‹ Traitâe pratique des accouchemensChapitre 37 sur 69 · Quelquefois on rencontre à la surface interne · texte numérisé non relu

Quelquefois on rencontre à la surface interne

(1) Bulletins de la Faculté, tome V, page 4nG.

(2) De sedibus et causis inorborum, epislola, 67, p. 52», \t, l\, Lovanilf 1767,iii-4».

(») Cours d'aceouchiment , tome I, page SO. Paris, 1778.

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de l'utérus, une ou deux crêtes médianes saillantes, véritables ébauches d'une cloison incomplète. Chez quel-» ques femmes l'utérus est divisé en deux, cavités égales ou inégales , par une simple cloison. Morgagni (I) attribue à François Antoine Catti, anatomiste napolitain qui vivait en 1557, l'honneur d'avoir décrit le premier ce vice de conformation. Ordinairement la cloison ne s'étend pas au-delà de la cavité de l'utérus ; en 1824, M. West a présenté à l'Académie un fait de cette nature, qu'il avait recueilli à la Maternité sur une femme morte peu de temps après l'accouchement. Nous avons eu nousmême occasion de rencontrer deux faits analogues dans le même établissement.

Il peut arriver aussi que la cloison se prolonge dans l'intérieur du vagin jusqu'aux parties externes de la génération. Eisenman a décrit et fait graver (2) l'utérus d'une fille de neuf ans, divisé par une cloison médiane; cet utérus était pourvu de deux cols qui s'ouvraient chacun dans un vagin , l'un droit , l'autre gauche j chaque vagin avait sa membrane hymen et était hérissé intérieurement de rides, comme on en trouve dans les vagins bien conformés. 11 n'existait qu'une trompe, un ovaire et une artère ovarique pour chaque moitié d'utérus. Dans quelques circonstances , l'inspection extérieure de l'organe ne peut faire soupçonner le vice de conformation qui nous occupe. D'autres fois une dépression plus ou moins marquée annonce la présence de la cloison; lorsque cette dépression s'étend

(1) Ep'Stola anatomlca (ertia, ç.iO, §i i,\.om. I.

(2) Tabulai analomicœ, Georg. Henr, Eisenmani, Argentorati^ 17ttl »

in-fol. avec figures.

jusqu'au fond de l'utérus, elle lui donne la forme d'un cœur de carte à jouer. Enfin, dans d'autres cas, cette dépression étant plus profonde, divise l'utérus en deux parties distinctes, et le rapproche, pour la disposition, de celle qu'il présente dans quelques espèces animales , telles que les rongeurs, les carnassiers. On désigne l'utérus ainsi conformé , sous les noms de bifide , biloculaire, bilobé. Chaque moitié d'utérus est apte, dans quelques cas , à remplir les fonctions d'un utérus ^ entier.

I ■{■ ■ 266. La nommée B***, parvenue au septième mois X,/ d'une première grossesse, fut reçue à l'hôpital de la Maternité le 19 décembre 1831. Les douleurs de l'enfantement se manifestèrent le 13 janvier 1832, à onze heures du soir. L'examen fit reconnaître une obliquité latérale gauche de l'utérus très prononcée; l'orifice était souple, mince, et dilaté d'environ douze lignes; les membranes étaient rompues; la tête se présentait , mais elle était inaccessible au doigt explorateur.

La dilatation ne fut complète qu'après quinze heures de travail; pendant ce temps, la tête resta au-dessus du-détroit abdominal. L'élève de service crut reconnaîtrmme présentation de l'épaule. Frappée de cette idée, elle fit toucher la malade à plusieurs de ses compagnes; quelques unes furent de son avis, d'autres pensèrent que le travail n'était pas commencé. Cette divergence d'opinions et l'espoir de voir opérer une version, détermitièrent une trentaine d'élèves à rester près de la malade. La vue d'un si grand nombre de personnes, les touchers réitérés , quelques paroles imprudentes échappées aux assistantes, produisirent une impression fâ-i cheuse sur cette femme, qui fut prise de convulsionsl

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Ces accidens se calmèrent par les soins de la sage-femme en chef, madame Legrand. La tête du fœtus franchit le col, mais après un séjour de cinq heures dans le vagin , on fut obligé de terminer l'accouchement par l'application du forceps. L'enfant , du sexe masculin et du poids de sept livres, était vivant. La délivrance fut naturelle et les suites des couches heureuses.

Cette femme entra de nouveau à l'hôpital le 2 janvier 1833, enceinte de huit mois. Le 4, elle ressentit les premières douleurs. La tête , d'abord en quatrième position de Baudelocque, se réduisit en deuxième pendant le travail. L'accouchement se termina naturellement le lendemain matin. L'enfant, du sexe féminin, faible, du poids de quatre livres, au terme de huit mois, mourut peu de temps après sa naissance.

L'accouchée se trouva bien dans les premiers momens ; mais le soir du second jour, elle éprouva des frissons, des douleurs dans le bas-ventre, et tous les symptômes d'une péritonite épidémique très intense, à laquelle la malade succomba le 14 janvier, neuvième jour de sa couche, malgré tous les secours de l'art.

Autopsie. L'habitude extérieure du corps annonçait une constitution robuste. L'examen de la tête, de la poitrine, n'offrit rien de remarquable; l'ouverture de l'abdomen fît voir le péritoine, enflammé , contenant une grande quantité de sérosité purulente. Mais l'utérus fixa de suite l'attention. Le col , terminé par deux orifices , présentait à un demi-pouce en avant une bride perpendiculaire à l'axe du vagin , qui allait du raphé antérieur au raphé postérieur. Cette espèce de pilier placé dans le vagin, de forme cyli^dri-

que, de l'épaisseur de deux à trois lignes, était le débris d'une cloison bien plus çtendue, qui, dans l'origine, avait divisé le vagin en deux, et qui avait été rompue, soit par le coït, soit par le fait du premier accouchement. L'utérus était partagé en deux moitiés ou deux bornes, dont l'une était plus volumineuse que l'autre. La plus grande, située à droite, avait été le siège de la dernière conception, elle présentait une étendue de trois pouces et demi à quatie pouces, dans son diamètre trans* versai; sa longueur jusq*u'à l'orifice du col était de quatre à cinq pouces. L'autre corne avait à peu près la même longueur, mais son diamètre transversal avait bien moins d'étendue ; c'est dans cette corne que s'était développée la première grossesse.

Au reste, chaque moitié d'utérus avait une trompe, un ovaire, un ligament rond, placés à son côté externe près de son sommet. Le bord interne était lisse dans 'toute son étendue, et se réunissait inférieurement à celui de la corne oj, posée en formant un angle, dans l'ouverture duquel le rectum se trouvait placé. Les annexes de l'utérus étaient dans les fosses iliaques, au lieu d'être renfermées dans l'excavation pelvienne.

267. On trouve dans la science des faits plus ou moins analogues. M. Cassan, qui, dans une thèse. soutenue en 1826, a réuni un grand nombre de faits d'utérus double, disséminés dans les auteurs (1), a décrit et fait graver un utérus à peu près semblable, recueilli sur une femme stérile, morte à la Maison de Santé, dans le service de M. Duméril.

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