CULTES
La statistique s'est donné beaucoup de peine pour établir quelle est la proportion des cas de folies dans les différents cultes et elle a, par exemple,
trouvé que chez les juifs et chez certaines sectes la proportion des cas d'aliénation est extraordinairement élevée. La folie n'a de rapports avec le culte religieux que quand les dogmes créent des empêchements au mariage et empêchent les fidèles, surtout quand ils sont en petit nombre, de croiser suffisamment la race et de faire une sélection continue et restreinte entre eux-mêmes.
On se trouve donc ici en présence d'un phénomène analogue à celui qu'on observe chez les familles de la haute aristocratie et de la haute finance qui, pour des raisons d'étiquette ou d'argent, se marient continuellemeut entre elles et ont souvent de ce fait des descendants aliénés. Ici encore la cause n'est pas de nature éthique, mais d"ordre anthropologique.
En somme on doit admettre que la vraie religion, l'éthique pure, en ennoblissant l'esprit humain, en l'élevant vers l'idéal et en prodiguant des consolations aux moments de détresse, diminue les dangers et les menaces d'aliénation mentale.
Il n'en est pas de même quand le sens religieux se fausse en un zèle mystique et bigot, dont l'enveloppe hypocrite cache souvent les plus basses passions.
Mais il est nécessaire que là encore il existe une forte prédisposition pour que ce facteur puisse produire occasionnellement un effet décisif.
Beaucoup de ceux qui perdent la tète à confesse ou pendant le sermon, sont des idiots mélaDcoliques: beaucoup de ceux qui cherchent une protection et des consolations en se réfugiant dans la religion sont des naufragés des orages de la vie qui. en entrant dans le port, sont déjà brisés physiquement et moralement.
Souvent une religion excessive est déjà le symptôme d'une prédisposition originairement morbide du caractère ou le signe d'une maladie réelle; il n'est pas rare que sous les dehors chastes de l'exaltation religieuse se cachent une sensualité morbide et une agitation sexuelle conduisant à des aberrations très importantes au point de vue étiologique\
CELIBAT
L'aliénation mentale est beaucoup plus fréquente chez les célibataires que chez les gens mariés', ce qui, selon Hagen, s'explique par le fait que le nombre des célibataires arrivés à l'âge critique est plus considérable dans la population, qua cet âge ils sont plus sujets à la maladie, que souvent c'est le trouble mental déjà existant qui a empêché la conclusion du mariage, et qu'enfin les meilleures conditions hygiéniques de la vie conjugale, les rapports sexuels réguliers, exercent un effet prophylactique.
Mais la vie maritale peut aussi avoir des dangers pour la santé de
' Maudsley, Op. cit.. p. 218; Allfje/n. Zeltschr.f.Psych.. 11, fasc. 2, 3,4, 13, fasc. 3, i, 17.
- Hagen, Recherches statistiques : Hommes: 61 p. 100 célibataires; .35.8 p. 100 mariés; 25 p. 100 veufs ou divorcés. Femmes : 54.9 p. 100 célibataires; 33,6 p. lÛO mariées; Hjl p. 100 veuves ou divorcées.
LES CAUSES DE LA FuLIE 177
lesprit. quand les caractères des époux sont incompatibles, quand il faut se procurer des moyens d'existence pour une famille, ce fjui exige de plus grands elïorts matériels et intellectuels, quand des revers de fortune de toutes sortes peuvent faire de hi lutte pour hi vie un combat désespéré.
Chez l'homme, le calme de l'esprit et du caractère peut être compromis I)ar les défauts de caractère, le gaspillage, la coquetterie, les vexations de l'épouse, hystéropathe ou déséquilibrée de l'utérus: chez la femme, le même efïet peut provenir de la brutalité, de l'ivroa-nerie. de riulidélité du mari.
Brosius {Irrenfreund) décrit un genre de folie particulier aux femmes mariées et qui souvent, hors des asiles, est la source de Ijien des malheurs de famille.
C'est une dépression douloureuse chronique avec vive irritation contre l'époux et allant parfois jusqu'à de violentes explosions de colère. Cette dépression morale est motivée par des plaintes non fondées) contre la négligence et l'infidélité de l'époux. Ou compromet et on insulte sans égards le mari et les prétendues rivales. La jalousie et la susceptibilité transforment ces femmes en véritables espionnes. La logique formelle et la possiliilité que leurs plaintes puissent être fondées trompent souvent le public sur leur état d'esprit morbide, bien que le sans-gène de leur conduite soit assez frappant.