‹ Traité clinique des maladies de la moelle épinièreChapitre 67 sur 108 · PÉC.] INFLAMMATION DE L'ARACHNOÏDE ET DE LA PIE-MÈRE · texte numérisé non relu

PÉC.] INFLAMMATION DE L'ARACHNOÏDE ET DE LA PIE-MÈRE

narche est beaucoup plus lente : six semaines ne représentent pas une durée exîeptionnelle, au contraire; souvent la maladie se prolonge deux ou trois, roire même six mois, et davantage encore, en tenant compte des maladies

consécutives. . ^ x- t

Les terminaisons sont : la mort, la guérison et les maladies consécutives. Les cas foudrovants tuent presque tous; cependant Casimir Broussais (loc. ci^j décrit un cas foudroyant qui a été suivi de guérison. La proportion des décès est très variable suivant les épidémies. Dans les épidémies les plus graves, il est i^^^rt jusqu'à 72 p. 0/odes malades, A. Hirscli admet une mortalité moyenne de 3/ p. 0/0. Dans les épidémies bénignes de Kônigsberg, les résultats ont encore été plus favo^ râbles.

Ètioglogie.— 1. ^^e. La maladie attaque surtout les enfants : nous avons vu souvent des malades qui avaient à peine un an, mais les âges les plus menacés sont la seconde enfance et la première jeunesse ; pourtant la méningite peut survenir plus tard, et nous l'avons observée chez des personnes ayant passé la cinquantaine. .

2. Sexe. — L'homme est plus fréquemment atteint que la femme, Lette ditterence de prédisposition des sexes semble ne pas exister dans l'enfance.

3. Saisons. — La plupart des épidémies se montrent dans la saison la plus froide, ou bien elles succèdent aux froids les plus rigoureux de l'hiver. Le plus souvent l'élévation de la température fait cesser les épidémies même les plus intenses; mais alors nous voyons encore apparaître pendant les chaleurs des cas sporadiques et même épidémiques, et ce sont les personnes qui travaillent en plein soleil qui sont le plus gravement atteintes.

4. Les causes occasionnelles sont : un refroidissement brusque et intense, la fatigue musculaire, àe& traumatismes en apparence insignifiants. Cette dernière cause paraît très efficace en temps d'épidémie. C'est ainsi que lors d'une petite épidémie nous avons vu la méningite se développer après une chute sur la partie postérieure de la tète, et une autre fois une cas mortel survenir chez un jeune homme qui, au bain, s'était jeté à l'eau la tête la première.

5. Influence èpidèmique et contagion. — Par son mode d'apparition et son extension, la méningite cérébro-spinale est une maladie èpidèmique : à certains moments elle s'étend considérablement et s'attaque à un grand nombre de sujets avec une intensité insolite. Elle est certainement contagieuse, quoique à un degré peu considérable. Elle est transmissible, surtout par les personnes qui, venant d'un lieu où elle sévit, la transportent dans un autre lieu : le fait a été notamment constaté pour les troupes en marche; au voisinage de l'individu qui sert de transfert,quelques personnes deviennent malades, etpeu de temps après l'épidémie éclate.

La méningite appartient au groupe des maladies épidémiques infectio- contagieuses. La nature du contage n'est pas connue; les recherches sur la nature animée des contagesqui, dans ces derniers temps, ont prouvé au moins la vraisemblance de cette théorie, ont aussi leur valeur dans cette maladie. Nous pouvons dire que la méningite se rattache complètement aux autres maladies infectieuses par les lésions qu'elle produit; rappelons seulement la roséole, les pétéchies et l'ai buminurie, puis les altérations du foie, de la rate, des reins, du muscle cardiaque et des autres muscles. Mais dans la méningite, contrairement à la règle ordinaire pour les maladies infectieuses, il y a, tout comme dans la pneumonie fibrineuse, une affection inflammatoire, et les symptômes les plus importants sont subordonnés à l'inflammation locale. On peut, avec Niemeyer, faire ressortir cette particularité, mais il n'y a pas, d'après nous, grande importance à y attacher. Nous n'arrivons pas à mieux comprendre l'essence de la maladie parce qu'il nous est possible d'expliquer la plupart des symptômes par l'inflammation d'un organe.

316 MALADIES DES MÉNINGES RACHIDIENNES [pathol.

Pronostic. Au lit du malade il est presque impossible de formuler un pronostic certain. Les cas foudroyants sont très graves, mais non nécessairement mortels. Les cas abortifs sont généralement sans danger, mais peuvent aussi, d'une façon inattendue, prendre une tournure grave. Quant aux autres cas, on ne peut pas prévoir si leurs conséquences seront mortelles et quelle sera leur intensité. Pour établir un pronostic on pourra se baser sur les jalons suivants:

1. Dans le tout jeune âge, de un jusqu'à 2 ou 3 ans, le pronostic est grave, mais non absolument fatal.

2. C'est dans la seconde enfance et la jeunesse, lorsque les sujets sont vigoureux, que le pronostic est le meilleur.

3. Chez les femmes le pronostic est plus mauvais que chez les hommes.

4. Les symptômes de dépression (sopor, coma, paralysie du pneumogastrique, respiration irrégulière) sont des signes fâcheux, mais ils n'entraînent pas nécessairement la mort.

5. Des convulsions répétées, surtout chez les adultes, sont d'un funeste augure.

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