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CHAPITRE YIII

Le travail physiologique de l'organe de l'activité psychique consiste dans la production des sentiments, des représentations, des aspirations.

Quand ces faits psychiques se produisent spontanément et d'une manière qui n'est pas adéquate aux stimulants extérieurs, il y a là en général un symptôme d'excitation intérieure et de réaction anormale dont la durée, l'intensité et la disproportion ne nous laissent pas longtemps dans le doute sur leur origine pathologique. Ce mode d'origine se présente donc comme le premier symptôme clinique important pour reconnaître l'aliénation mentale.

Le caractère, l'apparence extérieure de l'aliéné peuvent se présenter comme chez l'homme normal. Ce n'est qu'en analysant l'origine et les mobiles des faits psychiques, que nous pouvons savoir si nous avons affaire à un aliéné ou à un individu sain.

Mais, comme l'état délirant renferme les mêmes éléments que la vie intellectuelle normale, comme les mêmes lois régissent la liaison et la marche de ces éléments, l'observation des processus psychiques à l'état physiologique, ainsi que dans certaines conditions pathologiques de plus en plus fréquentes, nous fournit une série d'analogies précieuses à l'aide desquelles nous arrivons à pouvoir nous orienter dans la pathologie de l'âme, et à comprendre comment les associations d'idées morbides, les idées délirantes, les sentiments délirants et les aspirations de la folie proprement dite ont pris naissance.

La vie quotidienne et ordinaire nous offre de ces analogies en nombre suffisant. De même que la santé et la maladie ne peuvent être séparées par une ligne de démarcation précise dans le domaine somatique où cependant des moyens physiques très précis servent d'échelle de diagnostic, de même, dans le domaine psychique, nous ne pouvons pas non plus tracer cette démarcation précise; au contraire, nous avons tout sujet de ne pas fixer trop nettement cette limite du domaine physiologique.

Dans la plupart des cas, au début des maladies psychiques, le point capital du tableau symptomatologique n'est pas dans les troubles intellectuels, mais dans des émotions, dans des états d'esprit non motivés ou

insuffisamment motivés, dans des passions, des phénomènes d'irritabilité anormale. Il est tout indiqué de comparer ces états pathologiques du caractère aux émotions qui se produisent dans la vie physiologique ^

Notre caractère ordinaire, la marche tranquille de nos sentiments peuvent subir un ébranlement tumultueux. Nous parlons alors d'émotions et nous distinguons, selon que le fait causal amène un arrêt ou une exaltation de nos forces psychiques, des émotions dépressives (de la consternation, de la honte, du souci, du chagrin, de l'ennui), ou des émotions expansives (de la joie, de la gaîté bruyante, de la jubilation). Correspondant à ces deux états émotifs de la vie physiologique, il y a aussi dans le domaine pathologique deux états émotifs : l'état mélancolique et l'état maniaque.

Mettons en présence l'un de l'autre un homme normal plongé dans l'émotion douloureuse et un mélancolique; au premier abord nous ne trouverons entre les deux aucune différence sensible, du moins en ce qui concerne les symptômes extérieurs. Chez tous les deux on trouve la même expression physiologique de la douleur morale, le même abattement douloureux. Tous deux sont livrés à l'obsession de leurs idées et de leurs sentiments douloureux, tous deux sont incapables de s'intéresser à quoi que ce soit en dehors de la sphère de ces idées obsédantes, incapables de vaquer à leurs affaires et de remplir leurs devoirs quotidiens; chez tous les deux le sommeil s'en ressent, l'appétit diminue, l'aclivité des mouvements péristaltiques intestinaux s'abaisse ainsi que la nutrition générale. La différence essentielle entre l'homme normal qui est douloureusement affecté et le mélancolique consiste tout d'abord dans le fait que chez le premier la douleur mentale est motivée et qu'elle est la réaction physiologique d'un élément extérieur, tandis que chez le second la douleur n'est pas motivée ou l'est insuffisamment par un fait extérieur et par conséquent est créée par des phénomènes intérieurs ; le mélancolique s'imagine quelque chose, son organe psychique devenu malade lui montre des tableaux et des représentations qui ne correspondent pas à la réalité et sa conscience est trop obscurcie pour qu'il puisse reconnaître la fausse monnaie avec laquelle il compte.

