‹ Traité clinique de psychiatrieChapitre 17 sur 138 · DEVELOPPEMENT DE LA PSYCHIATRIE COMME SCIENCE · texte numérisé non relu

DEVELOPPEMENT DE LA PSYCHIATRIE COMME SCIENCE

développement et d'heureux progrès, qui auront pour premier but réalisable de fusionner complètement la psychiatrie, du moins au point de vue de l'observation scientifique, avec la pathologie cérébrale.

A côté de la méthode d'observation clinique, malheureusement trop peu suivie encore, qui cherche aussi à étudier dans l'état délirant les phénomènes somatiques et spécialement les phénomènes pathologiques cérébraux et qui, par ce fait, devient une méthode d'observation neuropathologique, à côté de l'observation biologique et anthropologique qui pénètre dans les mystères de l'étiologie et de la pathogénie, ce sont les recherches anatomiques qui prépareront la voie pour la compréhension pathologique et qui conduiront la psychiatrie au but que nous venons d'indiquer plus haut.

Par la découverte des espaces lymphatiques, par l'étude de la circulation cérébrale, par l'étude de l'innervation de ses vaisseaux, la nouvelle méthode anatomico-physiologique a fait la lumière sur la circulation et sur la nutrition du cerveau. Malheureusement la chimie n'est pas encore en mesure de donner les lois et les résultats des mutations intraorganiques. La psychologie empirique, en partant d'une base psychologique exacte, prépare la compréhension des phénomènes psychologiques de la vie psychique, tandis que la psychiatrie clinique, en se basant sur les expériences de toute la neuropathologie, cherche à explorer, par la voie de l'observation clinique exacte et en s'armant de tous les moyens d'investigation, Tensemble des phénomènes cérébraux pathologiques et à utiliser les résultats cliniques pour établir des types de maladies la folie réelles expérimentalement et pour les classer.

Les recherches les plus récentes de la physiologie expérimentale et de la pathologie sur ces faits que les phénomènes du mouvement, de la perception, des sécrétions, de la formation de la chaleur, de l'innervation des vaisseaux, sont rattachés à certaines régions délimitées de l'écorce cérébrale, auront probablement une grande importance pour la psychiatrie. Tandis que, d'une part, elles confirment la tlièse qu'il faut des maladies diffuses de l'écorce cérébrale pour provoquer des psychoses, elles permettent d'autre part de comprendre comment peuvent subsister certains ti'oubles élémentaires psychiques, comme phénomènes d'excitation et d'abolition, en même temps que les fonctions psychiques restent intactes dans leur ensemble, de sorte que ces troubles élémentaires sont pour ainsi dire des phénomènes fonctionnels en foyer (aphasie, cécité d'àme, hallucinations isolées, etc.). On a fait aussi des essais, jusqu'à un certain point légitimes, pour interpréter les phénomènes psychopathiques en se basant sur les faits de localisation constatés récemment. Ainsi Weruike {Ùber den wissenschaftlichen Stand fun/d in der Psychiatrie, 1880) explique la démence paralytique par les pertes progressives des images de souvenir et des conceptions de mouvement qu'ont reçues les divers centres moteurs et sensoriels de l'écorce cérébrale atrophiée (phénomènes d'absence, ; les troubles moteurs sont interprétés comme une perte des conceptions de mouvement. L'explication de la monomanie des grandeurs par un état d'excita-

tion dans le domaine des représentations des souvenirs qui constituent la personnalité, est un peu risquée. Une thèse beaucoup plus acceptable est celle qui attribue la confusion, la perplexité, le manque d'orientation et les émotions réactives des malades atteints de folie aiguë et de délire, au fait que les images des souvenirs ne répondent plus aux impressions venues du monde extérieur et que cette contradiction a lieu par suite d'un changement morbide des substrata matériels, des cellules ganglionnaires.

Envisagées sous le jour de la nouvelle physiologie de Técorce cérébrale, les hallucinations seraient des phénomènes d'irritation produits dans les centres sensoriels correspondants (Wernike, Tamburini, Westphal), et l'impulsion motrice du fou furieux ne serait que l'effet des excitations des centres sensitivo-moteurs du cerveau antérieur (Wernike et autres). Crichthon Brov^ne {Brain, oct. 1880) explique même l'agitation motrice de certains groupes de muscles chez les fous furieux par l'irritation des centres moteurs et comme une conséquence de l'hyperhémie locale.

Malheureusement les faits trop peu nombreux acquis par les recherches de l'anatomie pathologique, ne nous permettent pas de placer en face des types cliniques des constatations anatomo-pathologiques uniformes et de remplacer les dénominations clinico-symptomatologiques par une terminologie anatomo-pathologique.

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