‹ Traité clinique de psychiatrieChapitre 93 sur 138 · FOLIE SECONDAIRE ET IDIOTIE TERMINALE · texte numérisé non relu

FOLIE SECONDAIRE ET IDIOTIE TERMINALE

(terminaisons incurables des PSYCnONÉVROSES ; DÉBILITÉ PSYCHIQUE SECONDAIRE '.)

La terminaison fatale de toutes les psychonévroses qui n'arrivent pas à disparaître, est un processus de décomposition progressive de l'existence psychique, un écroulement de la personnalité jusque-là unie au point de vue historique et au point de vue intellectuel. Ce tragique déclin psychique qui précède la fin physique s'accomplit parfois très rapidement, et il est l'expression d'altérations cérébrales graves, comme il en existe notamment dans la folie furieuse; dans d'autres cas, cette décadence ne se produit que progressivement : ce sont d'abord les fonctions éthiques, ensuite les fonctions intellectuelles, spécialement la mémoire et les opérations de la logique qui deviennent défectueuses, jusqu'à ce que finalement les processus de la perception et tous les mouvements émotifs baissent et que de l'ancienne existence humaine il ne reste que l'enveloppe physique avec ses fonctioDS automatiques et purement végétatives.

Un des premiers symptômes de la ruine psychique qui va éclater, c'est la physionomie du malade. Elle prend un caractère de contorsion particulière causée en partie par l'innervation inégale des groupes musculaires homologues, en partie par la contracture mimique. L'expression du visage a un air vieilli, usé ; par suite de modifications dans la tension de l'œil, ce qui donne au regard une fixité étrange, elle a même un air sinistre.

En entrant dans le stade de l'imbécillité, la physionomie devient vide, sans aucune expression, car aucune émotion ni aucun mouvement psychique ne s'y reflètent plus.

Les troubles des fonctions sensorielles, vaso-motrices et végétatives, souvent très nets dans les folies émotives, sont, dans ces états de débilité psychique, relégués au second rang. Les processus végétatifs, le sommeil, la nutrition, etc., quand on ne se trouve pas eu présence de complications somatiques, ne présentent aucun trouble notable.

' Griesinger, Falhol. d. psijch. KrankJieileii, p. 322. — Wunderlich, Pathol., IP section, 1, p. 1360. — Krtipelin, Arch. f. l'sych., XIU, fasc. 2. « L'eber psychlsche Schwache. »

Par contre, il y a différents troubles trophiques, qu'on ne peut pas encore interpréter exactement, et dont l'expression totale est la sénilité prématurée qui fait paraître ces malades plus vieux qu'ils ne sont en réalité.

Ces dystropliies et ces atrophies se manifestent spécialement par le grisonnement prématuré des cheveux, la déperdition de la graisse, la sécheresse et le manque de fraîcheur de la peau, la lenteur de la circulation capillaire, la tendance aux œdèmes, le pityriasis, l'hématome de l'oreille, la dégénérescence adipeuse des organes, notamment du cœur, et l'artério-sclérose prématurée.

C'est là ce qui explique en partie le marasme et la courte durée de la vie des pensionnaires des asiles.

Il paraît presque impossible d'établir des types cliniques généraux de ce processus de décomposition psychique si varié individuellement au point de vue qualitatif et quantitatif. En somme, on peut ici distinguer deux formes fondamentales :

1° La folie secondaire ;

2° L'imbécillité terminale avec ses deux variétés cliniques : a). L'imbécillité avec agitation ; p). L'imbécillité apathique.

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