IV. — I?<FLUENCES PATHOLOGIQUES
On a attribué une influence considérable, dans l'étiologie de l'éléphantiasis, à la scrofule et à la syphilis. — La scrofule existe entre les tropiques et dans les races colorées ; mais elle y est infiniment moins répandue que dans nos régions tempérées. Elle ne saurait être rapprochée de la lymphathexie, dont les manifestations préparent l'évolution de l'éléphantiasis. L'une se traduit par une transformation caséeuse des ganglions, une manière d'être générale de l'économie qui rappelle l'infection et aboutit fréquemment à la tuberculose ; l'autre s'accuse par des phénomènes de simple atonie des vaisseaux blancs, atonie favorable à leur inflammation ; mais, dans son terme extrême, conduisant à une dégénération fibreuse toujours localisée et sans réaction directe et diffuse sur l'organisme \ — Plus réelle est l'influence de la .sy-
* Cependant, on rencontre quelquefois, chez les scrofuleiix, des transformations fibreuses de tissus, qui simulent le processus élépliantiasique. Voir : Mathieu, Note pour servir à l'iiistoire du^ pseudo-éléphantiasis slrumeux. ProfirèK médical du i" dée. 1S8.-',.
philis. depuis longtemps mentionnée. Un grand nombre d'éléphantiaques sont des syphilitiques, et parfois le traitement spécifique a raison de la pachydermie. Mais combien d'autres malades n'ont pas d'antécédent syphilitique et demeurent réfractaires à l'administration du mercure et de l'iodure de potassium ! Quant à comparer entre elles les lésions osseuses et ganglionnaires de la syphilis et de l'éléphantiasis, de manière à ménager une sorte de fusion des deux états morbides, àprésenter l'un comme une simple forme de l'autre, il n'y faut pas prétendre. Les ganglions peuvent sans doute subir l'induration sclérosique dans l'une et dans l'autre maladie, comme à la suite d'ailleurs d'une irritation physique banale; mais ils n'offrent souvent, dans l'éléphantiasis, que la dilatation de leurs canalicules ; dans la même affection, les os sont exceptionnellement altérés, et, lorsqu'ils le sont, ils ne font que traduire un processus prolifératif commun à tous les tissus conjonctifs du membre : ce qu'on n'observe pas dans la syphilis, au contraire portée à concentrer ses effets sur les os, sans intéresser les parties molles environnantes. La syphilis tend à déterminer des lésions diffuses et ses néoplasies sont pauvres, destinées au ramollissement et à la régression ulcéreuse ; la lésion éléphantiasique est limitée, caractérisée par une néoplasie persistante et durable. Mais la maladie syphilitique aide au développement de la maladie pachydermique, parce qu'elle contribue à l'amoindrissement et à l'irritation de l'appareil lymphatique, sollicite certains éléments au travail prolifératif et prépare leur évolution vers un nouveau type, suivant la direction que leur imprime à son tour l'état lymphathexique.
Nous en dirons autant de la lèpre^ qui est fréquemment liée à l'éléphantiasis et que l'on a voulu faire descendre du même processus initial, de la même cause intime, inconnue ou hypothétique. La lèpre est très répandue dans les régions chaudes où se montre l'éléphantiasis ; mais elle y est beaucoup moins commune que celui-ci; au contraire, elle est endémique en des régions tempérées et froides où l'éléphantiasis n'est pas rencontré. Les deux maladies sont d'ailleurs séparées par des symptômes et des lésions bien distinctes •; mais l'une peut favoriser le développement de l'autre, pour les mêmes raisons que nous avons données lie l'action adjuvante de la syphilis.
Diverses mahidics <Jc ]a netni. occasionnée^ jimi' le (h'r.iiil de pro-
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prêté, ou le parasitisme (eczéma, gale, piqûres d'insectes ulcérées), ne jouent dans letiologie deFéléphantiasis, ou plutôt de la lymphangite, qu'un rôle accessoire. Elles accentuent davantage les tendances de la lymphathexie à l'inflammation, et, par la répétition des poussées irritatives qu'elles provoquent. liàtenL le dénouement.
lj'ané?nie et toutes les maladies qui l'engendrent agissent en diminuant la tonalité des vaisseaux et en exagérant par conséquent l'inertie des voies absorbantes. Elles contribuent au développement de la lymphathexie et par là, à celui de léléphantiasis.
L'influence du jialudisme est considérable ; mais elle n'est pas une influence nécessaire. Sans doute, nous sommes porté à regarder les accès lymphangitiques de la première période, comme entachés presque toujours de malaria; mais nous n'y voyons que l'appel de l'infectieux spécifique vers des organes de moindre résistance; nous ne pouvons leur accorder d'être une manifestation exclusivement palustre, origine fatale de la dégénérescence ultime, quand nous assistons au développement insidieux de la pachydermie, sans poussées fébriles initiales, et quand nous constatons l'existence de la maladie en des locaHtés non palustres. On comprend néanmoins qu'une infection, dont la tendance aux localisations sur les organes affaiblis est si grande, soit un danger pour les lymphathexiques et une perpétuelle menace d'éléphantiasis, par la répétition des irritations lymphatiques qu'elle provoque.