférent commun , qui font le passage des dilatations proprement dites , ou vésicules séminales (§ 112) , aux organes accessoires , puisqu'on doit les considérer comme des sinus ou des boursouflures d'une des parois latérales du conduit. Dans Y Echinorhynchus proteus , ce sont des vésicules portées sur de longs pédicules.
II. Les organes accessoires existent presque généralement chez les Insectes , y revêtent les formes les plus diversifiées , et souvent ressemblent tout-à-fait aux testicules. D'ordinaire, ils s'abouchent avec le point où les deux canaux déférens se
(1) Zeitschrift fuer die Physiologie ,t, I, p, 23.
(2) Cuviev , loc. cit., t. V, p. 32.
réunissent pour en produire un commun; mais quelquefois aussi ils s'ouvrent dans les canaux déférens encore séparés , ou même dans le conduit qui résulte de leur réunion , vers son extrémité.
1° Ce sont parfois des vésicules , dont on trouve une , par exemple , dans la Blatta orientalis (1) ; ou deux longuement pédiculées , comme dans le Bombyx mori (2) ; ou deux inégales , par exemple , dans le Cimex hyoscyami , chez lequel l'une repose immédiatement sur le point de réunion , tandis que l'autre commence par cinq racines vasculif ormes , et s'ouvre par un pédicule à l'extrémité du conduit déférent commun (3) ; ou deux paires , comme dans la Muscaputris, qui en a deux portées sur de longs pédicules et deux autres dont les pédicules sont courts (4) , comme aussi dans la Locusta viridissima , chez laquelle ce sont deux faisceaux de vésicules portées par de courts pédicules (5).
2° Des vésicules allongées et pyriformes , faisant passage aux utricules , se trouvent au nombre tantôt d'une paire , dans la ISepa (6) , tantôt de deux paires , comme dans Y Ascalaphus italicus , où elles s'ouvrent déjà dans les conduits déférens , et où la paire la plus petite commence par une longue racine vasculiforme (7).
3° On rencontre une couple d'utricules, qui tantôt sont presque aussi larges à leur origine qu'à leur autre extrémité , comme dans les Abeilles et les Éphémères (8) , le Dytiscusmarginalis (9) , le Carabus hortensis (10), et la Lepisma saccharinum (11) , tantôt sont rétrécis et vasculiformes au commencement , comme dans le Melolontha, vulgaris (12).
(1) Gœde , Beitrœge siir Anatomie der Insekten , p. 20.
(2) Swammerdara , Bibel derNatur, PL XXVIII, fig. 3. (') Hegetschweiler , loc. cit., fig. 6.
(4) Swammerdam , loc. cit., PI. XLIII, fig. 17.
(5) Gœde , loc. cit., p. 26.
(6) Swammerdam, loc. cit., PI. III, fig. 6.
(7) Hegetschweiler, loc. cit., fig. 4.2.
(8) Swammerdam, loc. cit., PI. XXI.
(9) Hegetschweiler, loc. cit., fig. 3.
(4.0) Gœde, loc. cit., p. 25.
(14) Treviranus, Vermisclite Schriften, t. II. (12) Hegetschweiler , loc. cit., fig. 5.
4° Il y a desjutricules plus étroits, ou des vaisseaux, au nombre de deux , dans la Stratiomys chamœleon (1) , le Papilio brassicœ(2), YOryctes nasicomis (3) , où ces utricules ont vingt pouces de long , la Tettigonia plebeia (4) , où. ils sont huit fois aussi longs que le corps entier, et leLamia trisûis, où ils s'ouvrent dans le canal déférent ; au nombre de quatre , ordinairement dissemblables eu égard à la situation et à la direction, ou différens sous le rapport du liquide qu'ils contiennent , dans le Geotrupes stercorarius (5) , le Tenebrio molitor (6) , le Clerus alveolaris (7) , et le Blaps mortisaga ; au nombre de six, dans le Meloe (8) , et l1 Hydrophilus piceus ; au nombre de huit , dans la Notonecta glauca ; enfin constituant deux faisceaux en forme de houppes , qui s'ouvrent par deux troncs dans les conduits déférens , chez la Locusta verrucivora.
5° De même que ces différentes formes passent de l'une à l'autre par des gradations insensibles , de même aussi elles se rencontrent réunies ensemble. Ainsi on trouve deux utricules et une vésicule dans le Syrphus tenax (9) ; deux vaisseaux et deux vésicules , qui s'ouvrent les premiers dans les conduits déférens, et les secondes dans le canal commun , chez le Carabus monilis; deux utricules et deux troncs formés chacun de trois vaisseaux , dans le Dytiscus (10) ; un utricule au point de réunion et deux vaisseaux à l'extrémité du canal commun, dans les Scolopendres(ll) ; deux petites vésicules, deux plus longues , deux utricules. et deux vaisseaux, dans le Buprestis mariana (12).