Cette confusion entre la douleur psychique motivée et la lypémanie est trop souvent commise par les profanes qui ne s'en tiennent qu'aux traits extérieurs et aux analogies du phénomène. Cette confusion est d'autant plus facile que souvent la lypémanie est due à une émotion dépressive bien motivée, physiologique au début; elle passe imperceptiblement à l'état pathologique et alors disparaît la différence fondamentale qui existe entre le processus physiologique motivé et le fait spontané psychique et pathologique.

La différence fondamentale qui existe entre ces deux états ressort aussi de l'insuccès des profanes qui prennent la dépression pour un état physiologique et qui comptent sur l'influence du temps, sur la disparition de la cause déprimante, sur la renaissance [de l'espoir, sur la distraction et l'égaiement du déprimé.

1 Voir Griesinger. Paf/iologie und Tlieraple der psych. Krankheilen, p. 61.

Tandis que cet espoir se réalise chez l'individu physiologiquement déprimé, c'est le contraire qui se produit chez le mélancolique. Les paroles consolantes ne font que l'aigrir davantage, la distraction ne produit aucun effet ou même l'irrite; quand on tente de le convaincre par la logique qu'il n'est pas ruiné, qu'aucun danger ne le menace, etc., le calme peut revenir momentanément, mais un instant après il manifeste une nouvelle idée fixe, par exemple qu'il est un grand criminel.

C'est que la cause de ses sentiments et de ses idées morbides est une maladie cérébrale organique et non psychologique.

Les mêmes analogies se présentent quand on compare l'émotion expansive de l'homme normal avec l'état du maniaque, quand cette émotion a atteint un certain degré; pourtant nous ne devons pas prendre comme objet de notre observation l'homme très civilisé qui a l'habitude de maîtriser ses sentiments; mais il faut considérer un enfant ou un homme naturel qui n'est pas encore expérimenté dans l'art de dompter ses sentiments ou du moins un homme civilisé chez qui l'émotion est devenue si puissante, si écrasante qu'elle rompt toutes les barrières opposées par les mœurs et les convenances à l'exubérance de la manifestation. Mettonsnous à la place de l'amoureux qui sans s'y attendre arrive tout d'un coup au but de ses désirs, dans la situation d'un homme voué à une mort certaine et qui est sauvé inopinément, dans celle d'un avare qui apprend qu'il a gagné le gros lot; tous ces êtres pendant un instant au moins ne différeront dans leur apparence en rien du maniaque; leur joie débordante se manifestera par des sauts, des folàtreries, une jubilation effrénée, un débordement d'ivresse; il y a même un certain désordre des idées, des paroles confuses, des exclamations saccadées, de l'incohérence des idées.

Chez l'homme heureux l'orage passe vite, l'influence du temps se fait sentir rapidement; chez le maniaque le trouble, dû à une cause organique, dure pendant des semaines, des mois et même jusqu'à l'épuisement du malade.

L'étude des émotions physiologiques fournit dans tous les cas des points de repère et de comparaison très précieux pour ce qui se passe dans la folie émotive; et même, quand on examine de plus près, on ne trouve pas une ligne de démarcation précise entre les émotions qui sont encore du domaine physiologique et celles qui, bien qu'ayant en apparence un motif futile, prennent par leur intensité, leur durée et la perte temporaire de la conscience de l'individu, un caractère pathologique, émotions telles qu'on en observe dans certaines organisations morbides du cerveau et dans les maladies nerveuses (épilepsie, etc.).

