Les courants de courte durée n'ont aucun effet
2. Les courants de longue durée (20 à 25 minutes) ascendants et descendants paralysent la moelle, les ascendants plus rapidement que les descendants;
3. a) Les courants ascendants de 5 à 10 minutes de durée augmentent le nombre des mouvements respiratoires, aflaiblissent ou abolissent les mouvements réflexes; les mouvements redeviennent bientôt ce qu'ils étaient avant.
b) Les courants descendants de même durée affaiblissent les mouvements respiratoires, tandis que les mouvements réflexes persistent longtemps. Après l'opération, l'animal est privé des mouvements volontaires et généralement il succombe après quelques heures. La moelle se comporte donc absolument comme un nerf périphérique, c'est-à-dire que, au pôle positif, la contractilité et la conductibilité sont diminuées, tandis qu'elles sont augmentées au pôle négatif.
2) En 1S70 et 1871, le docteur Rabow a fait à notre clinique, à Konigsberg, des recherches sur l'action du courant continu; elles ne peiivent pas être considérées comme donnant des résultats délinilifs; nous citerons cependant quelques-unes de ces observations :
1. Femme de 25 ans qui s'observait très-bien elle-même. Paralysie consécutive à un typhus, avec parésie des deux membres inférieurs, contracture peu intense, mais nette cependant, dans l'articulation du genou droit, datant de dix semaines.
Courant continu avec 22 éléments (Pincus). Pôle positif à la cuisse droite, négatif à la première vertèbre lombaire. Quelques minutes après l'application du courant, la, malade «sent que les tendons de la cuisse s'allongent et se relâchent ». On prolonge pendant 10 minutes la séance, après laquelle la jambe droite est dans une extension normale.
2. A. R. Jeune fille de 18 ans. Paralysie consécutive à un typhus avec une contracture assez marquée du genou gauche. Courant continu avec 1^6 éléments (Pincus) ; pôle positif à la cuisse gauche, négatif à la première vertèbre lombaire. Après dix minutes, extension presque complète du genou. La malade dit qu'elle ressent « de l'allongement et du relâchement dans les tendons «. Au bout de quelque temps, la contracture réapparaît; nouvelle séance d'éleetrisation. La malade sent de nouveau du relâchement et de l'allongement dans les tendons, puis après, elle éprouve un sentiment de chaleur et bientôt la sueur couvre les deux pieds. La contracture a presque disparu au bout de dix minutes, et après deux séantes elle est complètement guérie.
Chez la même malade, il y avait parésie du bras gauche avec hj'peresthésie ; impossibilité de fermer le poing à gauche. En recherchant la contractilité électrique, on obtient avec 16 éléments une faible contraction dans les fléchisseurs de l'avaut-bras. On applique le courant continu pendant 15 minutes, le pôle positif sur les vertèbres cervicales, le négatif sur l'extrémité externe de la clavicule gauche. Pendant la séance, sensation de chaleur dans la main gauche. Le thermomètre placé dans cette même main monte, et tandis qu'il monte, il est tenu plus fortement. La contractilité électrique est augmentée notablement, car deux éléments déjà produisent des contractions. La main se ferme mieux, le bras se lève plus facilement.
3. Cz., homme de 23 ans. Atrophies musculaires consécutives à une myélite. Un examen préalable démontre que 14 éléments sont nécessaires pour obtenir des contractions dans chacun des avant-bras. On applique pendant 15 minutes 14 éléments (Pincus) le pôle positif sur la colonne cervicale, le négatif sur l'extrémité acromiale de la clavicule gauche. Le thermomètre fortement attaché dans la main gauche marque 35°, 5 après 20 minutes d'application. Pendant l'électrisation, le malade ressent dans le bras droit une augmentation de la température; le thermomètre monte à 36', 3 et est encore à ce niveau 10 minutes après la lin de la séance. 11 ne faut maintenant plus que 12 éléments pour obtenir des contractions dans l'avant-bras droit, 10 pour en produire dans l'avant-bras gauche.
