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TROUBLES DES FONCTIONS MOTRICES

En première ligne et à la suite des troubles de la sphère psycho-motrice, nous devons rappeler ici le l'ait que les phénomènes psychiques communiquent une excitation continuelle (font vibrer pour ainsi dire) le système musculaire volontaire tout entier, et de cette excitation dépend non seulement l'expression physionomique, mais aussi l'attitude, l'intonation, le timbre de la voix, etc. Cette innervation psycho-motrice est changée par les processus psychiques morbides et ces derniers se reflètent dans l'aspect extérieur du malade. D'autre part, elle est perçue et utilisée par la conscience malade comme un changement dans la tonicité musculaire'. On peut prétendre qu'à chaque état psychopathique, comme dans les affections de la vie physiologique, correspond un faciès spécial, une expression physionomique particulière^ et un état d'ensemble des mouvements, signes qui permettent à l'observateur expérimenté d'établir un diagnostic approximatif dans une rencontre passagère.

La description détaillée de ces types physionomiques, tels qu'ils se manifestent dans les changements du regard, de l'expression, des gestes et de l'attitude générale du corps, se dérobe à toute considération théorique ; les photographies même ne peuvent remplacer que bien incomplètement l'observation directe.

On n'en peut pas non plus entreprendre ici l'analyse; ce n'est que pour donner des exemples que nous citons : la mine chagrine et ridée de Ihypocondriaque, la physionomie mobile et incertaine du maniaque dans toutes ses émotions, l'expression fatiguée du fou, les yeux éplorésde l'hystérique et de l'erotique, la démarche courbée et fuyante du mélancolique, le pas assuré et hautain de l'individu atteint du délire des grandeurs, la démarche lourde et maladroite ainsi que le sourire hébété de l'idiot. Dans les états de faiblesse mentale (démence paralytique, sclérose cérébrale

' Solbrig, Allf/. Zei/sc/u: f. l'sijch., 28, p. 369.

* Krauss, Allçi. Zeitschr. /'. Ps/jch., 10. — Danierow, Ibid., 17. — Piderit, Ibid., 18. — Laurent, Annal, niéd. psychoL, 1863, mars, mai. — Dagonet, Trailé des nialad. ineaL., p. 70. — Oppenheim, Zeitschv. f, Psi/ch., 40, p. 840.

multiple), j'ai observé parfois de la paramimie, le malade émettant une idée gaie avec une mine pleurnichante et vice versa.

Un autre groupe important de trouble moteurs est formé par les anomalies des fonctions des centres moteurs (y compris celles de l'écorce cérébrale qu'on n'a appris à connaître que tout récemment), par les anomalies des fonctions des voies conductrices et enfin par les phénomènes d'excitabilité réflexe anormale.

L'observation de ce groupe est d'une grande valeur pour le diagnostic et le pronostic.

Ces troubles peuvent :

1° Préexister, comme phénomènes consécutifs à des maladies nerveuses antérieures (tremor, crampe faciale, etc. ou à des anomalies congénitales (innervation faciale inégale, etc.. comme signe de dégénérescence fonctionnelle) ;

2" Surgir avec la maladie psychique :

ai. Comme symptômes de complication causés par des souffrances générales (anémie,, des névroses (chorée, hystérie, épilepsie) ou par des maladies locales qui n'ont aucun rapport avec la psychose (tumeur cérébrale, apoplexie, etc.).

&). Comme troubles en rapport avec les symptômes psychiques et provoqués par le même processus anatomique que les symptômes psychiques eux-mêmes (démence paralytique, délire aigu, etc.;.

Ils peuvent encore être occasionnés par des changements dans les centres réflexes anatomiques et psycho-moteurs, par des troubles dans les voies de conduction motrice, par des troubles des fonctions sensitives et des réflexes anormaux produits par ces troubles. Tous les troubles fonctionnels possibles peuvent être observés :

1° Paralysies comme suite de processus localisés ou diffus de la moelle épinière et du cerveau (démence paralytique, sénile, alcoolisme chronique, délire aigu ; phénomène d'une importance particulière, les paralysies dans le domaine du nerf hypoglosse facial et oculomoteur; puis les troubles de déglutition, comme symptômes bulbaires dans le stade final de la démence paralytique et du délire aigu ;

2° Crampes par anémie capillaire des régions cérébrales motrices (crampe vasculaire, œdème, etc.), ou par l'augmentation de l'excitabilité réflexe. A cette catégorie appartiennent certains troubles de la déglutition dans le délire aigu et chez les hystériques. Une variété de crampe qui se rencontre assez souvent dans la folie, c'est le grincement de dents (portio minor trigemini; qu'on observe dans la démence paralytique, dans l'idiotie hydrocéphalique, dans le délire aigu ;

3*^ Contractures chez les idiots, conséquence des défectuosités primitives et des maladies cérébrales, ou bien se produisant dans les maladies localisées (par exemple, apoplexie, sclérose), parfois aussi par suite d'une attitude accroupie trop longtemps prolongée ou par l'abus de la camisole de force ;

4° Tremor par anémie, par intoxication alcoolique, par affections céré-

TROUBLES DES FONCTIONS CEREBRALES DANS LE DELIRE loi

braies organiques scléroses, démence paralytique), parfois aussi comme expression d'une agitation psychique (peur) ;

0 ' Troubles de coordination 'démence paralytique, délire aigu) , par changements organiques dans le mécanisme de la coordination, par perte des conceptions de mouvement, par absence du sentiment musculaire '.

' Les nombreuses expériences faites sur les aliénés pour étudier les conditions de leur excitabilité électrique n'ont jusqu'ici donné aucun résultat certain et semblent n'avoir au point de vue du diagnostic aucune importance.

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