‹ Traité clinique des maladies de la moelle épinièreChapitre 30 sur 108 · ANATOMIE PATHOLOGIOUK DE LA MOELLE · texte numérisé non relu

ANATOMIE PATHOLOGIOUK DE LA MOELLE

rainée, on trouve sur la tunique externe des vaisseaux, des épaississements tels qu'on est autorisé à }' voir une néoformation de tissu conjonctif. — Il j a production nouvelle de tissu cellulaire lâche dans la cicatrisation ou l'enkystement des points ramollis ou des foj^ers hémorrhagiques.

11 se forme du tissu conjonctif nouveau en plus grande abondance dans les cas de néoplasmes proprement dits, par exemple lorsqu'il y a hypertrophie et induration de la substance gélatineuse qui entoure le canal central, ou encore dans les cas de gliômes, de tubercules, etc.

d. Vaisseaux. — La dégénérescence graisseuse des vaisseaux se voit très fréquemment; elle accompagne la plupart des processus morbides qui ont la moelle pour siège, et elle se montre aussi indépendamment d'eux. Partout où l'on voit des corps granuleux, on peut dire que les artérioles, les veinules et les capillaires sont altérés, à tel point qu'on a placé dans les vaisseaux le point de départ de ces altérations (L. Meyer, Jolly). On rencontre aussi cette dégénérescence graisseuse des parois vasculaires et cette accumulation de corps gi'anuleux dans la tunique celluleuse, pendant le cours des maladies aiguës (tuberculose, typhus, fièvre puerpérale, — Buhl, Simon), ou bien chez les vieillards. Ces lésions n'ont par ellesmêmes aucune importance, bien qu'il ne soit pas impossible que la gène circulatoire qui en résulte entrave la nutrition et cause des troubles fonctionnels avant que les éléments nerveux ne présentent aucune altération apparente. A. cette dégénérescence sénile des vaisseaux se rattache la production de petits amas de pigment jaunâtre et aussi de grains calcaires : mais il est rare de constater une infiltration calcaire prononcée dans les vaisseaux de la moelle.

Les petits vaisseaux présentent souvent, avec ou sans altération graisseuse, une dégénérescence scléreuse : leur paroi s'épaissit, devient homogène, brillante, on dirait d'une dégénérescence amyloïde, moins la réaction caractéristique. Dans la moelle comme dans le cerveau, on voit souvent une sclérose disséminée des petits vaisseaux, mais on la trouve sur une plus grande échelle et intéressant des vaisseaux de plus gros calibre dans toutes les scléroses de la moelle, par exemple dans la dégénération grise des cordons postérieurs; c'est néanmoins dans la sclérose en plaques qu'elle est le plus manifeste : là, les vaisseaux sont très épaissis, très brillants, leur lumière est rétrécie, au point qu'il survient parfois de la thrombose et ils sont entourés d'une gaine conjonctive fortement épaissie, riche en noyaux, souvent aussi en corps granuleux. Pourtant on ne saurait dire si dans ces cas l'altération vasculaire a été primitive ou secondaire.

Nous avons déjà fait mention de l'infiltration calcaire des vaisseaux et nous avons dit qu'elle était rare ; la production de petits anévrismes disséquants est également un fait exceptionnel dans la moelle.

Nous allons maintenant nous occuper d'une question qui intéresse au plus haut point le clinicien :

§ 4. Régénération de la moelle. — Jean Millier dit dans son Manuel de Physiologie (trad. Jourdan) :

« Eu égard à la reproduction du cerveau et de la moelle épinière, il n'existe ^ucun fait qui prouve que la destruction d'une partie do la masse de ces organes soit jamais réparée complètement par une formation de nouvelle matière nerveuse. Arnemann a bien vu, chez les chiens auxquels il avait enlevé vingt-six à inquante-quatre grains de cerveau, qu'au bout de sept semaines la plaie était remplie d'une substance gélatiniforme et jaunâtre, qui se dissolvait dans l'eau avec plus de facilité que celle du cerveau; mais il reste à savoir si c'était là réellement de la matière cérébrale. La destruction des~ couches superficielles du cerveau n'entraîne souvent aucune conséquence fâcheuse, quand elle n'est point accompagnée de compression ou d'irritation. Quant aux lésions de la moelle épinière,

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