4. S., homme de 53 ans. Wyéloméningite. L'essai de la contractilité électrique inu!(|ue la nécessité de 21 éléments pour mouvoir les cuisses. Application d'un courant continu de 30 éléments (Pincus), le pôle positif à la fesse gauche, le négatif à la cinquième vertèbre dorsale. Aussitôt après la séance, le malade accuse une sensation de chaleur ([ui rayonne depuis le jiôle négatif jusque dans le mollet droit et l'a plante du pied droit. Cette sensation varie-, disparaît et revient. Pas de sensation de ce genre dans le membre inférieur gauche. Après la séance il y a diminution notable de la douleur dans les reins et les jambes. On constate que la jambe gauche peut être levée plus haut que précédemment, et que la sensation de fatigue est moindre.
Poux jours après, nouvelle séan-'e. Dans les muscles de la cuisse gauche, on oblienl des l'onti'actions
observés par Nobili et Matteucci, plus tard, par Ranke {Zeitschrift fier Biologie, II). Nobili a remarqué qu'à l'aide du courant continu on pouvait arrêter les convulsions chez la grenouille ; Matteucci a repris cette observation et l'a mise à profit pour traiter le tétanos causé chez la grenouille par la strychnine. Ranke a établi que dans le tétanos strjchnique des grenouilles on obtient la cessation des contractions en dirigeant le courant dans un sens ou dans l'autre. De même le courant peut faire cesser les réflexes sur les grenouilles décapitées. Mendel, s'appuyant sur ces expériences, a préconisé le courant continu dans le tétanos chez l'homme ; nous aurons à en reparler. L'action du courant continu sur les contractures a été indiquée par Remak : elle est particulièrement appréciable dans les contractures toniques (non paralytiques) qui sont peut-être de nature réflexe ; ainsi on voit souvent les contractures consécutives au typhus cesser et parfois comme par enchantement, lorsqu'on fait passer par la moelle un courant continu. Après la séance d'électrisation la contracture cependant se rétablit et la guérison définitive n'a lieu que lentement. Cette action du courant continu, aussi bien dans le tétanos que dans les contractures, se rapproche de celle des narcotiques, en
avec 26 éléments. On applique pendant 12 minutes un courant continu de 30 éléments, mais en plaçant le pôle positif à la fesse droite. Au bout de 5 minutes, on renverse le courant et le malade accuse un fourmillement qui part de la hanche gauche et descend dans la jambe. Dans tout le membre inférieur droit, un sentiment de chaleur partant de la hanche. Cinq minutes après, nouvelle inversion du courant, suivie d'un sentiment de chaleur semblable et de courte durée. Immédiatement après la séance, l'hyperesthésie est diminuée dans la jambe droite. La eontractilité musculaire se manifeste avec 22 éléments. Les deux jambes peuvent être levées plus haut et plus facilement.
Troisième séance deux jours après dans les mêmes conditions que la seconde. 22 éléments sont nécessaires pour faire contracter les muscles de la cuisse gauche. On emploie 20 éléments comme la première fois. Trois minutes après le début de la séance, sensation de fourmillement partant du pôle négatif et descendant dans tout le côté gauche ; dans la jambe droite, sensation de chaleur. Après la séance, l'hyperesthésie a diminué dans la jambe droite. L'élévation des deux jambes est plus facile.
5. N., homme de 45 ans. Myélite chronique (sclérose disséminée), paraparêsie, réflexes intenses des deux côtés lorsqu'on pique le gros orteil avec une épingle. Application du courant continu (26 éléments Pincus), le pôle positif à la hauteur de l'épine de l'omoplate, le pôle négatif à 0°',13 plus bas. Après 5 minutes, la eontractilité réflexe des jamljes a augmenté notablement et cette augmentation persiste après la séance, qui a duré l.j rninutes. Quelques jours après, les électrodes étant placés de la même façon, il n'y a, après 1.5 minutes, qu'un peu d'augmentation de la eontractilité musculaire dans la cuisse.
