DIMENSIONS ET DIVISION DU FOETUS
du mécanisme de l'accouchement, de comiaître les dimensions qu'il présente dans chacune des parties qui le constituent, ou au moins dans celles qui, en raison de leur volume, peuvent devenir un obstacle à sa procuression à travers la cavité pelvienne. Cette connaissance peut offrir aussi des applications utiles pour la médecine légale.
Nous avons dit, page 3G5, que les dimensions du fœtus à terme et mesuré du sommet de la tête à la plante des pieds étaient ordinairement do 18 à 19 pouces ou 48 à 51 centimèlres.
En prenant poui- Lcinie moyeu, coninic l'a lait Cliaussier , un enfant du poids de 6 livres ou 3 kilogrammes, et de 18 pouces ou 48 centimètres de longueur, ou trouve du sommet de la tète à l'ombilic 10 pouces 4 lignes ou 28 centimètres; de l'ombilic aux talons 7 pouces 8 lignes ou 21 centimètres; du sommet aux pubis 1 1 pouces 9 hgnes ou 29 centimètres; de la clavicule à l'extrémité inférieure du sternum 2 pouces 3 lignes ou 55 millimètres; de l'extrémité inférieure du sternum aux pubis 6 pouces ou 16 centimètres.
Il résulterait de ces mesures que chez un enfant à terme l'insertion ombilicale, loin de correspondre au nnlieu de la longueur du corps , connue l'a avancé Chaussier, se ferait à 16 lignes ou 35 millimètres au-dessous. Cette remarque, sur laquelle nous iusistons, nous paraît importante pourja médecine légale. Déjà M. A. Devergie avait appelé l'îlttention sur ce point, et avait dit que la moitié du coips correspondait un peu au-dessus de l'ombilic (1); depuis il a cru pouvoir fixer le milieu de la hau-
(T; Dtvtigie, Médecine lei^nle , lonie I , {'at;e o04. 1'"^ édition, 1(556.
394 fRAITÉ I)J!S ACCOUCflEMEWS.
teiir du corps, chez l'enfrint à terme, à 7 lignes î '2 audessus de l'ombilic (1); mais il résulte des recherches auxquelles nous nous sommes livré à ce sujet, et que nous avons communiquées à l'Académie royale de médecine, le 28 septembre 1837, que cette moyenne doit être portée à 10 lignes environ (2).
Considéré dans sou ensemble , le fœtus nous offre trois parties remarquables par leur volume et leur résistance : ce sont la tête, le thoroK et le bassin ; les membres thorachiques et pelviens, comparés les uns aux au-
(1) Dcvergie, Médecine IcgiiU , fome I^', page KI5 eltî4e, 2"^ édition, 1840.
(2) Sur C! ni cinq eii'ans que nous avons mesurés avec le plus grand soin au moment de leur naissance, qualre-vingi-quatorze étaient arrivés nu momie 3u terme de neuf mois, onze étaient nés avant terme, du sixième au huitième mois. Sur les quatre-vingt-quatorze en (ans à terme, quatre nous ont offert l'insertion onibilirale précisément au milieu de la longueur du corps. Sur les qualru-vingl-dix restant, celte insertion se faisait au-dessous du milieu da la longueur du corps. Les extrêmes des variations ont été de 1 ligne ou 2 millimètres à 2 pouces ou li'i millimètres. Bi^aucoup ont offert B lignes , i pouce , 13 lignes dç différence: en additionnant toutes les différences ^ nous avons trouvé pour moyenne g lignes 12/îOOf, ou 2 centimètres.
Sur les onze enfans nés avant terme . nu de sept mois a offert l'insertion ombilicale aa milieu de la longueur du corp':, cL son frère (car ils étaient juineaux) l'offrait à IS lign?.s ou Sj millimètres au-dessoup. Les neuf autres ei;fans ont présenté des variations de 3 à 2 5 lignes. La moyenne sur ces dix i-nfansa été de 10 lignes 7/lOcs ou 23 millimètres.
Si de ce petit nombre de fait* il nous était permis de tirer des conclusions générales . nous dirions que l'insertion oi»bilica!e au moment de la naissance est généralement au-dessous du milieu de la hauteur du corps, que ce n'est qu'exceptionnellement qu'elle le divise exactement, puisque, dans les cas rapportés, nous ne l'avon* rencontrée qu^iine fois stip vingt -trois et dénie; que dans les accauçhen^^ens prénwtarés des dispositions» analogues ;/observent, d'où nous pourrions conclure que l'accroissement des nai lies in- {■■•riitHires chi tronc est moins tardif qu'on ledit pénéralcmenf. Enfin pour deraière C(^nd;!sion nous diiions que l'insertion ombilicale seule nepesit fournir que des inductions vagues et non des résullalj rigoureny. [^our !a déterminaison de l'^e des fœtiîs ou des enfàns n;i's^ans.
