‹ Traitâe de physiologie considâerâee comme science d'observationChapitre 94 sur 120 · I. Passons-les en revue d'abord chez les Mollusques · texte numérisé non relu

I. Passons-les en revue d'abord chez les Mollusques

1° L'oviducte peut se partager en deux branches , dont l'une gagne les parties génitales femelles extérieures , l'autre le testicule et les parties mâles externes (1).

L'ovaire de la Pleurohranchœa , qui occupe la partie la

(1) V. PI. VI , quatrième forme.

plu s postérieure delà cavité ventrale, où il s'attache au foie, est un gros corps ovale, qui n'a point la forme d'une grappe, mais dont la surface présente seulement des sillons ; l'oviducte se porte en avant, et donne deux branches, qui s'écartent à angle aigu ; l'une se prolonge jusqu'à l'ouverture femelle extérieure, l'autre traverse le testicule , et en ressort sous la forme d'un canal déférent , qui se rend au pénis ; le testicule , situé plus en avant que l'ovaire , est globuleux , il a une membrane musculeuse , et se compose d'innombrables filamens (canaux), disposés en rayons , dont les extrémités convergentes s'implantent sur le canal qui traverse l'organe, et s'ouvrent incontestablement dans son intérieur, de sorte que le conduit qui sort de la masse sphérique est à la fois ovicanal et canal déférent^). Ici l'ovaire est l'organe primordial, indifférent, celui qui engendre la substance du fruit par sa force propre et indépendante; plus loin, l'appareil se divise en un organe femelle , qui reçoit la fécondation , et un organe mâle , qui la donne ; mais l'hermaphrodisme empêche cette scission de devenir complète ; la branche femelle va bien se rendre en ligne droite dans l'organe femelle de copulation , mais elle tient cependant encore au testicule , quoique sous un angle aigu seulement, et dans une direction rétrograde, et comme la branche mâle pénètre dans la substance du testicule , cet organe reçoit une base femelle sur laquelle les canaux mâles sont seulement appliqués.

Dans le Lymnœus paîustris ,| on rencontre de plus un réservoir particulier (2). L'ovaire , produit par un assemblage de vésicules disposées en manière de grappe, est situé au côté interne du foie , et l'oviducte se divise également en deux branches ; à la branche femelle tiennent , et un organe composé de circonvolutions ( utérus, selon Treviranus ) , qui s'ouvre dans son intérieur , et un organe globuleux , semblable au testicule , près duquel il est situé ( glande utérine de Treviranus); celte branche va se rendre aux parties femelles extérieures ; la branche mâle s'ouvre, conjointement avec le testi-

(1) Leue , Diss. de Pleurobranchœa , p. 5.

(2) V. PI. VI , cinquième forme.

cule (glande testiculaire de Treviranus), qui est glanduleux, mou , arrondi , oblong et d'un jaune brun , dans le canal déférent , qui se prolonge en pénis (1). Si nous devons considérer comme un testicule accessoire l'organe que Treviranus appelle glande utérine , ce qui n'est pas encore bien prouvé , l'hermaphrodisme serait poussé ici au point que la branche femelle elle-même recevrait un organe mâle.

2° La seconde forme consiste en ce que l'oviducte tout entier passe dans le testicule.

Cette disposition s'observe , parmi les Ptéropodes , dans le Clio borealis(2), où l'ovaire est une grappe conique , et l'oviducte se plonge dans un testicule arrondi et oblong , à peu de distance de son commencement.

Elle existe aussi , parmi les Nudibranches , dans les Boris et Tritonia. La Boris verrucosa (3) a l'ovaire confondu avec le foie ; son testicule arrondi est composé de deux moitiés , l'une, femelle, située à gauche, brunâtre et dense , reçoit l'oviducte provenant de l'ovaire , et envoie sa continuation à l'organe copulateur femelle ; l'autre , mâle , placée à droite et pelotonnée , contient un liquide jaunâtre , et donne naissance au canal déférent , quï va gagner le pénis (4). Dans la Boris argo (5) , on trouve la même disposition : seulement le canal déférent qui provient de la moitié droite du testicule hermaphrodite , pénètre encore dans un second testicule particulier , allongé , volumineux , blanc et lobé , à l'autre extrémité duquel elle se prolonge en un pénis (6). Dans la Tritonia Hombergii , l'ovaire est une grappe conique , que du tissu cellulaire réunit avec le foie en une seule masse occupant toute la partie postérieure du corps ; l'oviducte , qui décrit de nombreux contours , passe en travers sur le testicule , et se plonge dedans ; le testicule est arrondi, resserré sur lui-même , et paraît composé de deux substances , l'une

(4) Zeitschrift fucr die Physiologie ,t. I, p. 24. (2)V. PL VI, sixième forme.

(3) V. PI. VI, septième forme.

(4) Meckel, Beitrœge , t. I , cah. 2 , p. 41.

(5) V. PI. VI , huitième forme.

(6) Meckel, iMd.,\>, 7.

blanche et l'autre jaune , qui serpentent dans l'intérieur de l'organe.