6. K., jeune tille de 21 ans Atrophie musculaire progressive peu avancée. Les contractions électriques s'obtiennent sur les deux avant-bras avec 12 éléments. Application de 12 éléments (Pincus). le pèle positif sur la quatrième vertèbre cervicale, le négatif 0", 10 plus bas. Après 10 minutes, on produit des contractions avec S éléments et également 10 minutes plus tard.
7. A., homme de 45 ans. Dégénération grise. Application d'un courant continu de 20 éléments (Mei • dinger), le pôle positif entre les deux épaules, le négatif O^jlô plus bas; 40 éléments étaient nécessaires pour obtenir des contractions dans les deux cuisses. Après une séance de 10 minutes, la eontractilité est légèrement augmentée. En même temps le malade se plaint de ce que les plantes des pieds et les orteils sont comme morts.
De ces observations on peut tirer les conclusions suivantes, relatives àl'action du courant continu dans les maladies de la moelle, alors qu'un électrode au moins est appliqué sur la colonne vertébrale :
\. Scas'iiioiix subjectives. — Sensation d'augmentation de force, de diminution de la fatigue dans les muscles atteints et sensation de chaleur assez fréquemment accusée parles malades. D'autres sensations, diminution de la douleur, fourmillements ou sentiment de froid, ont été trop peu constantes pour qu'on puisse conclure quelque chose à leur égard.
2. Phénomènes objectifs. ;J Dans un certain nombre de faits, élévation de la température dans la main et aussi dans le pied quelquefois accompagnée de sécrétion de sueur; bj accroissement de la force motrice prouvée par l'amplitude jilus grande des mouvements des muscles paralysés ; cj augmentation de la eontractilité électrique; cO accroissement du pouvoir réilexe ; «^cessation des contractures. Nous avons observé plusieurs fois ce dernier fait, qui est très net dans les contractures par trop anciennes qui succèdent à la myélite, mais n'est plus constatable d'ordinaire dans les contractures anciennes et très prononcées ; /) quelquefois diminution de l'hyperesthésie.
11 faut remarquer, et les observations qui précèdent le prouvent, que les effets du courant continu ne se sont pas produits constamment dans tous les cas, et pourtant nos malades ont été suivis avec une attention soutenue.
Dans presque toutes nos observations, l'effet n'a été que passager : tantôt il cessait au moment où l'on enlevait les électrodes, tantôt il persistait quel([ue temps après l'issue de la séance. Dans les cas lavorables, l'état morl)ide primitif ne revenait pas avec la même intensité ; il y avait amélioration successive, qui finissait même par aboutir à la guérison. Nos observations ne donnent naturellement pas le dernier mol sur la questinn, mais elles sont une contribution importante à l'étude en-ore très ineomplètedu mode d'action du courant continu dans les affections de la moelle.
140 TRAITEMENT DES MALADIES DE LA MOELLE [tatiiol.
particulier do celle du chloroforme et est probablement à rapporter, pensons nous, à la diminution de l'excitabilité rcllexe. Lorsqu'un segment de nerf est traversé par un courant continu intense, ce segment est insensible aux autres excitants, dételle sorte que les excitations réflexes, elles aussi, restent sans eftet. D'après Baierlacher, le courant, quel que soit son sens, exerce une action paralysante sur la partie qu'il traverse, et cette action est plus marquée avec le courant descendant ; après l'ouverture du courant la moelle réagit de nouveau sous toutes les irritations.
On a étudié l'action du courant continu sur les nerfs vaso-moteurs, et généralement on la rapporte à la galvanisation du sympathique ; cependant on place d'habitude les électrodes de telle façon que la moelle est aussi traversée par ces courants et, quand on applique directement les électrodes sur les vertèbres cervicales, on obtient d'ordinaire, mais non constamment, une élévation de la température d'un des deux bras de 0^5 à 1°. Ce sont là des résultats rapportés par M". Meyer et que nous pouvons confirmer d'après les recherches de Rabow. Souvent les maladies accusent immédiatement après la galvanisation un sentiment de chaleur dans les membres paralysés, et l'on a observé aussi une hypersécrétion de sueur.