TÊTE ou EXTRÉMITÉ CÉPHALIQIJE DU FOETUS. 395
très, ont une longueur à peu près égale; ils jouissent les uns et les autres d'une grande flexibilité par suite de la laxité de leurs arlicidations ; ce qui permet aux jambes et aux cuisses de s'appliquer immédiatement sur la face antérieure du fœtus dans les présentations du pelvis, aux bras de se relever et de se loger sur les côtés de la tête dans tous les cas où les bras et la tête doivent sortir les derniers.
Si nous considérons le fœtus par rapport à l'accouchement, nous le voyons pelotonné, recourbé sur luimême, formant une masse ovoïde qui n'a que 10 à 1 1 pouces ou 27 à 29 centimètres de grand diamètre , c'est-à-dire un peu plus de la moitié de la longueur totale que nous lui avons assignée lorsqu'il est étendu. Dans cette attitude nous ne pouvons adopter la manière de voir des accoucheurs modernes, et diviser le fœtus en tronc et en membres, puisque ceux-^ci fléchis et rapprochés font, en quelque sorte , partie constituante de la portion du tronc à laquelle ils adhèrent et dont ils ne sont que les appendices. Nous préférons le diviser par la pensée en trois parties distinctes , savoir : 1° une extrémité céphalique , formée par la lête seulement ; 2° une extrémité pelvienne , qui comprendia le bassin et les membres abdominaux; 3" une partie moyenne, formée par le torse y ou le tronc proprement dit, abstraction faite du bassin.
lo Extrcmilé céphalique ou tête du fœtus.
Tête. La tête est la pai-tie la plus volumineuse, la plus solide, la moins réductible du corps du fœtus ; formée de deux parties distinctes, le crâne et la face; elle
306 TRAITÉ DES ACCOtCHEMElNS.
est composée du même nombre d'os, des mêmes parties que la tète de l'adulie.
Le crâne , que l'on subdivise encore en voûte et en base, forme une cavité spacieuse pour contenir une masse cérébrale molle, vasculaire et volumineuse. La voûte est formée par le frontal , qui est encore de d«ux pièces, les pariétaux, la portion écailleuse des temporaux et la partie supérieure de l'occipital. L'état d'imperfection dans l'ossification de ces os laisse entre eux des intervalles membraneux plus ou moins étendus, nommés commissures et fontanelles et donne à cette partie du crâne une flexibilité, une mobilité qui, au moment de l'accouchement, permet au volume de la tête de subir une réduction toujours utile , quelquefois indispensable pour favoriser la naissance de l'enfant. La base, qui lie le crâne à la face , est percée d'une multitude d'ouvertures pour le passage des vaisseaux qui alimentent le cerveau, des nerfs et du prolongement rachidien qui émanent de l'encéphale ; elle est formée par la lame criblée de l'os ethmoide, la partie horizontale du frontal, le sphénoïde, la portion pierreuse des temporaux et la partie inférieure de l'occiput, parties dont l'ossification plus avancée donne une résistance, une solidité qui s'oppose à toute réduction et rend toute compression imposssible; iisposition admirable et sans laquelle un enfant n'aurait pu venir au monde sans être exposé à des lésions plus ou moins graves, telles que des paralysies , la perte d'un ou de plusieurs organes des sens , et quelquefois même à la mort.
La face est formée , comme chez l'adulte, supérieurement des deux os propres i\u nez , des deux unguis , des deux malaires ou zv;>omati<Hies, dos tieux maxillaires
TÊTE OU EXTRÉMITÉ CÉPHA^LlQUE DU FOETUS. 397
supérieurs, des deux palatins, des deux cornets inférieurs, du vomer, qui, situé sur la ligne médiane, est encore cartilagineux, et inférieurement par le maxillaire inférieur. La face est , chez le fœtus , d'une exiguïté remarquable , par suite du peu d'ampleur des cavités buccale et nasales , et surtout par le manque de développement des sinus.
Commissures. On donne le nom de commissures aux intervalles membraneux étroits qui tiennent lieu de sutures- Les commissures qu'il est important de distinguer et de connaître sont au nombre de trois.
J" La commissure médiane^ ou sagittale^ située dans l'écartement que les deux pièces du frontal et les deux pariétaux laissent entre eux , s'étend de la racine du nez à l'angle supérieur de l'occiput; en avant , elle est coupée à angle droit par la commissure froiito-pariétale, et, en arrière , elle se termine à \ occipito-pariétale , ou lambdoïde.
