MANIE
Comme phénomènes fondamentaux de l'aliénation maniaque, on note : une altération du sentiment de soi-même avec un état d'esprit où la gaîté prédomine, une facilité et une accélération anormales dans la marche des actes psychiques allant jusqu'à une licence complète de la vie psychomotrice psychique. La manie présente donc un tableau morbide qui est juste l'opposé de celui de la mélancolie. Pas plus que dans cette dernière, les anomalies de l'humeur dans la manie ne peuvent s'expliquer exclusivement par le changement dans la marche des processus psychiques marche qui dans ce cas est facilitée), bien qu'on ne puisse contester qu'en s'apercevant de cette facilité dans l'accomplissement de ses mouvements psychiques et de l'absence de toute entrave, le malade en reçoive un fort supplément de sentiments joyeux-. Les deux phénomènes fondamentaux doivent être envisagés comme liés l'un à l'autre, et ils s'expliquent fonctionnellement peut-être par le dégagement plus facile des forces vives et anatomiquement par une plus grande abondance de sang dans l'organe psychique.
Dans la sphère de la manie aussi on peut distinguer deux formes cliniques qui ne diffèrent que par leur degré et qui ont beaucoup de points de
' Littérature : Jacobi, Die Baiiptformen der Seelenslôriaïf/. — Spielmann, Diar/nostif,-. — Sessen, Berlin, encyldop. Wôrferbuch,' XXW, 1740. — Wachsmuth, Allg. Zeitschr. f. Psych, 15, p. 325. — Meynert, Oeslerr. Zeitschr. f. prakt . Heilk, 1871 et Anzeiçjei- der Gesellschaft der Aerzte in Wien, J875. — Schiile, Handb, 416 et 464. — Mendel, Die Manie. Monographie, Vienne, 1818.
"- Mendel [op. cit., p. 173) déclare que l'anomalie d'humeur est un symptôme accessoire et secondaire qui dépend du sujet de l'image mentale, de la plus grande facilité avec laquelle cette image se produit et des entraves plus ou moins grandes que l'impulsion aux actes rencontre. Il donne par conséquent de la manie la définition suivante : C'est une maladie cérébrale fonctionnelle caractérisée par une accélération morbide au cours des représentations et par l'accentuation morbide de l'irritabilité des centres moteurs du cerveau. Il faut opposer à cette définition le fait qu'il y a chez le maniaque des périodes où il est aménomaniaque sans présenter précisément le phénomène de la poussée d'idées ou de la fuite d'idées et que le degré du contentement joyeux de soi-même ne correspond pas toujours au degré d'accélération de la conception. Puis il y a aussi fuite des idées chez les délirants, les fébricitants, etc., sans qu'elle soit accompagnée d'une humeur gaie et par contre l'absorption de l'alcool peut provoquer cette gaîté sans accélérer en même temps la marche des pensées.
contact : un léger, l'exaltation maniaque ; et un plus grave, la folie furieuse.