On se convaincra encore combien est vague la frontière qui sépare l'esprit sain de la maladie mentale si l'on observe une catégorie d'hommes très nombreux dans la vie publique comme dans la vie privée et qui sont très différemment jugés dans le monde, de sorte que l'appréciation qu'on en fait va aux deux extrêmes : on les prend pour des fous ou pour des génies'.

* Voir l'excellente comparaison entre l'homme de génie et le fou, chez Maudsley, Ph>/s\ et pathologie de Vespi-it.

On trouve chez cette catégorie d'individus des particularités dans leur manière de penser, de sentir, d'agir ; ils réagissent sous l'influence de stimulants qui pour d'autres n'existent pas, et cette réaction se fait d'une manière insolite, étrange, qui fait mériter à ces individus le nom d'excentriques sinon de fous, uniquement par la seule raison que l'immense majorité des hommes sent et agit autrement qu'eux. Les associations d'idées de ces gens-là sont aussi insolites; ils relient les choses par des rapports étranges, insolites, nouveaux, quelquefois intéressants et même indiquant un progrès. Mais, même dans les cas les plus favorables, ils ne sont pas capables de tirer profit de ces nouvelles idées. Ces hommes ne sont pas encore des aliénés, mais il y a chez eux quelque chose qui cloche. Ils sont arrivés au seuil de l'aliénation mentale et représentent la transition vers elle.

On n'arrive à la compréhension de ces natures problématiques qu'en explorant leur origine. Ordinairement ce sont des descendants de fous, ou du moins il y a des aliénés parmi leurs consanguins. Par l'étude et la compréhension de cette catégorie de gens, la psychiatrie s'élève bien au-dessus de l'horizon étroit d'une science spéciale et devient une science auxiliaire importante pour l'histoire naturelle de l'esprit humain.

On trouve un nombre considérable de ces pseudo-génies dans la vie publique, tantôt dans le domaine inofïeusif des auteurs d'inventions I importantes, de projets d'utilité publique, impossibles à réaliser, tantôt \ sur le terrain de la politique d'Etat et d'Eglise.

De leurs rangs sortent ces inventeurs brouillons, utopistes, héros de révolutions, créateurs de nouvelles sectes aux projets desquels une époque , agitée prête une oreille complaisante mais dont l'aurore est fatalement fragile car ils ne sont que l'éclair d'esprit d'une tête inductive mais confuse et non pas le produit d'un esprit de génie mûri et développé par la culture (Maudsley). L'étude de ces natures problématiques nous rend plus facile la compréhension de certaines formes de folie (paranoïa) dans lesquelles aussi ou remarque que certains efforts ne visent qu'un côté de la chose et que certaines théories absurdes prennent la prédominance sur toutes les autres pensées et arrivent à l'état d'idée fixe. Souvent, chez ces êtres bizarres, l'état paranoïque (folie) se développe réellement bien qu'imperceptiblement au cours de leur vie.

Les phénomènes observés dans les songes offrent une analogie très intéressante avec l'état délirante

Il existe, il est vrai, une différence fondamentale entre le rêve et la folie, le premier étant un phénomène du sommeil et le second de l'état de veille ; cependant il ne faut pas oublier que nos rêves sont plus vifs quand nous nous trouvons dans le demi- sommeil et que les états de somnolence et de somnambulisme sont des états de transition entre le sommeil et l'état de veille. Ce qui rend les phénomènes de la vie des songes particulièrement

' Moreau, Anal. méd. psychoL, 1855, p. 361. — Maury, Ibid., p. 404. — Griesinger, Op. cil., p. 108. — Spitta, Schlaf-und Tmumzustande, T édition, 1892.

instructifs pour la compréhension de certains états délirants, c'est cette circonstance que dans les deux cas la production des représentations et des phénomènes sensitifs a lieu la plupart du temps par une excitation intérieure spontanée, tandis que, à l'état de veille et à l'état de santé mentale, elle a lieu par des perceptions extérieures et des associations d'idées.

