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plectique , et qui devient une véritable apoplexie , lorsque le sang s'épanche à la surface des méninges ou dans l'intérieur même de la substance cérébrale. L'enfant qui vient ainsi au monde a la surface du corps , la face surtout , d'une teinte livide, violette, ou plutôt bleu noirâtre; ses membres sont flexibles, mais sans ressort; son corps conserve de la chaleur, et lespulsatiops, tant du cordon que du cœur, n'ont plus lieu que dune manière obscure ou insensible. La première indication, la plus pressante, est de faire cesser l'engouement du cerveau. On y parvient en coupant promptement le cordon , et laissant couler une petite quantité de sang. Si la respiration ne s'établissait pas sur-le-champ, on porterait le doigt dans l'arrière-bouche , pour enlever les mucosités qui pourraient s'y trouver. Ces moyens ne suffisant pas encore, et le cordon ne donnant plus de sang , ou n'en fournissant pas assez , on y pratiquerait une nouvelle section un peu plus haut ; on plongerait l'enfant dans un bain tiède , on le frictionnerait avec de l'eau acidulée. Dès que la respiration entre enjeu, on arrête le sang; la teinte violacée des tégumens disparaît peu à peu, faisant place à une couleur rosée, qui se manifeste d'abord sur les lèvres , puis sur les joues et sur le reste du corps.
Dans l'asphyxie des nouveaux-nés , la peau est d'une pâleur extrême, les chairs sont molles et flasques , la chaleur du corps est diminuée , les battemens du cœur persistent, la respiration ne s'accomplit pas, bien qu'on aperçoive quelquefois des efforts tendant à l'établir. Cet état a lieu chez les enfans d'une complexion débile, à la suite d'un accouchement laborieux et d'un travail lent, dans lequel les contractions , sans être assez énergiques n. 29
pour déterminer l'expulsion du fœtus , ont cependant suffi pour changer les rapports entre l'utérus et le placenta , de manière que l'enfant , continuant de donner du sang sans en recevoir de nouveau , s'affaiblit proportionnellement à la durée de ces conditions anormales. On peut apprécier d'après cela la valeur du précepte donné par quelques praticiens, qui veulent qu'on ne coupe pas le cordon, sous prétexte que le sang de la mère pourra rappeler l'enfant à la vie. Il faut , au contraire , opérer de suite cette section et la ligature , si l'on ne veut pas qu'il continue de s'affaiblir. On lui débarrasse la bouche des mucosités qui peuvent y être contenues ; on le frictionne avec la main ou une flanelle sèche; on lui percute légèrement les épaules et les fesses ; on le tient exposé devant un feu clair; on le plonge dans un bain d'eau chaude , mêlée avec du vin ou de l'eau-de-vie. 11 peut être utile de titiller les narines avec une barbe de plume imbibée de vinaigre ou de jus de citron ; mais il faut bien se garder de recourir à l'ammoniaque , qui exercerait une action cautérisante sur la membrane muqueuse nasale; nous avons vu un enfant périr d'une espèce de faux croup que ce moyen irrationnel avait provoqué. Les lavemens de fumée ou de décoction de tabac sont peu efficaces. L'insufflation pulmonaire a souvent réussi ; seulement on doit la pratiquer avec ménagement , dans la crainte d'occasionner la rupture des extrémités de l'arbre bronchique, qui entraînerait l'emphysème du poumon et la mort.
Lorsqu'une fois la respiration est établie chez l'enfant , la circulation commence à prendre chez lui la nouvelle route qu'elle continue de suivre chez l'adulte.
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La ligature du cordon serait donc inutile si la respiration se faisait toujours bien. Mais cette fonction peut être troublée, suspendue , par des douleurs qu'éprouve l'enfant, par une compression de la poitrine , ou par toute autre cause; il pourrait aussi se faire alors que la circulation vînt à se rétablir telle qu'elle a lieu dans l'utérus, et qu'une hémorrhagie se manifestât, ce dont on possède effectivement quelques exemples. La prudence commande donc de lier le cordon.
