LA PSYCHIATRIE AU MOYEN AGE
La disparition de l'ancien empire romain avec sa civilisation, la migration des peuples n'étaient nullement propices aux progrès des sciences. La médecine tombe en décadence et végète péniblement dans les couvents, chez les Arabes et dans les écoles professionnelles, comme celle de Salerne. Bien entendu la réaction se fait surtout sentir sur le terrain le plus obscur de la médecine, la psychiatrie.
Les recherches empiriques et scientifiques sont remplacées par la charlatanerie, le mysticisme et la superstition la plus grossière. Les idées du Nouveau Testament, qui considère l'aliéné comme un possédé du démon, ne sont guère favorables aux idées éclairées; aussi ne devons-nous pas nous étonner de ce que la thérapeutique comprit alors des exorcisme?, des jeûnes, des formules de conjuration, des remèdes de bourreau, mémo des tortures et la peine de mort.
Aussi les illusions de ces siècles d'obscurantisme se reflétaient fidèlement dans Je délire des malheureux malades c[ui, au moyen âge, présentaient pour la plupart les symptômes de la démonomanie.
Le traitement des aliénés fut confié aux prêtres qui, pleins d'un fanatisme aveugle, ont répondu par le bûcher et la torture aux prétendues hantises des sorciers et du diable, ou bien ont essayé de chasser par de vigoureux exorcismes le méchant démon.
Innombrables sont les procès intentés pour sorcellerie, innombrables sont les malheureux, pour la plupart des mélancoliques, qui y ont trouvé la mort. Ainsi, dans la principauté électorale de Trêves, on exécuta en quelques années 6,o00 individus qu'on prétendait ensorcelés.
Quant aux fous furieux qui ne sont pas moins dignes de pitié, on les tenait enchaînés comme des bêtes fauves dans des cachots ténébreux, jusqu'à ce qu'ils périssent dans la misère et dans l'ordure. Seul un petit nombre de malades, dont l'idée fixe n'avait rien de choquant pour l'Eglise, trouvaient parfois un refuge dans les couvents et dans les établissements religieux.
Ainsi le sort des aliénés resta le même pendant des siècles. Bien que