2° La comimsaure froiito-pariétale , que l'on nomme encore antérieure, tiYinsverstde ou coronale^ s'élcnd de l'extrémité d'une des grandes ailes du sphénoïde à celle du coté opposé, en comblant l'intervalle qui existe entre le bord supérieur du frontal et le bord antérieur des pariétaux.
3° La commissure occipitO'pariétale, ordinairement désignée sous le nom de lambdoïde , à cause de sa ressemblance avec le lambda des Grecs, unit le bord supérieur de l'occiput avec les bords postérieurs des pariétaux.
JjCS commissures temporo-pariétales, ou écailleuses, sont recouvertes d'une couche trop épaisse de parties molles pour pouvoir être reconnues au toucher et méritent à peine d'être mentionnées.
tonlanellcs. On désigne ainsi les espaces membraneux
398 TRAITÉ DES ACCOUCHïlMENS.
considëi'ables , de formes variées qui résultent du défaut d'ossification des angles des os , que Ton rencontre aux points d'intersection et de réunion des commissures entre elles.
Les fontanelles sont au nombre de six : deux sont situées sur la ligne médiane du crâne et font partie du sommet; les quatre autres , au nombre de deux de chaque coté, sont situées sur les parties latérales et inférieures du crâne.
La fontanelle antérieure, bregmatique ow frontale , se trouve à l'intersection des commissures sagittale et fronto-pariétale. C'est un espace membraneux oblong, quadrangulaire, qui a la forme d'un losange, dont l'étemlue , toujours en raison inverse de l'ossification des angles des pariétaux et des deux pièces du frontal, varie suivant les différens sujets. En général , la fontanelle se prolonge plus entre les deux portions du frontal qu'elle ne le fait entre les pariétaux.
La fontanelle postérieure^ ou occipitale y située au point de jonction des commissures sagittale et lambdoïde, a une forme triangulaire, très étroite; elle n'existe d'une manière distincte que chez les fœtus qui n'ont pas atteint leur maturité. Au terme de la grossesse, chez la plupart des fœtus, elle consiste seulement dans une espèce de triangle formé par la rencontre des deux commissures, triangle dans lequel la portion occipitale glisse ou s'enfonce toujours au-dessous des pariétaux, pour peu que la tête soit comprimée. Cet^e disposition remarqual)le , à notre connaissance, n'a été sigiialée nulle part , et rependant, dans la pratique, elle suffit seule pour faire reconnaître l'extrémité occipitale, et empêcher de la t'onfondre avec la frpntale, même dans les ca§ ^nfifrnî,?iux
FORME ET DIVISIOIV DE LA tItE. 399
excessivement rares, où l'occiput, divisé sur la ligne méfliane, n'a pas d'angle supérieur, ce qui donne alors à la fontanelle occipitale la forme et l'apparence de la fontanelle bregmatique.
Les fontanelles inférieure et latérale sont situées , l'une antérieurement au point de jonction des grandes ailes du sphénoïde avec les commissures fronto et temporo-pariétales , et porte le nom de temporale; l'autre postérieurement, se rencontre à la jonction de la région mastoïdienne avec les commissures temporo-pariétale et lambdoïde, et porte le nom de mastoïdienne. La connaissance de ces fontanelles, profondément situées, recouvertes d'aponévroses, de muscles épais, ne peut être d'aucune utilité pratique.
Les commissures, et surtout les fontanelles, servent en pratique à déterminer les rapports de la tête avec les différens points de la circonférence du bassin et à caractériser les diverses positions du sommet.
Forme et division de la tête.
La tête du fœtus, isolée du tronc et vue dans son ensemble , représente iin ovoïde irrégulièrement apl^'i dans différens sens , ce qui permet de lui considéi'cr cinq régions, trois extrémités, deux cir^jonférences et sept diamètres. •
Des régions. La première supérieure, porte les noms de région bregmatique , à'oi^al supérieur et de sommet; elle est circonscrite par une ligne que nous supposerons partir en arrière de la protubérance occipitale externe , (|ui, prolongée sur les côtés, passeraitsur les bosses pariétales pour se terminer en ^vant à la conimissui'e médiane en divisant les bosses frontales en deux parties égales.
400 TIIA.1TÉ DES ACCOLCHEMENS.
Cette région comprend le sommet du crâne et est caractérisée par la présence des commissures sagittale, frouto-pariétale, lambdoïde, et surtout par les fontanelle^ * bregmatique et occipitale. C'est la région qui se présente le plus souvent àl'orifîce de l'utérus.