Pour pratiquer cette ligature, on emploie, non pas un simple fil , qui pourrait couper le cordon , mais un ruban étroit ou un cordonnet préparé avec quelques brins de gros fil ciré. On la place à deux pouces de l'ombilic , et on la serre assez pour oblitérer les vaisseaux , sans couper leurs parois. Si le cordon était fort épais , gras , comme on dit , une seule ligature ne suffirait pas; le reflux ou l'évaporation de la gélatine de Warthon , la relâcherait bientôt au point de permettre aux vaisseaux de reprendre leur calibre , et une hémorrhagie deviendrait possible. On doit alors faire quelques mouchetures sur le cordon , et l'entourer de deux ligatures placées à une certaine distance l'une de l'autre. Il faut aussi que le lien ne porte pas sur la peau , quand celle-ci se prolonge sur le cordon, car il en résulterait de la douleur pour l'enfant, et une inflammation ulcérative dont la guérison pourrait offrir des difficultés. Le public croit que la saillie ou la rentrée de l'ombilic dépend de la manière dont le cordon a été coupé ; c'est une erreur. Le cordon se sépare toujours en un point déterminé- d'avance, et l'on peut prévoir quelle forme aura le nombril d'après la manière dont les tégumens de l'abdomen se comportent à l'égard du cordon ; si la
peau se prolonge sur ce dernier, l'ombilic fera saillie; il sera rentrant , au contraire, si c'est le cordon qui s'étend sur le ventre.
Le cordon étant lié , on s'occupe de nettoyer l'enfant, dont le corps est souillé de mucosités , de sang et d'enduit sébacé.
Si on laissait subsister l'enduit sébacé, il pourrait contracter des qualités irritantes, et devenir cause d'érysipèles. On doit donc l'enlever ; mais il n'est pas miscible à l'eau. La plupart des garde-malades se contentent de frictions avec un linge sec , qui ne le détachent jamais complètement. On le fait disparaître d'une manière à la fois expéditive et facile , en frottant le corps' de l'enfant avec de l'huile ou du beurre frais, et l'essuyant ensuite doucement avec un linge chaud, surtout aux aisselles , aux plis des aines et aux grandes lèvres chez les petites filles.
Lorsque cet enduit est enlevé , on plonge l'enfant dans un bain d'eau pure ou mêlée avec du vin , dont la température soit à vingt-cinq degrés environ. Les bains froids doivent être proscrits ; car, sans compter bien d'autres inconvéniens , ils pourraient donner lieu à l'induration du tissu cellulaire. On doit aussi s'abstenir des lotions avec le vin pur, et surtout avec l'eau-devie. Le vin , en irritant la peau , détermine qwelquefois l'apparition de petits boutons, qui se terminent par la suppuration , et même entraînent la mort , ainsi que Baudelocque en cite un exemple. De tels accidens sont rares sans doute ; mais le praticien doit savoir qu'ils sont possibles.
L'enfant bien nettoyé et bien essuyé doit être emmaillotté; mais , auparavant, il faut mettre le bout du
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cordon ombilical à l'abri des tirai llemens. On l'entoure d'un carré de linge fin percé , à son centre, d'un trou assez grand pour lui livrer passage, on le place sur la partie supérieure gauche de l'abdomen , à cause de l'affaissement que le foie doit éprouver, et on recouvre le tout d'une seconde compresse maintenue par une bande qui fait deux fois le tour du corps, en le serrant médiocrement. La portion libre du cordon ne tarde pas à se dessécher ; une ligne de démarcation s'établit, vers l'ombilic, entre la gaine et la peau du ventre , et il survient une inflammation ulcérative circulaire, qui détruit peu à peu les connexions avec le corps de l'enfant. Quand le cordon est gras , il ne se dessèche pas , mais laisse échapper un liquide acre et irritant , qui fait quelquefois naître une phlegmasie érysipélateuse. La chute a lieu ordinairement le quatrième ou le cinquième jour, et presque toujours la cicatrisation est complète trente-six heures après. Cependant, chez certains sujets, il reste un léger suintement, qu'on a vu se prolonger jusqu'à six semaines ou deux mois. Chez d'autres , à la chute du cordon, on découvre des fongosités qui fournissent un peu de pus. Si ces bourgeons ne s'affaissent pas bientôt d'eux-mêmes, on cherche à les réprimer par des lotions avec du vin sucré, ou en les saupoudrant de sucre candi. A.u besoin, on les détruirait en les liant avec un fil de soie.