R. Heidenhain le premier a signalé le refroidissement produit par l'application du courant continu sur les muscles ; c'est là un point qui mérite d'être pris en considération dans les maladies spinales aussi bien que l'augmentation de l'exci tabilité motrice. Après les séances d'électrisation, les malades se sentent plus vigoureux, les mouvements sont plus libres et leur amplitude est plus grande. Pour ce qui est de l'action catalytique, à laquelle Remak attribue une si grande confiance dans les inflammations et les dégénérations, elle est pour le moins très incertaine; cependant nous voulons bien admettre que des dégénérations ont été arrêtées, que des états atrophiques ont rétrocédé et que des régénérations ont pu être favorisées de cette façon.
Remak, Benedikt et aussi M. Mej'er et d'autres auteurs ont indiqué la galvanisation du sympathique au cou comme la méthode d'électrisation par excellence dans les maladies de la moelle et du cerveau. Un des électrodes est placé sous l'angle inférieur de la mâchoire, et le second sur les vertèbres cervicales ou sur le sternum; c'est l'expérience qui décidera de l'utilité de cette pratique; mais il n'est ni démontré ni même vraisemblable que de cette façon on agisse principalement sur le sympathique et que ce soit à son intervention qu'il faille attribuer les quelques succès obtenus.
La galvanisation des nerfs périphériques est presque aussi importante que celle de la moelle elle-même. L'action sur les muscles est, il est vrai, passagère, mais elle est évidente: après le passage du courant leur force augmente, leurs mouvements sont plus libres, le sentiment de faiblesse et de fatigue y est moindre ; la sensibilité est plus grande aussi et elle peut être améliorée d'une façon durable. Nous avons déjà parlé de l'utilité et de l'importance de l'électrisation périphérique à propos de la faradisation ; dans la galvanothérapie on peut utilement associer l'électrisation centrale à l'électrisation périphérique, en plaçant le pôle positif exactement au niveau du siège de la lésion spinale et en promenant le négatif sur les muscles ou sur la peau. On agit de cette façon sur les contractures, absolument comme en électrisant la moelle seule. On peut exciter plus fortement certains groupes musculaires en renversant le courant. L'excitation des nerfs cutanés sur de larges surfaces est très-importante et ne doit pas être négligée.
Un grand nombre de névrites sont en relation avec les maladies de la moelle : là encore l'électrothérapie périphérique aune importanceparticulière. L'indication principale est alors le traitement de la maladie primitive, de la névrite, et dans cette affection le courant continu, d'un avis général, rçfid des services signalés,
Mentionnons encore en passant l'emploi de la machine èlectro'phore de Iloltz. Nous avons encore trop peu de renseignements sur son utilité; mais elle constitue un appareil perfectionné pour l'emploi de l'électricité produite par le frottement. Benedikt rejette absolument cette méthode du domaine de l'électrotliérapie. Schwanda énonce les propositions suivantes :
1) Dans les paralysies, les courants que Holtz désigne comme courants de tension, soulagent comme les courants faradiques ;
2) Dans les paralysies de la sensibilité cutanée ils ont une action bien plus énergique;
3) L'action la plus marquée est celle qui porte sur les fibres musculaires lisses et sur les vaisseaux de la peau: il survient de la chair de poule, et les raies faites sur la peau sont d'une pâleur qui dure de 10 à 30 minutes.
Fieber (^) a trouvé la machine de Holtz particulièrement utile dans les anesthésies cutanées ; mais dans les paralysies spinales elle ne doit être employée, selon lui, que lorsqu'il n'y a pas de symptômes d'irritation, notamment dans les paralysies saturnines ; mais elle est à recommander dans les paralysies hystériques et traumatiques et dans l'atrophie musculaire progressive ; dans le tabès au contraire elle ne donne généralement pas de bons résultats.
Nous ne nous-sommes jamais servi nous-méme de cette machine.
Nous ajoutons ici comme appendice :
12. Traitement du, dècuhitus et de la cystite dam? les maladies de la moelle. — La fréquence et l'importance de ces deux complications des maladies spinales nous engagent à dire un mot ici de leur traitement.
