COMPRESSIONS DE LA MOELLE
Nous avons déjà parlé (p. 238 et suiv.) des compressions et des contusions de la moelle à la suite de fractures ou de luxations des vertèbres. Nous n'avons plus à nous occuper ici que de la façon dont la moelle est intéressée lors de ces traumatismes. La luxation des vertèbres s'accompagne d'un rétrécissement du canal rachidien : au même moment et presque toujours brusquement, la moelle se trouve comprimée, meurtrie et le plus souvent altérée dans sa structure. Le résultat de ce traumatisme est une déchirure plus ou moins profonde de la substance médullaire avec hémorrhagie, les méninges restant intactes ou étant elles-mêmes dilacérées. La partie contuse de la moelle a perdu sa forme arrondie, elle ne remplit qu'incomplètement la cavité de la pie-mère, laquelle est aplatie, plissée et froncée. Souvent cette membrane est colorée par du sang, ou bien elle laisse distinguer à travers son tissu la couleur noirâtre ou brun rougeâtre du sang qui s'est épanché dans la moelle. Sur une coupe, la substance cérébrale est friable, son dessin normal est effacé et elle est convertie dans une étendue variable en une bouillie brunâtre à laquelle se trouve mélangée une quantité plus ou moins considérable de sang. Au microscope on trouve, lorsque le traumatisme est récent, des débris de substance nerveuse et des globules sanguins ; mais la scène change promptement : les éléments nerveux déchirés se dilatent, se gonflent, deviennent graisseux et on voit apparaître des corps granuleux. Les globules de sang se ratatinent et se détruisent au bout de quelque temps, en laissant des amas de pigment et des cristaux d'hématoïdine. L'hémorrhagie s'effectue ou bien au milieu du parenchyme de la moelle ou bien sous la pie-mère, d'où elle peut faire irruption dans la cavité arachnoïde. Ces contusions ont en outre pour conséquence des lésions inflammatoires dont nous nous occuperons plus tard à propos de la myélite et de lamyélomalacie traumatiques.