On peut désigner comme causes de l'excitation spontanée et automatique des centres représentatifs cérébraux, certaines excitations intérieures (modifications du sang); les effets de ce genre d'excitation sont des représentations qui ne répondent point à la réalité (délires) et des hallucinations.

Dans les deux états l'excitation automatique et constante produit des représentations disparates; l'association d'idées qui par ce fait est constamment dérangée et en outre très réduite dans ses effets, ne peut plus lier les conceptions l'une à l'autre d'après leur contenu logique; elle peut tout au plus les ranger l'une après l'autre d'après une similitude superficielle (qui souvent ne consiste que dans l'assonance des mots), et c'est ce qui donne lieu à cette confusion et à cette incohérence qui caractérisent aussi bien le rêve que certains états de folie.

Une autre analogie frappante entre ces deux états consiste dans la transformation et l'exagération fantastiques que subissent chez l'homme qui rêve aussi bien que chez l'aliéné certaines impressions provenant du monde extérieur ou physique et parvenant à la conscience.

En rêve, un coup d'épingle devient un coup d'épée, le poids d'une couverture le poids d'une montagne; un membre engourdi devient un membre paralysé, les angoisses physiques provenant de troubles de la respiration donnent lieu à des histoires fantastiques, à des cauchemars où l'on se croit enterré vivant; il en est de même des sensations des aliénés qui souvent, après élaboration et transformation, deviennent des idées monomaniaques des plus fantastiques. Une autre analogie entre ces deux états existe dans le cas très fréquent où la personnalité de l'individu se scinde en deux. L'aliéné attribue quelquefois ses propres idées à une autre personnalité (démonomanie), de même que dans nos songes nous prêtons à d'autres personnes des conceptions contradictoires émanant de nous et nous discutons à ce sujet.

Ce qui est surtout curieux chez l'aliéné c'est que, en dépit du témoignage des sens et malgré toutes les expériences acquises, il soutient les choses les plus fictives; il ne peut pas rectifier ni redresser les choses les plus insensées et physiquement les plus absurdes que son cerveau malade lui fait voir.

Le même phénomène arrive dans nos rêves. Nous assistons aux choses les plus absurdes, les plus contradictoires, sans en mettre en doute la réalité; tout au plus nous eu étonnons-nous comme l'aliéné; nous avons, il est vrai, par moments, le soupçon que ce qui se passe doit être un rêve, de même que l'aliéné, dans un moment passager de lucidum intervallum, arrive à reconnaître ses erreurs et à avoir conscience de sa maladie.

Dans le rêve, la cause de ce phénomène, c'est l'abolition de l'activité supérieure psychique qui produit les processus de conclusion et de jugement, ainsi que l'absence de contrôle des sens qui sont fermés au monde extérieur.

Chez l'aliéné la rectification de l'erreur est impossible à cause de la maladie de l'organe psychique, à cause du trouble de la conscience qui en résulte et du faussement de celle-ci par des perceptions sensorielles subjectives, c'est-à-dire par des hallucinations.

Il faut encore remarquer tout particulièrement que les rêves agréables de l'homme sain, de même que les délires joyeux de l'aliéné, sont beaucoup plus rares que les rêves et les délires tristes. D'après l'expérience les rêves agréables sont les plus fréquents aux périodes d'épuisement physique et intellectuel. Nous retrouvons le même phénomène chez l'aliéné chez qui le délire des grandeurs accompagne dans la plupart des cas des processus cérébraux très graves conduisant à la décadence et à la démence, et devient ainsi un symptôme très dangereux.

L'analogie des états de conscience dans le rêve et dans certaines formes de la folie semble être confirmée par la déclaration de beaucoup d'aliénés guéris qui disent que toute l'histoire de leur maladie passée est présente à leur mémoire comme le souvenir d'un rêve.