La thérapeutique du décubitus découle de l'étiologie de cet accident: il se développe sur des points déterminés de la surface cutanée, consécutivement à une pression longtemps prolongée ou par suite de la macération de la peau par les déjec tions;ces deux causes nous fournissent des indications thérapeutiques et nous pouvons négliger ici l'intluence directe des nerfs sur la production du décubitus, influence qui est encore contestée. Dans les cas graves de paralysie où le décubitus est à craindre, c'est-à-dire lorsque les malades ne peuvent plus se mouvoir et que grâce, à l'anesthésie, ils supportent sans se plaindre cette immobilité, il faut veiller avec grand soin à changer la position, dételle façon que les mêmes surfaces cutanées ne supportent pas toujours le poids du corps. Lorsque le décubitus commence, il faut de temps en temps coucher le malade sur le côté, et si la chose n'est pas possible, taire usage de coussins appropriés et de matelas à air et à eau. Quand on le peut, il faut de temps à autre faire asseoir le patient. On ne saurait guère recommander la position couchée sur le ventre, qui est extrêmement incommode et ne tarde pas à amener le décubitus sur l'épine iliaque antérieure et supérieure: Il est nécessaire de prêter la plus grande attention à l'irritation que produisent sur la peau les déjections et la literie elle-même. Pour diminuer l'efl'et irritant de cette dernière, on se sert des matelas à air ou à eau et de tissus élastiques, notamment de cuir souple. Des soins attentifs et une propreté scrupuleuse peuvent diminuer la macération par les urines et les fèces; en tenant toujours sèche et en enduisant de graisse (graisse d'oie ou de porc, heurre de cacao, cérat, hlanc de haleine, etc.) la peau des fesses, on diminue les chances qu'elle a de se laisser imprégner; il faut recommander aussi les lavages alcooliquesfa/coo/ et vinaigre, alcoolè de camphre). Lorsque le décubitus existe, il faut, en suivant les mêmes préceptes, tâcher de prévenir son extension et traiter localement la plaie avec le plus grand soin par les procédés connus (emplâtre contre le décnhitiis (^>, vin camphré, huile phcniquiêe, glycérine, etc). etc). Nous recommandons les pom-
(i) Fieber. Wien. Med. Wochenschr., 1369.
(2) En voici la formule d'après la pî a:'iiia'opéc aile :nnJc: P. é.orce Je chciie IG, eau distillée SO, sous»
142 TRAITEMENT DES MALADIES DE LA MOELLE [patiiol.
mades et les huiles qui assouplissent la peau, tandis que les fomentations aromatiques et autres favorisent la macération. Les emplâtres ne peuvent être mis en usage que contre les petites ulcérations. L'expérience démontre que dans les cas graves de paraplégie, en dépit de tous les soins, le décubitus ne peut être évité, mais qu'il est possible de le contenir dans de certaines limites, ce qui est très important, car après quelques semaines ou quelque mois, la maladie spinale peut rétrograder, de telle sorte que l'essentiel c'est de conserver la vie du malade assez longtemps pour lui permettre d'atteindre le moment de cette amélioration.
