‹ Traitâe pratique des accouchemens (volume 2)Chapitre 34 sur 88 · BRIÈVETÉ ET ENTORTILLEMENT DU CORDON OMBILICAL · texte numérisé non relu

BRIÈVETÉ ET ENTORTILLEMENT DU CORDON OMBILICAL

La brièveté absolue ou naturelle du cordon ombilical , dont on connaît plusieurs exemples bien authentiques , doit nécessairement , lorsqu'elle est trop considérable, mettre obstacle à l'accouchement. Elle peut exposer la mère à des accidens et mettre la vie du fœtus en danger. Mais, l'art ne possédant aucun moyen de la reconnaître d'avance, elle ne saurait jamais être une source d'indications.

On en doit dire autant de la brièveté relative ou accidentelle du cordon ? qui tient à son entortillement au-

tour du corps du fœtus. De quelque sagacité que l'accoucheur soit doué , il lui est impossible, avant que la tête ou toute autre partie ait franchi les organes externes de la génération , de savoir si cette particularité a lieu ou non. Mais , après la sortie partielle du fœtus , il se présente des indications spéciales à remplir.

Quand le fœtus arrive avec le cordon roulé autour du cou, les uns veulent qu'on abandonne le reste du travail aux seuls efforts de la nature ; les autres prescrivent d'allonger l'anse par de légères tractions et de la faire passer par-dessus la tête.

Le premier de ces préceptes ne doit pas être suivi. Pendant long-temps nous avons cru que l'entortillement du cordon n'était pas une circonstance capable de compromettre l'existence du fœtus, parce qu'en effet nous n'en avions jamais vu résulter d'accident , bien qu'à la vérité nous cherchassions toujours à y porter remède. Mais voici un fait dont nous fûmes témoin , et qui nous prouva qu'il faut agir. Une femme était à son troisième enfant, et les douleurs marchaient avec rapidité. En notre absence , on avait appelé un médecin du voisinage, étranger aux accouchemens, qui laissa les choses aller d'elles-mêmes, bien qu'il vît le cordon roulé autour du cou; le travail fut terminé en quelques minutes; l'enfant était mort; nos soins les plus empressés ne purent le ranimer, quoique nous fussions arrivé au moment même où il franchissait la vulve.

Si le cordon ne décrit qu'une circulaire autour de l'enfant , on cherche à allonger l'anse , et à la faire glisser de la région postérieure du corps sur l'antérieure. Echoue-t-on , il ne faut pas s'obstiner à tirer sur le cordon , car on pourrait le rompre , ou déchirer soit

l'ombilic, soit le placenta , ce qui entraînerait les plus graves inconvéniens. Ce qu'il y a de mieux à faire alors , c'est de le couper , de froisser le bout qui tient au fœtus , pour empêcher l'hémorrhagie , et de termiminer le plus promptement possible l'accouchement , en portant dans la vulve, le long de la partie postérieure du fœtus , vers le creux du bras correspondant à la concavité du sacrum de la mère , deux doigts dont on se sert en manière de crochet.

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