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DIFFICULTÉS ET POINTS DE VUE GÉNÉRAUX POUR L"ÉTUDE DE LA PSYCHIATRIE

L'étiologie ainsi que l'observation clinique ont fait assimiler la psychiatrie à la pathologie cérébrale et exigent la même méthode d'observation et de traitement que pour cette dernière en même temps que l'abandon des idées inspirées par l'exclusivisme psychologique ou même métaphysique. Malgré cette corrélation intime, Tétude des maladies psychiques paraît entourée de difïicultés particulières.

Au premier aspect ces maladies n'ont rien d'analogue avec les troubles des fonctions des autres centres du système nerveux : elles font l'effet de processus tout à fait à part.

Les procédés habituels de l'anatomie pathologique sont nuls ici, car les phénomènes cliniques et les constatations de l'autopsie ne peuvent que bien rarement être mis d'accord; les moyens auxiliaires usités et suivis pour faire le diagnostic ne sont absolument d'aucun service : nous n'avons que faire de Fauscultation, de la percussion, de la chimie pathologique sur le terrain psycho-pathologique. Ici nous nous trouvons pour la plupart du temps en présence de phénomènes d'un nouvel ordre, de phénomènes psychologiques. Des hésitations de la conscience, des troubles de la mémoire, des sentiments anormaux, au point de vue quantitatif et qualitatif, des conceptions, des désirs, etc., voilà les faits dont nous devons tirer nos conclusions sur la nature et la gravité de la maladie cérébrale.

La particularité des faits dans l'état de folie n'est cependant qu'apparente. Si les maladies mentales sont réellement des maladies cérébrales, elles doivent, malgré le caractère particulier de leurs symptômes et de leurs groupes de symptômes, suivre les lois générales de la physiologie et de la pathologie du système nerveux. Les lois de l'excitabilité et de l'excitation, de l'épuisement, de la transmission réflexe de l'effet vicariant, de l'irradiation et de la propagation, de la projection excentrique des phénomènes d'excitation, etc., doivent exister aussi pour ces fonctions.

Cette supposition est pleinement confirmée ; en efïe', partout nous rencontrons des symptômes d'excitabilité et de transmission réflexe facilitées ou entravées; la loi de l'apparition excentrique se montre à chaque pas.

LE TERRAIN D'EXPLORATION ET LES SCIENCES AUXILIAIRES :jo

L'évolution générale des maladies psycliiques correspond à celle des autres névroses; et nous voyous des phénomènes qui correspondent à la latence et à lintermittence temporaire, à l'exacerbation, à la rémission, à la périodicité du retour des symptômes.

Nous pouvons mettre les phénomènes psychopathiques plus à la portée de notre intelligence, les dépouiller quelque peu de leur caractère étrange, si nous essayons d'établir une certaine analogie entre eux et d'autres phénomènes pathologiques de la fonction nerveuse que nous connaissons mieux et si nous appliquons aux premiers la terminologie de ces derniers.

Ainsi nous avons jusqu'à un certain point le droit de parler d'hyperesthésie ou d'anesthésie psychique, de contracture ou de paralysie psychique, de laugmentation ou la diminution de la résistance par l'augmentation ou labolition de l'excitabilité du réflexe psychique. Mais l'hypothèse que la folie est une maladie, nous ouvre encore une autre source importante de renseignements.

La maladie est la vie dans des conditions anormales; maladie et santé ne sont pas des choses absolument opposées l'une à l'autre.

Les faits psychopathiques ne peuvent donc être fondamentalement différents de ceux de la vie physiologique; il doit exister entre ces deux parties de la vie des analogies et des transitions précieuses.

Cette supposition se trouve aussi confirmée. Les éléments dont se compose la vie psychique morbide sont les mêmes que ceux de la vie normale; il n'y a que les conditions de leur origine qui aient changé.

Dans la vie intellectuelle normale les conditions pour l'accomplissement des fonctions psychiques sont fà part la nutrition normale de l'organe des fonctions psychiques^ des initiatives venant du dehors i excitation des sensi ainsi qu'une sorte de réaction de l'organe psychique adéquate aux stimulants venus de l'extérieur. C'est la garantie de l'accord complet entre les faits perçus dans la conscience et les faits du monde extérieur. Le cerveau de l'aliéné se trouve dans des conditions anormales. Son écorce cérébrale est le siège d'un processus morbide qui fait que des phénomènes intérieurs (excitations et irritations la mettent en activité.

Son organe psychique produit spontanément, par conséquent sans être motivé par les faits et les influences du monde extérieur, des états d'esprit, des perceptions, des représentations, des désirs, etc. Par là le malade, dans sa vie intérieure, se met en contradiction avec la vie extérieure lalienatio mentis).

Mais la nature de ces phénomènes psychiques morbides nés dans l'intérieur, est la même au fond que celle des phénomènes psychiques produits par des stimulants venus du dehors.

Ce n'est pas d'après la qualité des faits psychiques, mais d'après leur mode d'origine qu'il faut juger.

Ces excitations intérieures centrales spontanées sont la conséquence des troubles de la nutrition qui se sont produits dans l'écorce cérébrale et qui ont la faculté d'exercer une action irritante. Ces troubles de la nutrition entrainent en outre deux troubles graves dans l'écorce cérébrale.

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Les conditions de la réaction produite par les excitations venant du dehors (excitabilité transformée, augmentée ou diminuée, ou changement qualitatif; changent.

Il y a ensuite un trouble de la conscience ^sans préjudice du trouble de la conscience amené par des excitations subjectives et spontanées;.

Alors il est à craindre que la conscience troublée donne à l'excitation iotérieure subjective la même importance qu'à l'excitation objective externe (hallucination, manie ; ce qui contribue à créer ce danger c'est précisément la loi de l'apparition excentrique et en général l'habitude ([u'on a de ne se laisser influencer psychiquement que par les faits objectifs du monde extérieur.

Ce trouble de la conscience (trouble de la raison, de l'espritj est fondamental pour la compréhension des phénomènes de l'aliénation mentale.

Il consiste particulièrement dans l'absence ou l'arrêt des phénomènes d'expérience antérieure (très important, quand il s'agit de l'origine des idées délirantes), dans la confusion (hallucination i ou dans le mélange (illusion) des impressions objectives avec celles qui partent des centres nerveux, dans la fausse interprétation des impressions reçues par la conscience troublée qui les attribue à des causes extérieures.

Comme le mystère de la transmission des pensées par la matière, les conditions de l'altération pathologique de la conscience restent inexplicables chez l'aliéné. On ne peut déceler que des causes isolées du trouble de la conscience et qui se présentent sous les formes suivantes : arrêt ou absence des images des souvenirs par exemple cécité psychique, surdité psychique i; arrêt ou al>seuce de séries entières de phénomènes de la vie normale. L'abolition, dans ce cas, peut être causée par une abolition définitive des phénomènes ('perte de la mémoire , l'arrêt par des états passionnels de l'àme (troubles dans l'association des idées, dans la marche des conceptions); on peut aussi noter comme causes l'abolition ou l'absence des sensations qui habituellement accompagnent le processus de la représentation, les troubles de la perception illusions) et la production de perceptions subjectives (hallucination) à coté des perceptions objectives.

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