‹ Traitâe pratique des accouchemensChapitre 38 sur 69 · Enfin, pour terminer ce que nous avons à dire · texte numérisé non relu

Enfin, pour terminer ce que nous avons à dire

<1) Voyez CùtUetlùfu dts thèses, )n-4«, Paris, 1«S6, o* 4S.

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sur les vices de conformation de l'utérus, nous rapporterons l'observation de M. Baudelocque neveu (1).

Louise-Marguerite Lapierre, âgée de cinquante trois ans, mourut à l'iiôpital Beaujon, à la suite d'une pleuropneumonie ; cette femme n'avait jamais eu d'enfant. -A l'ouverture du corps, l'utérus avait ses dimensions ordinaires ; les trompes étaient chacune de la grosseur d'une plume de corbeau. On découvrit dans l'épaisseur de la paroi latérale droite de l'utérus un canal de même calibre que les trompes. Ce canal partait de la trompe droite, à trois ou quatre lignes de son extrémité interne, et se rendait de là dans la cavité du col, près de la partie inférieure.

Cette particularité est d'autant plus importante à noter, qu'elle nous paraît propre à expliquer certaines anomalies de grossesses extra-utérines 1res rares, désignées sous le nom de grossesses interstitielles, desquelles on n'a pu jusqu'à ce jour- donner une explication satisfaisante; à moins qu'on ne les regarde comme des variétés de grossesses tubaires, ce qui nous paraît très probable. Il est à regretter, comme nous le disions dans le rapport que nous avons fait sur ce sujet à l'Académie, que M. Baudelocque n'ait pas présenté la pièce anatomique à l'appui et qu'il se soit contenté d'offrir un simple dessin.

269. Lorsque l'utérus est bilobé, le col est quelquefois unique, de même nue le vagin; d'autres fois, il est divisé par une cloison médiane, et s'ouvre dans un vagin unique, ou bien il est double et s'ouvre dans un double vagin, comme nous l'av&ns vu chez la femme B***. Cette circonstance peut donner lieu à des méprises analogues à

(i) Archives générales do médecine, t. 9, p. 419,

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celles qui ont eu lieu dans les cas rapportes par Tiedemann (1), par M. West et dans celui de la nommée B***, où deux personnes touchant successivement la femme, l'une par un vagin, déclare que raccouchement estsur le point de se terminer, l'autre, au contraire , touchant par l'autre vagin, dit qu'elle n'est pas en travail, ou qu'elle n'est pas enceinte, ou que si la grossesse existe , elle est extra-utérine.

D'autres fois un des cols s'ouvre dans un vasia communiquant avec le rectum , tandis que l'autre s'ouvre dans un autre vagin communiquant avec l'urètre , comme cela existait sur un fœtus disséqué par Saviard. et Duverney (2).

270. Le col de l'utérus peut être oblitéré , et le sang des règles, retenu dans la cavité utérine, peut aussi donner naissance aux accidens que nous avons dit survenir à la suite de l'occlusion du vagin.

Cette oblitération du col est complète ou incomplète, congéniale ou accidentelle. Lorsqu'elle est incomplète elle peut nuire au libre écoulement des menstrues, mais ne s'v oppose pas entièrement; elle peut de même nuire à la fécondation, sans y mettre obstacle d'une manière absolue.

Lorsqu'elle est complète et congéniale, les accidens ne se manifestent qu'après l'époque de la puberté. Quand elle est accidentelle, elle survient avant ou après la fécondation : dans le premier cas, les accidens commencent à la première époque mensLi'uelle qui suit l'occlusion; dans le second, ils n'arrivent qu'au mo-

(1) Journal oomptémenlairc, t. VI, p. 571. Paiis, 1320.

(2) Recueil d'observ. ehirurs., Paris, 1734, observ, 94, p. 512.

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ment du travail de l'accouchement , comme cela eut lieu dans le cas rapporté par Amand (1).

L'occlusion congëniale peut dépendre de l'absence totale ou partielle du vagin , de la présence d'une membrane qui réunit les lèvres du col. L'occlusion accidentelle succède ordinairement aux lésions du vagin , ou à celles des lèvres du col, produites par les accouchemens antécédens; ou aux inflammations, aux ulcérations de diverses natures qui, avant ou après la conception , ont eu leur siège dans ces mêmes parties.

27L Le diagnostic est facile, on reconnaît la maladie à la manifestation des symptômes que nous avons mentionnés en parlant de l'oblitération du vagin , on la reconnaît aussi par le toucher ; enfin, s'il restait encore quelque doute, l'inspection faite au moyen du spéculum les dissiperait.

272. Le pronostic varie suivant la nature de l'obstacle qui existe, mais toutes choses égales, il est plus fâcheux que celui qui résulte de l'oblitération du vagin , parce que la distension de l'utérus et les opérations qu'on pratique sur lui ont souvent des suites plus graves que celles qui se font sur le vagin.

273. Traitement. Il est impossible d'établir ici des règles absolues; elles doivent varier, suivant le cas particulier qui se présente, suivant la nature des désordres qui existent. Quand il faut remédier à une rétention de sang, d'eau, ou de gaz dans l'utérus, une simple incision de la membrane qui bouche le col, un coup de troisquarts à travers le col agglutiné, suffisent ordinairement pour donner issue à ces susbtances étrangères. Si la femme

(1) Obs. !l, page 63.

186 TRAITA DES ACCOUCHEMEWS.

est enceinte, et que les accidens surviennent au moment du travail, l'incision doit porter non seulement sur U membrane qui oblitèreJe col, mais quelquefois s'étendre aux parois mêmes du col.

