I. Phénomènes précurseurs
Dans les derniers mois de la grossesse , la pression que l'utérus exerce sur le col de la vessie et le rectum provoque des envies fréquentes d'uriner et d'aller à la garde-robe; il y a quelquefois dysurie, strangurie même, ténesme. La circulation devient plus gênée dans les parties inférieures du corps , les vaisseaux hémorroïdaux se gonflent, il survient souvent de l'œdème, des varices , aux membres pelviens. Les articulations du bassin se ramollissent, et acquièrent plus de mobilité ; la marche devient incertaine, vacillante, pénible, ou même impossible.
Quelques jours avant celui où l'accouchement doit avoir lieu , l'utérus, qui s'élevait jusqu'à la région épigastrique , s'abaisse d'une manière sensible , et semble s'élargir un peu : le ventre tombe, et s'affaisse sensiblement. Cet effet tient à ce que la tête du. fœtus, enveloppée du col , pénètre ordinairement dans le détroit abdominal ,. quelquefois même dans l'excavation pelvienne, en sorte que le fond de l'organe doit baisser d'autant que sa portion inférieure est descendue. De là résulte que le diaphragme, les viscères de la poitrine et ceux du bas-ventre , étant moins comprimés, la respiration , la circulation et la digestion deviennent plus libres et plus faciles. La femme éprouve moins de nausées, de vomissemens, d'appétits bizarres; elle se sent plus gaie, plus alerte. Les parties génitales externes se
boursouflent, s'humectent ; un liquide glaireux plus ou moins abondant s'écoule par la vulve.