Quant à la cystite, nous trouvons également les indications de son traitement dans les troubles mécaniques qui la causent. Au début de la rétention, il faut éviter une stagnation trop grande de l'urine et une trop forte distension de la vessie : d'où la nécessité du catliétérisme pratiqué régulièrement une ou deux fois par jour. Nous sommes loin de nier que le catliétérisme, surtout souvent répété, ne soit exempt de dangers ; aussi faudra-t-il le faire avec précaution pour éviter toute déchirure et toute fausse route et pour ne pas introduire dans la vessie des germes putrides. Lorsqu'il survient de l'incontinence d'urine au lieu de rétention, on peut protéger les malades de la souillure de l'urine à l'aide d'urinoirs chez l'homme, d'épongés chez la femme. Il faut se rendre compte surtout, si avec de l'incontinence il n'existe pas en même temps delà rétention et une distension de la vessie, ce qui a lieu fréquemment. La stagnation résultant de la rétention amène le catarrhe vésical et toutes ses funestes conséquences, telles que gêne dans l'écoulement de l'uriné par les uretères et symptômes d'urémie ou d'ammoniémie. Il est alors nécessaire de vider la vessie par la pression ou à l'aide du cathéter. Des soins assidus peuvent écarter le catarrhe ou le maintenir dans des limites si restreintes qu'il ne présente aucun danger. Lorsqu'il existe, les prescriptions curatives sont à peu près les mêmes que les préventives, mais il est important d'éviter tout ce qui pourrait rendre l'urine alcaline; ainsi il faut proscrire les boissons gazeuses, les acides végétaux, et l'usage des fruits; il faut ordonner au contraire la viande et le laitage avec des boissons abondantes et rendre l'urine plus acide à l'aide du tannin. Lorsqu'il se fait une décomposition putride, ces remèdes sont incapables de s'opposer à la fermentation alcaline, et il faut alors laver la vessie avec de l'eau chaude additionnée d'acide chlorhydrique à 5 p. 100 ou de l'acide phénique; l'usage interne de l'acide phénique, bien que ce médicament soit éliminé par l'urine, ne semble avoir aucune influence sur le catarrhe de la vessie ni sur les reins. — La position couchée sur le dos, surtout lorsque le siège est fortement enfoncé, comme cela a lieu dans les paralysies graves, est certainement une condition qui favorise la stase de l'urine dans la vessie et indirectement dans les bassinets; aussi, autant que la paralysie le permettra, faudra-t-il faciliter mécaniquement l'écoulement de l'urine hors de la vessie en soulevant le maladepour le faire uriner. Dans quelques cas, cette manœuvre est d'une grande importance, et elle peut à elle seule ramener le fonctionnement normal de la vessie: rien n'arrête mieux le catarrhe vésical que d'amener cet organe à se vider régulièrement, complètement, spontanément, et c'est ainsi que nous voyons souvent les accidents de catarrhe diminuer au fur et à mesure de l'amélioration de la paralysie; mais il est bien certain que, avant même que la paralysie ne disparaisse, on peut, en levant le malade, faciliter mécaniquement le fonctionnement de l'appareil urinaire. L'importance de cette pratique est surtout grande dans les paralysies incomplètes dues à la myélite ou au traumatisme avec une affection vésicale d'intensité moyenne ou bien dans les cas où, par suite d'une lésion du
anétate de plomb liquide S ; après liltration et l'édui-llon nii huitiëine ajoutez gl ycérolé d'amidon 5. — Le vin l'ainplir^ est smivfent Piilployé imi Alli'iiiagiio.
caaal, le cathétérisme est devenu impossible : on retrouvera dans nos observations des exemples de ce fait. Lorsque la paralysie et le catarrhe de la vessie persistent longtemps sans se modifier, cet état n'est pas seulement une complication très pénible, sans laquelle le malade se trouverait beaucoup mieux, mais il présente des dangers sérieux et il est nécessaire de traiter tout particulièrement l'affection vésicale. Nous avons déjà dit plus haut l'importance que nous attachons, dans ces cas, à l'existence de l'anesthésie qui éteint chez le sujet les sensations réflexes et les envies d'uriner ; on constate même une anesthésie remarquable de la peau à riiypogastre, au périnée, au scrotum, au pénis, aux grandes lèvres, etc., et même de l'anesthésie de l'urèthre et du col de la vessie. Lafaradisation locale ou la galvanisation sont souvent utiles chez les tabétiques par exemple. Nous n'avons pas encore employé la galvanisation de la muqueuse uréthrale ni du col de la vessie. Althaus '^* place le pôle négatif sur la colonne lombaire, le positif sur le pubis; ce dernier, dont l'électrode est aussi large que possible, reste fixe, tandis que l'autre est promené tout le long de la colonne vertébrale. Jamais Althaus n'in troduit les électrodes directement dans la vessie, de peur de décomposer l'urine et de produire une irritation trop forte.
(1) Althaus, On Pii.ralysis of Ihe bladder, and its treatment hy the constant galvanic current. \BrH. med. Journal 187i, p. 568-581.)