II. L'anomalie est moins considérable quand elle ne porte
(1) Meckel , Traité gén. d'anat. conip., t. I, p. 590.
(2) Observations on certain parts of the animal œconomy , p. 48.
(3) Ibid., p. 52.
(4) Dict. des se. méd. , t. XXI , p. 111.
(5) Burdach , Anatomische Untersuchunyen , p. 39 et 62. — Meckel, dans Reil , Archiv fuer die Physiologie , t. XI , p. 328.
(6) Burdach, loc. cit., p. 39 el63.
(7) Froviep , Notisen , t. X, p. 105.
que sur la sphère médiane, cas dans lequel l'un des sexes prédomine, quoique obscurci par la présence de l'autre.
3° Dans la gynandrie de ce degré , il y a des testicules ; mais les vésicules séminales sont transformées en une matrice (1).
4° Dans l'androgynie qui s'y rapporte , les ovaires sont unis avec les canaux déférens et les vésicules séminales (2).
III. A un troisième degré , l'anomalie n'intéresse que la sphère externe des organes génitaux.
5° Dans la gynandrie , le pénis est sans urètre (3), ou creusé d'une simple gouttière (4) ; ou bien [une cavité en cul-de-sac s'est formée par la scission soit du périnée, soit du scrotum (5); ou bien enfin il y a tantôt simple cryptorchidisme (6) , tantôt développement, comme chez la femme, du mont de Vénus (7) ou des mamelles (8).
6° Dans l'androgynie, le clitoris est pourvu d'un urètre (9), ou le vagin s'ouvre dans ce dernier canal (10) , ou il est rétréci (11), ou enfin le clitoris a un volume extraordinaire (12).
7° Qu'il nous soit permis de présenter encore , en manière d'appendice , une hypothèse sur les Moules dont nous avons déjà parlé précédemment (§ 68, 1°) , et qui contiennent
(1) Burdach, Anatnmische Untersuchungen, p. 37 et 59-62. — Reil, Archiv , t. XI , p. 349. — Laumonier , dans Dict. des se. méd., t. XXI, p. 111. (2)Hunter, loc. cit., p. 54.
(3) Burdach , loc. cit., p. 32-37, 48-59. —Reil , Archiv , t. XI , p. 312.
(4) Burdach, loc. cit., p. 32et47. — Reil, Archiv, t. XI, p. 310.
(5) Burdach , loc. cit., p. 31 et 46.— Reil, Archiv , t. XI, p. 309. — Morelli, dans Zeitschrift fiier Physiologie, t. VII, p. 231. — Nœgele, ibid., t. V, p. 136. — Isid. Geoffroy Saint-Hilahe , Histoire des anomalies de l'organisation , t. II , p. 71. g
(6) Burdach, loc. cit., p. 31 et 45.
(7) Reil , Archiv , t. XI , p. 308.
(8) Ibid., p. 307.
(9) Burdach , loc. cit., p. 40 et 62.
(10) Ibid., p. M, 63 et 69. — Fournier , dans Dict. des se. méd,, t. IV, p. 165.
(11) Burdach , loc. cit., p. 44 et 70. —Reil , Archiv , t. XI, p. 291.
(12) Burdach , loc. cit., p. 43 et 69. —Reil , Archiv, t. XI, p. 292. — Hardy, dans Dict. des se. méd., t. IV, p. 164. — Béclard , dans Isidore Geoffroy Saint-Hilahe , Histoire des anomalies, Paris 1836, t. II , p. 102.
un liquide analogue au sperme. Des observations faites par Buër sur ces animaux (1) , il résulte :
a. Que chez eux il n'y a point d'hermaphrodisme relatif au temps (§ 148), car les individus qui contiennent ce liquide ne sont ni plus jeunes ni moins développés que ceux qui portent des œufs.
b. Qu'on ne peut point admettre non plus d'hermaphrodisme relatif à l'espace (§ 150) ; car, chez certains individus , une partie de l'ovaire contient des œufs, même complètement développés, tandis que l'autre renferme, dans des conduits spéciaux, la liqueur laiteuse, avec desSpermatozoaires. Mais, bien plus fréquemment , les deux produits sont répartis sur des individus différens , et de telle manière que ceux chez lesquels on trouve des œufs se distinguent déjà extérieurement par la brièveté et la largeur de leur corps, ceux au contraire qui contiennent le liquide lactescent par l'allongement plus considérable de ce même corps. D'après cela, il est impossible d'admettre que l'animal se féconde lui-même.
c. Il ne peut pas non plus y avoir ici de véritable sexualité individuelle ; car ces animaux n'ont point d'organes mâles extérieurs. Les orifices des oviductes ne peuvent également point absorber le sperme dans l'eau ; car ils traversent la peau du ventre d'une manière oblique. Les œufs occupent un lieu où Feau ne parvient qu'avec difficulté, et ils commencent déjà à se développer dans la profondeur de l'ovaire.
D'après tout cela, les Moules pourvues de sperme paraissent n'avoir pas la moindre aptitude à engendrer , et être des hermaphrodites anormaux, c'est-à-dire stériles. Elles nous fourniraient donc un exemple d'apparition , dans une classe d'animaux 'monogènes femelles, d'individus offrant des traces inutiles de masculinité , annoncées par la formation du sperme et la configuration générale. Le sperme se formerait sans testicules (§ 68, 1°), dans les ovaires, de même que, chez d'autres Mollusques , on trouve des Spermatozoaires dans le liquide de ce dernier organe (§ 153 , 5° ); mais, semblable aux filamens confervoïdes dans les fausses anthères (§ 68, 2°),
(1) Froriep , Notizen, t. XII.