SECTION III
La délivrance est l'expulsion des annexes du fœtus , c'est-à-dire de tous les organes temporaires qui sont indispensables à ce dernier pendant le cours de la vie intra-utérine, et dont il se sépare au moment de sa naissance. Ainsi, elle comprend la sortie du placenta , des différentes membranes et du cordon ombilical. L'ensemble de toutes ces parties constitue une masse à laquelle on donne les noms ft arrière-faix , délivre ou secondines.
Dans le monde, on pense généralement que l'intervention de l'accoucheur est indispensable pour opérer la délivrance. Cette opinion repose sur celle , autrefois accréditée , qui faisait considérer le fœtus comme l'unique agent de sa venue au monde. En partant de ce faux principe , on disait que l'enfant peut bien naître seul , parce qu'il a l'énergie nécessaire pour rompre les entraves qui le retiennent, mais que le délivre, dépourvu de vie et d'action , resterait indéfiniment dans l'utérus, si une main secourable ne venait l'en extraire; c'est là une erreur qu'on doit combattre. 11 en est de la délivrance comme de l'accouchement : l'expulsion de l'arrière-faix s'accomplit de la même manière et par les mêmes moyens que celle du fœtus ; on peut donc voir en elle un sorte d'accouchement en petit , ou plutôt le complément de l'accouchement. Comme celui-ci , tantôt elle peut être confiée aux seuls efforts de la nature,
400 TRAITÉ D1ÏS ACCOUCHEMENS.
et tantôt elle exige que l'art intervienne. Pour bien déterminer ces deux cas , il est nécessaire d'étudier les phénomènes qui surviennent dans la délivrance naturelle.