Après la chute du cordon , le bandage doit être maintenu pendant cinq à six semaines. Si l'on ne soutenait pas la ceinture , on courrait le risque de voir survenir une hernie ombilicale. Les enfans nouveaunés sont d'autant plus exposés à cet accident que leur cordon avait plus de volume , et par conséquent l'an-
neau plus de largeur. Cependant il ne tient pas toujours à ce qu'on a négligé de faire porter assez longtemps le bandage. Dans certains cas, qui ne sont pas très rares , il dépend d'un véritable vice de conformation. On a vu de ces hernies ombilicales congéniales qui avaient un volume énorme, au point de contenir une partie des viscères abdominaux , et jusqu'au foie lui-même. Mais ordinairement elles ont des dimensions bien moindres , et c'est à peine si une petite anse intestinale peut venir s'y loger. Voici le procédé que depuis long-temps nous employons avec succès pour en obtenir la guérison; nous faisons des sachets carrés d'un pouce à quinze lignes de diamètre, nous les emplissons d'écorce de chêne et de quinquina , nous les trempons ensuite dans du vin , et nous les appliquons sur l'ombilic , les maintenant à l'aide d'un bandage ordinaire. Nous n'avons vu aucune hernie ombilicale résister plus de deux mois à ce moyen. Les pansemens doivent être renouvelés deux ou trois fois par jour , et quand les sachets ont servi pendant cinq à six jours, on les remplace par d'autres.
C'est moins la convenance que l'usage que l'on consulte pour l'emmaillottement de l'enfant qui vient de naître. Chaque peuple, chaque classe de la société a son mode particulier. Cependant il est bon de signaler les incouvéniens de quelques méthodes, et de dire ce qu'il convient de faire. On couvre d'abord la tête d'une calotte en flanelle , par-dessus laquelle on pose un bonnet , puis on passe une chemise et une petite brassière de laine , qu'on fixe par-derrière avec des épingles , et l'on enveloppe le corps d'une couche et d'un lange piqué ou en laine. Les nouveaux-nés développant peu de
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chaleur , il faut leur en communiquer ; car autrement ils seraient exposés à des coliques et à des péritonites mortelles. Les langes sont serrés à la poitrine avec des cordons ou des épingles, et le bas en est relevé pardessus les jambes. Un petit fichu entoure le cou. Après cette méthode, qui est celle qu'on suit généralement en France, nous aimerions encore celle des Anglais et des Américains , qui enveloppent seulement leurs enfans d'une longue robe ou d'une espèce de sac en flanelle ; mais ils laissent le haut de la poitrine et les bras nus, ce qui peut donner lieu à des bronchites et à des pneumonies , maladies toujours graves chez les nouveaux-nés. A l'égard du maillot , l'important est qu'il ne comprime pas la poitrine au point de gêner la respiration ; il doit être assez peu serré pour tomber de lui-même aux pieds quand on soulève l'enfant. A plus forte raison, faut- il proscrire les bandes étroitement serrées, dont on l'entoure encore dans certaines provinces, afin de le consolider et de pouvoir même , en cas de besoin , l'accrocher à la muraille , comme il est d'usage , par exemple , dans l'ancienne Normandie.
Tous ces détails demeurent la plupart du temps étrangers à l'accoucheur ; mais il n'en doit pas moins les connaître , étant souvent appelé à diriger les gardemalades , et pouvant même se trouver placé dans des circonstances qui l'obligent de s'en charger.
Lorsque l'enfant doit être allaité par sa mère , il faut que celle-ci lui présente le sein aussitôt qu'elle est reposée, quatre, cinq ou six heures après l'accouchement. Quelques femmes manifestent déjà au bout de deux heures le désir de le faire , ce qui peut leur être accordé , si elles sont d'une complexion robuste. Quant
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à la question elle-même de nourrir , les considérations de santé sont les seules que le praticien ait à examiner.
Les femmes atteintes de tubercules, ou même seulement appartenant à une famille dans laquelle on compte plusieurs phthisiques, ne doivent pas nourrir. L expérience nous a démontré que l'allaitement détermine ou accélère la fonte de ces productions morbides, avec lesquelles on peut, en évitant toute excitation forte , fournir encore une carrière assez longue. Les mamelles de la femme qui nourrit deviennent le centre dune fluxion dont le mouvement se propage bientôt aux poumons, et amène la catastrophe qui , sans cela , eût pu être évitée , ou du moins retardée. Nous avons connu des sœurs tuberculeuses dont celles qui avaient voulu nourrir ont succombé , tandis que celles auxquelles nous étions parvenu à faire abandonner ce projet ont vécu long-temps , et sont même devenues mères plusieurs fois. Les femmes qui digèrent habituellement mal, ou qui sont sujettes aux flux de ventre, ne doivent pas non plus allaiter; ayant déjà beaucoup de peine à réparer leurs propres pertes, elles ne pourraient suffire au surcroît de consommation qu'entraîne la nourriture d'un enfant.
