‹ Traitâe de physiologie considâerâee comme science d'observationChapitre 86 sur 120 · PÉNIS SANS CANAL SEMINAL · texte numérisé non relu

PÉNIS SANS CANAL SEMINAL

Dans ce dernier cas , il ^ pour nffî^o , ou couiomont de déterminer une titillation qui exalte l'activité vitale des organes femelles , ou d'imprimer en même temps la direction nécessaire au sperme , car ces deux usages sont les seuls par lesquels un pénis quelconque coopère à la fécondation.

1° Un pénis imperforé , qui se trouve éloigné de l'orifice des canaux déférens (7), ne peut que titiller les parties femelles qui le reçoivent.

On en trouve un de ce genre chez les animaux hermaphro-

(1) V. PI. V, deuxième forme.

(2) Rœsel, Naturyescliichte der Frœsche , PI. VI', fig. 1. (3)i6«*., PI. XXI, fig. 26.

(4) Carus, Traité d'anat. comp., t. II, p. 403.

(5) Rathke , Beitrœye sur Geschichte der Thierwelt , t. I , p- 79.

(6) Tannenberg , loc. cit., p. 27.

(7) V. PI. V, troisième forme.

9êms. z5i

dites. Parmi les Annélides ,1e Ver de terre offre deux petits corps solides , coniques et adhérens à l'épidémie , situés , soit au vingt-septième anneau du corps, suivant Léo (1) , soit au bât (clitellum) , ou dans son voisinage , selon Morren (2) , tandis que l'orifice des canaux déférens et des oviductes se trouve au seizième anneau du corps. Parmi les Gastéropodes, le Boridium coriaceum a l'orifice du sac génital commun au devant des branchies , et de cet orifice part un sillon légèrement sinueux qui va gagner la région du sac de la verge , situé entre la bouche et le tentacule droit (3). Une disposition analogue s'observe dans les Dolahella et Pneumodermon , parmi les Acères , ainsi que dans la Hyalœa , parmi les Ptéropodes.

Cette forme se rencontre aussi chez certains animaux digènes. Suivant Rathke (4), les Libellules ont le pénis au second anneau du corps , et l'ouverture du canal déférent au neuvième. Dans l'Ecrevisse , les canaux déférens s'ouvrent à la base de la der nière paire de pattes , tandis qu'à la face inférieure du premier anneau caudal se trouvent deux petites baguettes cornées et mobiles , qui sont vraisemblablement des pénis. Dans les hermaphrodites ^humains, le pénis est imperforé (§ 155, 5°).

2° Un pénis muni d'un sillon qui imprime la direction au sperme (5) , existe d'abord chez les Mollusques hermaphrodites. Dans quelques uns de ces^animaux , l'orifice du canal déférent est éloigné du sac de la verge. Ainsi, chez l'Aplysie , le sac de la verge se trouve sous le tentacule antérieur droit et le sac génital commun plus en arrière , à peu près vers le milieu delà longueur du corps (6). Chez d'autres, l'orificeTdu canal déférent est dans le sac même du pénis ; c'est ce qu'on voit dans les Thethys (7) et le Planorbis comeus , dont le pénis

(1) Diss. de structura lumbrici terrestris. Kœnigsberg , 1820 , in-4°.

(2) De lumbrici terrestris historia naturali , p. 77.

(3) Meckel, Beitrœge zur vergleichenden Anatomie , t. I, cah. II, pag. 25.

(4) Miscellanea anatomico-physiologica. Kœnigsberg , 1832, in-4°.

(5) V. PI. V, quatrième forme.

(6) Cuvier, Mémoires pour servir à l'histoire des Mollusques. Paris , 1817 , in-4°, fig.

(7) Meckel, loc. cit., 1. 1, cah. I, p. 21.

cartilagineux et recourbé présente , tout le long de sa face concave , une rainure , qui part de l'ouverture du canal déférent située à la base:(l). Une verge offrant une gouttière pour le sperme s'observe aussi dans les Stromhns , Foluta et Murex (2). Chez les Ophidiens et la plupart des Sauriens, les canaux déférens s'ouvrent dans le cloaque , à la base de deux pénis courts , cylindriques et sillonnés , qui sont placés aux deux côtés du rectum , et qui , lorsqu'ils font saillie au dehors, se montrent dans les deux angles de la fente extérieure du cloaque. Chez le Crocodile , le pénis sillonné est simple et cartilagineux. Dans les Tortues , la verge occupe le fond du cloaque , où elle se voit derrière les ouvertures du rectum et de la vessie urinaire , qu'elle bouche par conséquent ; lorsqu'elle vient à se gonfler , les bords de la gouttière s'appliquent l'un contre l'autre, de manière à produire un canal complet (3). Dans l'Autruche , le Casoar et le Hocko , le pénis est également situé à la paroi inférieure du cloaque , dont il ferme l'issue , de manière qu'il doit sortir au dehors toutes les fois que l'animal urine , rend ses excrémens ou s'accouple ; sa gouttière profonde reçoit le sperme des orifices des conduits déférens situés vis-à-vis de sa base (4). Dans le Canard , l'Oie et la Cigogne , il est situé à la partie postérieure du cloaque , au dessus de l'extrémité du rectum , naît , par deux bandeleues cartilagineuses blanches , du voisinage des orifices des canaux déférens , et présente , à ce qu'on assure, une gouttière , qui cependant n'est au moins pas toujours bien prononcée. Dans l'Ai, le pénis , fort petit et caché.enlre deux bourrelets , offre une gouttière à sa face inférieure , et l'urètre s'ouvre à sa base (5). Chez l'homme , une disposition analogue , qui se rapproche de l'hermaphrodisme, a lieu dans le cas d'hypospadias (§ 155 , 5°).

(1) Zeitschrift fuer Physiologie , t. I, p. 15.

(2) Cuvier, Anat. comp., t. V, p. 182.

(3) Bojanus, Anatome testudinis europœœ , p. 168.

(4) Meckel , dans sa trad. ail. de l'Anat. comp. de Cuvier , t. IV, p. S02.

(5) Meckel, Beitrœge zut vergleiclmideth Anatomie , t. II, cah. I, p. 125.

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