Nous avons vu en 1813, à l'Hôtel-Dieu de Paris, une femme de trente-six à quarante ans, à laquelle Dupuytren pratiqua une incision transversale au col de l'utérus, pour remédier aux accidens causés par une oblitération de celte partie, survenue après un accouchement laborieux. Cette incision donna issue à un litre environ d'une espèce de bouillie de couleur et de consistance de lie de vin. La malade se trouva soulagée dans le premier moment; mais il survint une inflammation de mauvaise nature, des phénomènes de résorption que rien ne put arrêter, et auxquels elle succomba quelques jours après. A l'ouverture du corps, l'utérus hypertrophié offrait le volume et l'aspect qu'il a chez une femme morte quatre ou cinq jours après l'accouchement. Sa surface interne était noirâtre , exhalait une odeur de gangrène ; le péritoine qui tapisse le bassin était enflammé.

ARTICLE V

ANOMALIES DES ANNEXES DE l'uTÉRUS.

274. Les annexes de l'utérus, comme les autres organes de la génération , peuvent être le siège de diverses anomalies.

275. Les trompes, ou l'une d'elles seulement , peuvent manquer, ou être oblitérées. Leurpavillon peut s'insérer à un point éloigné de l'ovaire , ou avoir contracté des adhérences vicieuses avec l'un des organes coulcniis dans l'abdomen ; toutes ces anomalies que, dans quelques circonstances, on soupçonne, pendant la vie, ne peuvent

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être reconnues, constatées , qu'après la mort ; elles n'offrent d'ailleurs aucune indication à remplir. Il- est bon d'observer que, dans la plupart des cas, les femmes qui ont offert ces anomalies avaient été frappées de stérilité. Les trompes peuvent aussi être entraînées, et faire partie constituante d'une hernie.

27G. Les ovaires, bien plus fréquemment quelestrom» pes, peuvent former hernie. M. Deneux, dans un mémoire publié en 1813 (1), a réuni plusieurs observations de cette nature. Verdier (2) dit qu'un de ses confrères, M. Veyret, ^vu sur le cadavre d'une jeune fille, un des ovaires arrêté dans l'anneau, et qu'il formait une tumeur au dehors. Lassus(3), disséquant un fœtus à terme qui avait une petite tumeur dans l'aine, la trouva formée par l'ovaire du côté droit. Camper rencontra, en 1759 , dans l'amphithéâtre d'Amsterdam, l'ovaire gauche sorti de l'abdomen par l'échancrure iskiatique. Mais un fait bien plus curieux est celui qui est inséré dans les œuvres de Percival Pott (4).

277. Une jeune femme de vingt-trois ans environ, d'une bonne complexion, entra à l'hôpital Saint-Barthélémy , à cause de deux petites enflures qu'elle avait aux aines, et qui depuis quelques mois étaient si douloureuses, qu'elles l'avaient empêchée de remplir ses devoirs de servante.

Ces tumeurs molles, inégales, très mobiles, étaient placées au-devant des anneaux inguinaux. Des tentatives

(1) Becherches sur les hernies de l'ovaire, Paris, 1815, broch. in-8.

(2) Recherches sur la hernie de la vessie^ mcd., Acam. chir. .ia-A", t. I,p. 3.

(3) Médecine opératoire, i. I, p. 211.

(4) OEuvrcs chirurgicales de Percival Pott , traduction de M***, t. I, page 49$, Farii, 4777.

infructueuses de réduction ayant été mises en usage, la malade étant résolue à tout souffrir pour être soulagée, on se décida à pratiquer l'opération de la hernie, et on enleva l'ovaire de l'un et de l'autre coté. Cette femme se rétablit très bien, mais, depuis l'opération, elle maigrit, ses muscles prirent en apparence plus de développement ; ses seins, qui étaient très gros, s'affaissèrent, et ses règles n'ont point reparu.

278. Si on pouvait tirer des inductions générales d'un fait particulier, nous dirions que l'ablation des ovaires exerce sur la constitution de la femme des modifications analogues, mais inverses, de celles qui résultent de l'ablation des testicules chez l'homme. 'Ainsi, tandis que l'homme privé des organes sécréteurs du sperme, conserve ou prend les formes, la voix, le caractère et presque les inclinations du sexe féminin ; la femme à laquelle on a enlevé les ovaires, se dépouille de ses attributs et prend au contraire les formes masculines.

SECTION V

États morbides de l'utérus.

279. L'utérus, placé à peu près au centre du bassin, faiblement soutenu par les replis membraneux que lui fournit le péritoine, flotte en quelque sorte au gré des viscères qui l'environnent. H résulte de cette disposition, qu'il éprouve à chaque instant des variations nombreuses dans sa situation, par suite des changemens que subissent les organes avec lesquels il est en contact, tels que la vessie, le rectum et toute la masse intestinale. Dans l'état ordinaire de la vie, ces déviations instantanées sont à peine appréciables, et n'influent en aucune manière sur la santé des femmes. Mais lorsque,

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SOUS l'influence d'une cause active, puissante, elles sont portées au-delà de leurs limites naturelles, qu'elles deviennent permanentes, elles amènent des modifications notables dans la santé , ^causent des infirmités plus ou moins graves, qui constituent de véritables états morbides. Ce sont ces changemens dans la position de l'utérus , qu'on désigne sous le terme générique de déplacemens .

280, Les déplacemens de l'utérus peuvent se faire à l'extérieur ou s'opérer dans l'intérieur du basin. Nous les diviserons donc en deux grandes classes : 1° ceux qui ont lieu en dehors du bassin; 2° ceux qui s'effectuent dans cette cavité même.

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