On est assez généralement dans l'opinion que les enfans allaités par leur mère n'ont pas besoin d'être purgés, mais que ce secours est nécessaire aux autres. Les purgatifs doivent, dit-on, suppléer le premier lait de la femme , le colostrum , auquel , parce qu'il est plus riche en matière butyreuse, on attribue de rendre l'expulsion du méconium plus facile. Autrefois surtout, un enfant n'était jamais confié à une nourrice étran-
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gère, sans qu'on commençât parlai administrer du sirop de chicorée , mêlé avec de l'huile d'amandes douces ou de l'eau , et l'on prétendait le garantir par là de l'iclère. Nous blâmons hautement cet usage. Le sirop nous paraît plus propre à faire naître qu'à prévenir l'ictère, par l'irritation qu'il détermine à l'estomac, aux intestins et au foie. Les accidens qui surviennent chez les enfans que leur mère ne peut allaiter elle-même, viennent fréquemment de ce que la nécessité d'attendre la nourrice fait qu'ils restent trop longtemps sans téter ; cette abstinence prolongée devient une cause de souffrance pour leur canal digestif, et le lait dont ensuite ils se gorgent avec avidité leur occasionne des indigestions dont les suites peuvent être plus ou moins graves.
Le lait des animaux est préféré par quelques personnes à celui d'une femme étrangère. C'est une erreur. Le lait d'un animal quelconque convient toujours moins à l'enfant que celui d'un être de son espèce. On n'y doit avoir recours que pour les enfans atteints de la syphilis, dont ils infecteraient la nourrice à laquelle on les confierait, et alors le mieux est de le faire prendre au pis même , en accordant la préférence à la chèvre, qui, sous tous les rapports, présente plus de commodité qu'aucun autre animal* Les avantages de cette lactation directe sont grands. L'enfant prend un lait dont la température égale la sienne propre , et qui par conséquent ne l'expose pas à des coliques , comme celui qu'on lui présente de toute autre manière, et dont le degré de chaleur ne peut que très difficilement être toujours le même; mais surtout il est obligé de le téter, c'est-à-dire de l'aspirer à l'aide d'un mou-
vement actif de ses muscles masticateurs qui stimule les glandes salivaires; or, la salive exerce sur le lait la même influence que sur les autres alimens, elle contribue à en rendre l'assimilation plus facile, car l'insalivation n'est en réalité qu'un premier degré de la digestion.
Quoique la méthode de faire téter l'enfant ait d'incontestables avantages, les circonstances ne permettent pas toujours de l'employer. Alors on a recours au petit pot et au biberon.
De ces deux modes , le biberon est bien supérieur à l'autre , puisque c'est celui qui se rapproche le plus de l'allaitement naturel. Il consiste à mettre le lait dans une fiole, et à le faire téter au moyen d'un mamelon artificiel en linge , en ivoire ou en tétine de vache. Une éponge couverte de batiste ou de mousseline n'a point les mêmes avantages que le mamelon artificiel; si elle est trop serrée , son peu de perméabilité oblige l'enfant à des efforts qui le fatiguent ; si elle ne l'est point assez, l'enfant ne tette plus , il boit, et l'on tombe dans les inconvéniens du petit pot.
Ce dernier mode est le plus défectueux de tous, surtout quand la mère ne s'en charge pas elle-même , et qu'on l'abandonne à des mains mercenaires. D'un côté, il est rare qu'on donne toujours le lait en même quantité , atfmême degré de consistance, à la même température. D'un autre côté, l'enfant qui ne fait que boire, n'insalive pas le liquide, dont la digestion devient plus difficile. De là des irritations gastro-intestinales, qui amènent le marasme et la mort. Il a fallu renoncer au petit pot dans les établissemens publics de charité, où il élevait la mortalité à un chiffre effrayant. On a calculé
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que, sur dix enfans soumis à ce mode d'alimentation , sept périssent , tandis qu'on en élève plus de la moitié quand on a recours au biberon ou à une nourrice, et plus de sept dans le sein même de la famille.
