‹ Traité clinique de psychiatrieChapitre 66 sur 138 · I. — Pronostic de la conservation de la vie · texte numérisé non relu

I. — Pronostic de la conservation de la vie

Pour le pronostic de la conservation de la vie, on peut dire qu'en général l'aliénation mentale abaisse la moyenne de la durée de la vie, La cause

1 Guislain, Maladies mentales: traduit en allemand par Lahr, p. 338 (citations des ouvrages anciens). — Morel, Traité des mal. ment., p. 495. — Flemming, l'si/chosen.

eu est en partie dans la plus grande mortalité de ces malades, notamment en ce qui concerne la tuberculose, ainsi que dans le pronostic plus mauvais que comportent les maladies qui viennent compliquer la folie; en partie aussi dans ce fait que le trouble nutritif du cerveau entraîne facilement des troubles histologiques délire aigu, etc.), ou de l'inanition du cerveau ou des complications œdème cérébral, convulsions). Ajoutons cette circonstance que souvent la psychose provoque des auto-blessures, le refus de nourriture, et qu'elle a une action épuisante par les émotions et rinsomnie. Le pronostic quoad vitam dépend directement :

P De la nature du processus morbide : les maladies idiopathiques, la démence paralytique et les processus analogues mènent toujours à la mort;

:2'-' De l'âge : à un âge avancé il se produit facilement un épuisement mortel ;

3" Du stade et de la marche de la maladie : plus la marche de la maladie est orageuse et plus la maladie est de récente date, plus les cas de décès sont nombreux.

D'après Béhier sur 17,167 aliénés 12 p. 100 sont morts dans le premier mois-de la maladie, 7 p. 100 dans le second, 6 p. 100 dans le troisième.

Dans les périodes suivantes de l'aliénation mentale la mortalité baisse considérablement, mais elle reste cinq fois plus grande que celle des individus normaux du même âge Hagen, Statist., Untersuch., p. 281,.

Chez certains individus, le fait que les émotions disparaissent avec les progrès de la maladie, puis le genre de vie réglé, régulier et purement végétatif des asiles peuvent avoir pour effet de conserver la vie. Ainsi certains pensionnaires des maisons de santé ont atteint quatre-vingts à quatre-vingtdix ans et ont été pendant cinquante à soixante ans aliénés.

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