TRAITEMENT PENDANT LA CONVALESCENCE
Dans la période de convalescence le malade a encore bien besoin des soins du médecin. Le mode de rétablissement somatique et intellectuel doit être surveillé ; il faut tenir compte des avertissements discrets donnés par la maladie qu'on vient de traverser ; il faut achever la cure des troubles négatifs qui n'ont pas encore tout à fait disparu (anémie, maladies utérines, etc.), et qui sont très importants.
Souvent l'insomnie persiste encore pendant un long laps de temps et exige de la surveillance et des ordonnances médicales appropriées.
Il suffit de rappeler simplement à ce propos que l'affaiblissement et l'épuisement physiques, comme c'est le cas après les maladies graves, ne doivent pas être traités par les stimulants, mais seulement par la diététique.
Le convalescent est encore faible au physique, très sensible au moral ; et pourtant il a déjà la nostalgie de sa carrière et de sa famille.
Il s'agit alors de temporiser. Les visites prématurées de la famille doivent être empêchées, car ordinairement elles enlèvent trop tôt le malade au traitement médical et par là elles font craindre les rechutes.
Les renvois prématurés sont toujours dangereux, notamment quand le malade à peine guéri retrouve chez lui la vieille misère, souvent même la raillerie, la méfiance et un traitement sans tendresse.
Chaque convalescent devrait être maintenu quelque temps en quarantaine avant de quitter l'asile et ne devrait essayer que graduellement sa capacité au travail.
Dans certains cas rares, chez certains individus à l'esprit borné, irritables et tourmentés par la nostalgie, une longue détention à l'asile est dangereuse*.
Il faut alors de deux maux choisir le moindre et accorder le renvoi pour prévenir une rechute qui pourrait se produire à l'asile même.
Toutes les fois que les conditions le permettent, le malade guéri, avant de
■ Sur l'utilité du renvoi avant le temps, voir Irrenfveund 1871, 2, 1871, 5, 6.— Taguet, Annal, méd. psychoL, 1879, sept.
reprendre son ancienne carrière, devrait traverser une période intermédiaire en prenant séjour dans une famille amie, ou à la campagne, ou en faisant un voyage.
A cette mesure ou peut rattacher des prescriptions médicales, telles que bains de mer, cure thermale, station climatérique, etc.