Le choix d'une nourrice n'est pas chose indifférente, car la santé de cette femme peut exercer de l'influence sur l'enfant qu'on va lui confier. Il faut rejeter les nourrices issues de parens plithisiques, celles dans les familles desquelles les dartres, les scrofules sont héréditaires, et à plus- forte raison celles qui portent ellesmêmes des traces évidentes de ces états morbides, de ces dyscrasies. Une bonne nourrice doit avoir la poitrine large , la respiration facile , et un embonpoint médiocre. Trop grasse , elle ne fournit qu'un lait séreux , l'organisme s'appropriant chez elle la presque totalité des matériaux fournis par l'assimilation. Trop maigre, elle peut, à la vérité, nourrir, et même très bien, mais toujours à son détriment. Il faut qu'elle ait de bonnes dents, car une femme qui mâche bien digère bien aussi, et son lait a de bonnes qualités; d'ailleurs , de mauvaises dents communiquent à l'haleine une odeur fétide, qui peut nuire à l'enfant. Les seins doivent être volumineux, durs, mobiles, et parsemés de veines bleuâtres, les mamelons saillans, érectiles et environnés de petits tubercules. En pressant avec le doigt, le lait doit sortir par un grand nombre de trous; s'il ne s'échappe que par quatre ou cinq, la nourrice est mauvaise. Il faut que ce liquide soit abondant et d'un blanc mat , ou d'une teinte légèrement bleuâtre en masse. Une goutte de bon lait , placée sur l'ongle , y adhère , et quand on incline le doigt, coule en faisant queue; si elle tombe en nappe, c'est une
preuve que le lait n'a point assez de consistance. Quant aux caractères qu'on a voulu tirer , dans ces derniers» temps, de l'inspection microscopique, nous pensons qu'ils ne peuvent être invoqués qu'à titre d'auxiliaire, et qu'on ne doit pas leur accorder une confiance absolue.
Pour associer les alimens au lait , il n'y a point de règles fixes. Nous commençons à donner des alimens quand la mère ou la nourrice se sent fatiguée, ou quand, malgré l'abondance du lait, l'enfant ne prend point un accroissement uniforme, c'est-à-dire reste stationnaire après avoir grandi. L'époque varie donc, suivant un grand nombre de circonstances , depuis six semaines jusqu'à quatre mois; mais jamais nous ne dépassons ce dernier terme. Afin de suivre une marche analogue à celle de la nature, qui ne fait rien par saccades, nous prescrivons d'abord l'aliment qui a le plus d'analogie avec le lait de la femme , celui des animaux. Certains enfans ne parviennent point à le digérer : il faut alors le mitiger en y ajoutant un tiers d'une légère décoction de gruau, mélange dont on fait prendre une tasse matin et soir. On laisse l'enfanta ce régime pendant un mois ; puis on en vient au petit pot , ensuite à la crème de riz bien claire, aux panades sucrées ou salées , dont on augmente progressivement la quantité. La bouillie est un aliment indigeste, qu'il faut proscrire , à moins qu'elle n'ait été faite avec de la farine légèrement torréfiée. L'estomac ressemble à tous les autres organes ; il a besoin d'éducation. Les substances qu'on lui confie doivent donc être graduées sous le rapport et de leur nature et de leur quantité; on doit en outre les varier, pour découvrir celles dont il s'accommode le mieux.
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Il ne supporte les potages au gras qu'après avoir acquis déjà un certain degré de force. Ou commence, vers trois à quatre mois , par un de ces potages et deux au lait , puis peu à peu on ne donne qu'un seul de ceuxci et deux des premiers ; de cette manière , on arrive graduellement au sevrage. Dans l'ordre naturel , il faudrait attendre la première dentition pour sevrer l'enfant; mais les usages ne le permettent point, et c'est pour cela qu'on est obligé de commencer à donner des alimens avant de cesser la lactation , car un enfant qui n'aurait fait que téter serait difficile à sevrer, même à dix-huit mois , tandis que les autres peuvent l'être à huit ou dix. Au reste, jamais il ne faut opérer brusquement le sevrage; en négligeant cette importante précaution, on suscite des maladies inflammatoires, trop souvent ensuite mises sur le compte de la dentition, qui en est bien innocente.