La guérison de la folie aussi ressemble en beaucoup de points au réveil au sortir d'un rêve. Parfois elle est subite; c'est comme si des écailles tombaient des yeux du malade qui reconnaît tout de suite qu'il était en délire: plus souvent ce retour ne se fait que peu à peu. Comme dans les tableaux des rêves de la somnolence, des lambeaux de conceptions délirantes s'effilochent et passent à travers la lucidité revenue, de sorte que le convalescent n'arrive à se rendre compte de la maladie et de ses effets qu'au moyen d'un travail d'épuration pénible et laborieux, après une lutte entre le monde des représentations imaginaires et celui des conceptions réelles.

L'analogie la plus frappante et la plus vive avec l'état délirant, nous est fournie par l'intoxication alcoolique aiguë ' . Ici nous retrouvons toutes les formes de la folie, depuis ces états légèrement mélancoliques tels que nous les présente parfois l'ivresse, sous forme de tristesse noire, jusqu'à ces phases extrêmes avec suppression complète des fonctions psychiques comme cela n'existe pas même dans l'état d'idiotie terminale.

Mais la forme la plus grave de l'aliénation mentale, la démence paralytique se trouve aussi souvent fidèlement reproduite dans le tableau de l'ivresse que dans les cas accidentels; seule l'anamnèse nous permet de dire si nous avons affaire à la paralysie alcoolique aiguë curable ou à la paralysie incurable du fou.

Au fond, l'ivresse n'est pas autre chose qu'une folie artificielle et nous pouvons y constater deux faits psychiatriques fondamentaux : le premier

* Casper, Lehrb. d. gerichfl. med. Biol. Theil., p. 454. — Bayle, Annal, méd. psychoL, 1856, p. 433. — Lasègue, Archiv génér., 1853, I,p. 49. — Griesinger, Op. cit., p. 411.

LE TERRAIN D'EXPLORiVTION ET LES SCIENCES AUXILIAIRES 43

est que, suivant les conditions constitutionnelles, la même cause peut produire des types de maladies tout à fait différentes les uns des autres ; le second, c'est que des états d'agitation précèdent ces états de paralysie psychique qui se présentent dans les périodes de l'ivresse complète et de l'idiotie terminale, dénouement fatal de l'aliénation mentale. Dans la plupart des cas, l'effet de l'alcool se manifeste au début par une légère excitation maniaque.

Tous les mouvements physiques et intellectuels sont animés, le cours des pensées est plus rapide. Le taciturne devient bavard, le calme s'agite. La confiance en soi-même mène à l'audace, aux manières hardies, à la gaieté. On éprouve un plus grand besoin de mouvement musculaire, une véritable poussée de mouvement se manifeste par des chants, des cris, des rires, des danses et toutes sortes d'actes espiègles souvent inutiles.

On connaît encore les lois de la convenance, ou tient compte de la forme, des mœurs, et l'on exerce un certain empire sur soi-même. Mais, à mesure que les effets de l'alcool augmentent, on voit s'effacer, chez l'ivrogne aussi bien que chez le fou furieux, une série de représentations esthétiques et de jugements moraux qui d'habitude servent de contrôle et de frein au moi normal.

Dans cette phase lïvrogne se laisse complètement aller, étale ses défauts de caractère et ses secrets — in vino veritas —, passe outre à la morale et aux convenances, devient cynique, brutal, querelleur et violent. Il perd aussi la faculté de juger son propre état, il se croit aussi peu ivre que l'aliéné se croit fou, et il se fâche si on lui donne le vrai diagnostic de son état.

Enfin il arrive à un état de faiblesse psychique, à un trouble grave de la conscience; des hallucinations, une confusion et un état de profonde stupeur, d'idiotie avec bégaiement, démarche chancelante, mouvements incertains, terminent cette scène écœurante, tout à fait comme chez le paralytique.

La ressemblance entre la folie artificielle et la folie réelle ressort encore de ce fait que parfois, par suite d'une disposition particulière, l'ivresse évolue dès le début comme un délire aigu ou comme une frénésie transitoire, de même que par-ci par-là un cas d'ébriété devient la première cause d'une aliénation mentale durable qui en naît directement.

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