‹ Traité clinique des maladies de la moelle épinièreChapitre 18 sur 108 · V. - DISTRIBUTION DES NERFS A LA PÉRII'IIÉHIE · texte numérisé non relu

V. - DISTRIBUTION DES NERFS A LA PÉRII'IIÉHIE

Il est très important, au point de vue clinique, de savoir à quels départements de la périphérie correspond un point donné de la moelle. Fa\ effet, les altérations de cet organe se manifestent surtout par des symptômes périphériques : aussi est-il naturel de se demander à quel niveau les nerfs d'une région déterminée pénètrent dans la moelle et quel est leur trajet ultérieur. La question a une importance particulière pour les nerfs sensitifs et moteurs, bien qu'elle ait été soulevée également pour les nerfs de la vessie, du rectum, etc.

Le besoin de ces localisations s'est fait sentir il y a bien longtemps déjà : c'est ainsi que nous trouvons dans Galien des indications sur les régions périphériques qui correspondent à certains départements de la moelle. Galien dit que la sensibilité et la motilitè sont complètement abolits dans les bras loi'sque la moelle est lésée au niveau de la 5' vertèbre cervicale ; quand la lésion siège au niveau de la 6' , la sensibilité n'est que partiellement atteinte et la partie supérieure du bras reste indemne ; elle le reste encore bien davantage lorsque l'altération est située à la hauteur de la 7' vertèbre cervicale ou de la 1'* dorsale, et quand elle se trouve au niveau de la 2" dorsale les bras sont complètement libres. Depuis on a cherché à déterminer avec le plus grand soin à quelle région se distribue chaque racine et quel est son point d'origine dans la moelle. Aussi sommes-nous à même, à présent, étant donné un symptôme nerveux périphérique, de dire à quelle racine ou à quel département de la moelle il doit être rapporté.

Les troncs nerveux formés des racines antérieures et postérieures traversent les trous de conjugaison, au nombre de 31 paires. Le renflement cervical est situé entre la 3'= vertèbre cervicale et la 2« dorsale, le lombaire entre la 10" dorsale et la !'"« ou 2<= lombaire ; plus haut que ces renflements naissent les nerfs cervicaux, dans leur intervalle les paires dorsales, et au-dessous d'eux les nerfs sacrés et coccygiens.

La topographie périphérique des nerfs crâniens, aussi bien que des premières paires cervicales, nous est suffisamment connue par l'anatomie, grâce à ce fait qu'ils se distribuent sans se confondre et qu'ils émanent d'une région très limitée équivalente à l'épaisseur d'une vertèbre. La même considération s'applique aux nerfs dorsaux. Il n'en est pas de même des plexus. Les branches de ces derniers proviennent d'un segment de moelle correspondant à plusieurs épaisseurs de vertèbres, à 6 pour le plexus cervical, à 4 pour le plexus lombo-sacré ; comme chacun des troncs nerveux aftërents se mélange et s'anastomose largement avec ses voisins, il est impossible de poursuivre le trajet de chacun d'eux isolément. L'anatomie nous apprend le trajet des branches efterentes des plexus, mais ne nous indique nullement quelles sont les relations de ces mêmes branches avec telle ou telle racine spinale. Or, comme une épaisseur de 4 à 6 vertèbres correspond à un département considérable de la moelle, il devient urgent de savoir à quels points plus précis de cet organe répondent les rameaux nerveux périphériques. On détermine la distribution des fibres motrices très simplement en les interrogeant par l'excitation mécanique ou électrique, qui donne une réponse immédiate et précise, On peut interroger les fibres sensitives d'après la métliode d'Eckhard qui consiste à couper toutes les racines postérieures, à l'exception d'une et à rechercher quels arrondissements de la peau ont conservé lyur sensibilité ou leur pouvoir réfleXe. Ou bien inversement on peut, comme l'a fait Tiirk, couper une seule racine et léterminer la portion de peau qui a été rendue insensible. Il résulte des recherches d'Eckhard que la moelle fournit des fibres motrices à tous les muscles volon-

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