dec. . .j g^jjj. ^|y,^Q ^2^
Le malade a peu dormi la nuit dernière, il a déliré, et vers le matin il était en sueur. Il se trouve assez bien, mais est très affaissé. Anorexie, soif vive. Les jambes présentent des taches rouges, irrégulières à leur face postérieure. Le pouls est très petit. La paralysie et le décuhitus sont toujours dans le même état. Selles et urine sont rendues sans que le malade en ait conscience.
18 déc.
Mat. Temp., 37%4 Pouls, 104 Resp., 24 Soir. — 39".0 — 96 — 16
Collapsus très intense. Hoquet depuis hier. Le pouls est à peine perceptible aux radiales. Respiration irréguliére.
Mort le 19 décembre.
■ Autopsie. La portion gauche de la 12° vertèbre dorsale présente une mobilité manifeste. L'apcphyse épineuse est fortement portée vers la droite, de sorte qu'entre elle et celle de la 1" lon;baire il existe une profonde anfractuosité. La lame gauche de la 12' dorsale est brisée net à son point de réunion avec le corps, et l'on trouve également un fragment qui s'est détaché de l'arc de la 1" lombaire. Le corps de cette dernière est déniulé de son périoste et offre latéralement une perte de substance de la grosseur d'un pois. En aucun de ces points il n'y a même l'ébauche d'un cal. La dure-mère est déchirée en regard de la fracture, mais les bords de la déchirure Jie sont ni épaissis ni modifiés d'aucune façon. Le commencement de la queue de cheval et le bout inférieur de la moelle, au niveau de la 12° vertèbre dorsale sont fortement comprimés ; en ce point on trouve sur la pie-mère ime infiltration jaunâtre purulente, très nettement limitée et mesurant environ un centimètre de longueur. Au-dessus, jusqu'à l'extrémité supérieure du renflement lombaire, cette méninge offre ime infiltration séreuse. Toute la partie supérieure de la moelle, y compris l'extrémité supérieure du renflement lombaire, est ferme et normale ; la partie inférieure de ce même renflement est, au (contraire, aplatie et très ramollie. Les l'acines antérieures, qui tirent leur origine du renflement lombaire sont grêles, gris rougeàtres, translucides ; les autres cordons nerveux de la queue de cheval n'offrent aucune altération.
On fait des sections transversales dans le renflement lombaire : à la partie supérieure, la substance médullaire est molle et bombe au-dessus du plan de section ; les cornes postérieures surtout n'ont ni leur teinte ni leurs contours bien précis : à la partie moyenne, la moitié latérale droite paraît notablement aplatie, la corne postérieure gauche est ramollie, jaunâtre, mal limitée, et il en est de même de la substance blanche qui l'avoisine : à la partie inférieure, immédiatement au-de.ssus de la queue de cheval, la substance médullaire est complètement ramollie et transformée en une bouilhe jaune rougeàtre, et c'est en vain qu'on chercherait à y reconnaître les contours de la substance grise et de la substance blanche. Rien de particulier dans le reste de la moelle, de m4me que dans le crâne et le cerveau. Les membres inférieurs sont fortement amaigris, et leurs muscles sont flasques. L'uretère droit est dilaté et a la grosseur d'un doigt, ses parois sont épaissies et il lenferme une grande quantité d'un liquide trouble jaunâtre, sanieux. L'uretère gauche est également dilaté. La paroi ve.-icale présente en certains points jusqu'à 0™.01 d'épaisseur ; la muqueuse est inégale, anfractreuse, recouverte de petites incrustations dures et brunâtres. Les bassinets sont, considérablement dilatés et distendus par une bouillie sanieuse. Les reins sont volumineux; à travers la capsule, on distingue de nombreux petits points blanchâtres, entourés chacun d'une auréole de forte hypèrèmie. Sur une section, on voit que la muqueuse du bassinet est injectée, cotonneuse, et en partie infiltrée d'une matière jaunâtre ; la substance médullaire du rein renferme de nombreux petits foyers purulents qui sont la plupart réunis par groupes.
Le microscope décèle dans la substance ramollie de la moelle de nombreux corps granuleux, des globules de pus et des débris nerveux en dégénérescence graisseuse. On trouve, en outre, une dégènèration ascendante de la portion interne des cordons postérieurs.
Diagnostic. Le diagnostic des fractures des vertèbres est d'une très grande importance pour le pronostic et le traitement, aussi exige- t-il une extrême précision. On ne peut guère" confondre les fractures qu'avec d'autres lésions traumatiques des vertèbres, il n'est pas possible de les confondre avec la carie, par exemple. Le diagnostic est en général facile lorsqu'il existe une déformation manifeste : il est vrai qu'on peut dans certain cas se demander si celle-ci est bien le