NATIONALITE. CLIMAT. SAISONS
Ces facteurs sont de nature complexe, car la nationalité comprend en même temps la race, le genre de vie et d'occupations, la forme du gouvernement et du culte, le degré de civilisation et de moralité.
De plus les statistiques des aliénés ne sont pas faites avec la même exactitude dans tous les pays; elles ne sont pas dressées aux mêmes points de vue, et ne peuvent satisfaire complètement les exigences scientifiques. En somme le pourcentage des cas de folie ne varie pas considérablement avec les diverses nations civilisées, pas plus qu'entre les peuples des zones torrides et ceux des régions plus froides. Les préjudices que peut causer la
' Flemming, Allçi. Zeitschr, f. Psijchiat.,\n, p. 35. — Lnnier, Annal, méd. psi/ch., 1857, janv., mai. — Wilkovvsky, Areh. f. Pst/ch. VI, Einftuss der Belageranf) von Stmssburg avf die geisttr/e GesundheU: der Einwohner). — Legrand du Saulle, Gaz. des hop., 181 [ p. 102, 103 (le même sujet pour Paris, 1870-1871).
* Irrenfreund, 1872, p. 770. — Laboi-de, Les hommes et les actes d'insurj-ecllon de Paris devant la psychologie tiwrbide. Paris, 1872.
174 PATHOLOGIE ET THERAPEUTIQUE GExNERALES DE LA FOLIE
chaleur chez les premiers, sont richement compensés parles excès d'alcool que fout les habitants des pays septentrionaux.
Dans certains pays où des miasmes telluriques exercent leur influence et conduisent à la dégénérescence crétineuse, on trouve non seulement plus de maladies psychiques qu'ailleurs, mais encore une fraction considérable de la population est affligée d'infirmités psychiques i idiotie j et somatiques fgoitre, etc.). L'influence d'une alimentation insuiïisante et non appropriée aux besoins, se manifeste non seulement par la fréquence de la scrofulose, du rachitisme, de la tuberculose, de la pellagre alimentation par le maïs chez les paysans de la Haute Italie), mais aussi par l'anémie constitutionnelle et ses conséquences : constitution névropathique et psychopathique Comp. l'épidémie hystéro-psychopatique de Morzine en Savoie).
On a souvent admis que l'été prédispose plus aux maladies mentales que la saison froide. En effet, les asiles d'aliénés, notamment dans les pays agricoles, reçoivent plus de malades pendant les mois d'été ; mais il s'agit le plus souvent d'individus malades depuis longtemps et qui, pendant les mois d'hiver, étaient moins gênants pour leurs familles que pendant l'été, où les travaux des champsréclament toutes les forces, ce qui les a fait amener dans les asiles.
Dans nos climats, la chaleur de l'été aggrave l'état des individus qui sont déjà malades depuis longtemps, mais il est rare qu'elle produise directement la maladie.