‹ Traité clinique de psychiatrieChapitre 106 sur 138 · TROISIEME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIEME PARTIE

En faisant l'exposé général des prédispositions morbides, nous avons rappelé la fréquence avec laquelle les névroses se rencontrent chez les individus prédisposés et dont on peut souvent suivre la filière à travers toute leur existence.

C'est particulièrement le cas pour la neurasthénie, l'hystérie, l'hypo. condrie.

Cette présence des névroses n'est point due au hasard ; c'est un phénomène partiel clinique de la tare générale. La névrose est un facteur intégrant dans la prédisposition et dans le développement de la personnalité physico-intellectuelle, un fardeau dans la véritable acception du mot, que le porteur est forcé de traîner avec lui pendant la plus grande partie de son existence, dont il ne peut se débarrasser que rarement et passagèrement, et qui amène souvent une infirmité intellectuelle.

La névrose a une signification profondément constitutionnelle ; elle est évidemment causée par des anomalies dans la disposition et le développement du système nerveux central; par là, elle est le contraire manifeste et diffère profondément au point de vue du pronostic des névroses qui peuvent atteindre d'une manière bénigne et épisodique un système nerveux bien doué et accessible aux tentatives de guérison. Ce sont des différences étiologiques, cliniques et pronostiques analogues à celles qu'on constate dans les psychoses, suivant que ces dernières se sont développées sur une tare ou non. Qu'on songe à la différence qui existe entre une folie raisonnante mélancolique, constitutionnelle bien que se manifestant d'une manière bénigne, et une mélancolie à forme de psychonévrose. Dans tous les cas l'analogie est parfaite en ce qui concerne la différence entre une neurasthénie postpuerpérale ou postfébrile aiguë ou subaiguë et une neurasthénie constitutionnelle bien que bénigne en elle-même qui s'est manifestée dès le premier âge, qui s'est développée avec les processus de la puberté, qui vous accompagne toute la vie comme le lot fatal d'un système nerveux central à prédisposition morbide, qui de temps en temps devient latent, mais toujours réapparaît par suite d'accidents minimes. Une telle personnalité est, durant toute sa vie, menacée de verser dans une maladie mentale qui doit être souvent interprétée comme le stade terminal d'un état morbide tendant à prendre un développement de plus en plus vaste et dégénératif.

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