Quant à ce qui concerne les Mollusques pulmonés , chez le Planorbis corneus , l'ovaire , qui est vésiculeux et à branches courtes , occupe , avec le foie , les tours postérieurs de la coquille , conformément à la figure de laquelle il se contourne en vis sur lui-même; ce testicule a une couleur orangée", un tissu grenu et une surface lisse ; il reçoit , à son extrémité antérieure ou externe , l'oviducte , qui en sort pour aller gagner l'organe copulateur femelle, pendant que le canal déférent qui y tient , et qui est pourvu encore d'une glande oblongue, peut-être d'un second testicule (glande du canal de la verge , selon Treviranus ) , va se rendre au pénis (1). Dans le Limax ater (2) , l'ovaire en grappe et formé de vésicules blanches , est situé à la partie postérieure du corps, entre les lobes postérieurs du foie; l'oviducte s'applique à un testicule arrondi , oblong , lobuleux , et retenu par une membrane , mais reçoit auparavant le canal déférent , par abouchement ; le conduit sémino-ovarien (vagin et utérus de Treviranus) qui résulte de là, est un long canal contourné en tire-bourre , au bord duquel , dans toute sa longueur , règne une glande en forme de bandelette , qui paraît semblable au testicule , qui en est peut-être un second (ligament glanduleux de l'utérus , selon Treviranus) , et qui semble s'ouvrir dans son intérieur par plusieurs conduits excréteurs ; dans ce canal existe une gouttière , qui paraît venir du testicule et servir à l'écoulement du sperme ; à l'endroit où cesse la gouttière , le canal se divise de nouveau en un conduit déférent et un oviducte , qui se rendent séparément à la cavité sexuelle commune (3). V Hélix ne diffère de la Limace que parce que la partie supérieure de l'oviducte , celle qui vient de l'ovaire, se plonge dans le testicule même , et parce que le conduit sémino-ovarien est plus court , ou se partage de meilleure heure en canal déférent et oviducte inférieur (4).

(1) Zeitschrift fuer Physiologie ,\. I, p. 15.

(2) V. PI. VI, neuvième forme.

(3)ioc. ci*., p. 2.

(4) Swammerdam , Bibel der Natur } PI. V, fig. 10.

ÏI. A l'égard des autres classes d'animaux sans vertèbres , on rencontre cet hermaphrodisme dans plusieurs.

3° Il a lieu d'abord dans les Nématodes. Suivant Nordmann (1) , le long oviducte du Distoma perlatum s'abouche dans le testicule droit , par le canal déférent duquel sont expulsés aussi les œufs.

4° Dans les Vers de terre , selon Morren (2) , les quatre paires d'ovaires tiennent aux testicules par des canaux ; les testicules , au reste , deviennent imperceptibles après la fécondation, et disparaissent souvent.

B. Hermaphrodisme anormal.

§ 155. Les Mollusques , notamment les Ptéropodes et les Gastéropodes, paraissent désigner le point de la série animale où l'hermaphrodisme est développé au plus haut degré , et au-delà duquel il s'éteint. On a bien cru voir un hermaphrodisme normal chez quelques animaux vertébrés, mais en cela on s'est trompé. Ainsi Home (3) a prétendu que les Petromyzon et les Myxine étaient hermaphrodites, et que, outre les ovaires , ces Poissons avaient des testicules glanduleux; mais Rathke (4) a trouvé chez eux des individus mâles , et fait voir que les organes auxquels Home avait donné le nom de testicules dans les femelles , étaient de véritables reins. C'est seulement par anomalie et comme rétrogradation vers des formes inférieures, que l'hermaphrodisme se rencontre encore chez les animaux vertébrés et chez l'homme. Mais les êtres chez lesquels il est le plus fréquent et le moins anormal sont les plantes dioïques , qui n'ont point encore de sexualité individuelle arrêtée , le caractère dominant des végétaux étant ou l'absence de toute sexualité , ou l'existence d'une sexualité purement locale. Ainsi l'on rencontre fréquemment quelques fleurs mâles chez les individus femelles d' Urtica dioica , de Mercurialis annua, de Spinacia oleracea , de Cannabis sativa , etc. Chez les

0) Micro r/raphische Beitrœtje , t. I, p. 95.

(2) Do lumbrici terrestris liist. nat. et anatom,, p. ISO.

(3) Philos. 7Wms,1815,p. 265.

(4) Bemerkunycn ueber don inncrn Bail der Pricke , p. 57.

Poissons osseux , les organes génitaux mâles et femelles se ressemblent beaucoup ; la différence des sexes ne se prononce que par de faibles traits dans l'habitude extérieure du corps , et la fonction sexuelle, dans sa portion animale et soumise à la volonté , n'est guère plus qu'une simple excrétion. Aussi est-ce chez eux qu'on voit le plus fréquemment l'hermaphrodisme complet (1). Il est plus rare chez les Mammifères et dans l'espèce humaine , où la plupart du temps il se borne à la sphère externe des organes génitaux Chez les Insectes et les Oiseaux, l'être tout entier est pour ainsi dire pénétré ou imbu de sexualité , qui détermine l'habitude générale du corps et le genre de vie ; jamais encore on n'a reconnu formellement d'hermaphrodisme complet chez ces animaux1, qui n'en ont offert de traces que dans leurs formes extérieures.

I. Le plus haut degré de l'hermaphrodisme anormal est la coexistence des testicules et des ovaires , qui représente de la manière la plus complète l'indifférence sexuelle absolue.

1° Au premier rang se place la coexistence de deux testicules et de deux ovaires, qui a été observée par Hunter dans des Anes (2) et des bêtes à cornes (3) , par Laumonier (4) et autres (5) dans l'espèce humaine. 1

2° Ailleurs, il y a un ovaire d'un côté et un testicule de l'autre. Ces deux organes peuvent avoir leur situation normale , ou en occuper une autre ; par exemple , le testicule se trouver à la région lombaire et l'ovaire à l'anneau inguinal (6). Rudolphi (7) , Verdier et Pinel ont trouvé le testicule à droite et l'ovaire à gauche ; Maret et Sue , le testicule à gauche et l'ovaire à droite.

Page 1