La deuxième inférieure ou la base , limitée par une autre ligne que nous supposerons partir également de la protubérance occipitale externe, passerait latéralement sur l'apophyse mastoïde, le conduit auditif, l'angle et le bord inférieur de la mâchoire inférieure , et viendrait se terminer au menton. Cette région, caractérisée sur le squelette par le grand trou de l'occipital , l'apophyse basilaire de cet os, le corps du sphénoïde, l'ouverture postérieure des narines, la voûte palatine, etc., ne se présente à l'orifice de l'utérus que dans le cas de dégagement du fœtus par les pieds, ou dans celui de décollation; alors on la reconnaît facilement non à la présence du trou occipital, mais à une surface inégale, déchirée , et surtout à l'espèce de moignon formé par les premières vertèbres cervicales qui restent adhérentes à l'occipital.
La troisième antérieure ou Xàface^ bornée par une 'igné que nous supposerons partir de la commissure médiane, couperait les bosses frontales eièdeux parties égales, suivrait le bord externe des orbites, des régions malaires, gagnerait l'angle de la mâchoire inférieure et viendrait se terminer sur la ligne médiane au menton. Cette région, qui se présente quelquefois à l'orifice de l'utérus, est caractérisée par le front . les orbites, le nez , la bouche et le menton.
Les quatrième et cinquième latérales ou régions temporales comprennent l'espace que laissent entre elles les
FORME F.T niVISION DE LA TÊTE. 401
lignes qui circouscrivent lesonnnet, la base et la face. Elles sont beaucoup mieux caractérisées sur le fœtus par l'arcade zygomatique, le pavillon de l'oreille, que par les fontanelles latérales et inférieures. Ces régions ne se présentent que très rarement à l'orifice de l'utérus.
Les trois extrémités sont , \ occiput en arrière , le front en avant et en liaut, \^ menton en bas et en avant.
Les deux circonférences sont, Via grande, qui se mesure en menant une ligne de la protubérance occipitale externe sur la commissure sagittale, le nez, la bouche , le menton , le grand trou occipital, et la ramenant au point de départ partagerait la tête en deux moitiés égales. Cette circonférence a de 14 à 15 pouces d'étendue, ou de 37 à 40 centimètres.
2° 'La. petite circonférence se mesure par une ligne qui, divisant transversalement le grand trou de l'occipital , passerait derrière l'un des condyles de cet os, monterait sur les bosses pariétales, et viendrait aboutir derrière le condyle du côté opposé. Cette circonférence a de 1 1 à 12 pouces d'étendue, ou de 30 à 32 centimètres.
Diamètres de la tête. La connaissance des différens diamètres de la tête du fœtus est fort importante, c'est en les comparant avec ceux du bassin que nous pouvons calculer les chances favorables ou défavorables de l'accouchement (1). On en compte .svy;^:
P Diamètre occipito-menionnier. Il s'étend de la protubérance occipitale externe à la pointe du menton; ce diamètre , qui est le plus grand, a ordinairement 5 pouces ou 13 centimètres.
2« Diamètre occipito-frontal. Il est représenté par
(1) Voyez noire alla-, plumlie \\\\, (ig. 2 el z.
402 TRAlt^ DÈS ACCOtîCHEMEJVS.
une ligne qui , partant de la protubérance occipitale , viendrait se terminer dans l'écartement que laissent entre elles les deux pièces du frontal, au niveau des bosses de cet os ; ce diamètre a 4 pouces 3 à 4 lignes ou de II à 12 centimètres.
3" Diamètre ceivico-breginatiqiie. Il se mesure du derrière du col au centre de la fontanelle frontale, et a
3 pouces 6 lignes ou 95 millimètres.
4* Diamètre vertical, nommé improprement îrachelobfegmalique. Il est représenté par une ligne qui traverserait la tête du vêrtex à la partie antérieure du grand trou occipital; ce diamètre est de 3 poUces 6 lignes, ou 95 millimètres.
5° Diamètre bi-pariétal. Il se mesure par une ligne qui, partant du centre de l'une des bosses pariétales, s'étendrait à celle du côté opposé. Dans une tête .' dépouillée des parties molles, ce diamètre est de 3 pouces
4 lignes ou 9 centimètres ; tandis que chez un enfant à terme, le crâne étant revêtu des parties molles, ce diamètre est de 3 pouces 8 lignes ou 10 centimètres; du moins c'est le résultat que nous a fourni l'examen comparatif de plusieurs centaines de têtes que nous avons mesurées avec soin : c'est aussi celui que M. P. Dubois a obtenu.
6° Diamètre bi-temporal. Il est représenté par une ligne étendue de la racine de l'apophyse zygomatique d'un côté à celle du côté opposé, de manière à mesurer transversalement la base du crâne; sa longueur est ordinairement de 2 pouces 6 à 8 lignes ou 7 centimètres. C'est le plus petit des diamètres de la tête, le seul inflexible, le seul qui ne soit pas susceptible de réduction.
7° Diamètre fronto-mentonnier. Il se mesure du front au menton j il a 3 pouces 6 lignes ou 9 centime-