‹ Traité clinique des maladies des pays chaudsChapitre 111 sur 190 · V. — PARASITISME. C 0 .N T A G 1 U .N · texte numérisé non relu

V. — PARASITISME. C 0 .N T A G 1 U .N

Sur laction parasitaire, nous n'avons rien à ajouter à ce que nous avons dit précédemment'.

Quelques médecins, pour la plupart hollandais, admettent que léléphantiasis est susceptible de se propager par contagion. La majorité des observateurs repoussent cette manière de voir. Partout, on peut constater l'innocuité de la cohabitation la plus intime entre éléphantiaques et individus sains, et ce fait contribue à

' Dans son dornier mémoire, Jlycrs rcconnail que Ton iloil admellre, pour l'élcpliantiasis, une étiologie éclectique : la filaire n'est pas l'agent de la maladie, dans tous les cas; mais, là où le ver existe, il est une cause incontestablement très puissante de celle-ci.

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infirmer, dans une certaine mesure, la doctrine parasitaire ; car, avec une étiologie animée, il est difficile qu'une transmission ne se produise pas, en certaines occasions de très étroits contacts, souvent même accompagnés d'érosions saignantes (coït).

c. Nature et affinités.

L'éléphantiasis se relie de la façon la plus nette à la lymphathexie, dont elle est comme l'aboutissant. Sa première période accuse, en quelque sorte, le passage des manifestations périodiques de cet état semi-diathésique aux manifestations définitives et permanentes de la pachydermie, de l'atonie lymphatique avec prédisposition aux tlux lymptioïdes et aux poussées inflammatoires, à l'organisation néoplasique. Cela nous paraît surabondamment démontré par la coexistence et l'alternance si fréquentes de l'éléphantiasis avec l'hydrocèle lymphoïde, la lymphurie et les autres formes de la lymphathexie. L'afl^ection relève donc d'influences climatériques qui, jointes à d'autres influences de moindre importance ou d'action plus indirecte, ont créé dans les races intertropicales une modalité particulière de l'appareil absorbant, dont la susceptibilité morbide s'éveille à l'occasion de sollicitations diverses, parfois parasitaires et souvent infectieuses (malaria). Elle est la conséquence de la répétition habituelle d'une irritation qui exalte la nutrition dans les tissus en connexion le plus intime avec l'appareil lymphatique et les incite à la prolifération cellulaire. Celle-ci donne lieu à une hyperplasie conjonctive plus ou moins diffuse, différant de l'hyperplasie conjonctive de la sclérodermie par une tendance opposée dans l'évolution du processus. Il en est, en effet, de l'éléphantiasis et de la sclérodermie, comme des cirrhoses hépatiques : dans le premier , ainsi que ' dans la cirrhose paludéenne, la néoplasie se maintient, dans une large mesure, à l'état embryonnaire et se traduit par une hypertrophie; dans la sclérodermie, ainsi que dans la cirrhose alcoolique, la néoplasie devient plus franchement supérieure; en atteignant plus complètement l'état fibreux, elle subit la retractilité inhérente à celui-ci et revêt le caractère atrophique. L'analogie toutefois n'est pas l'identité, et nous ne souscrivons pas à l'opinion de Rasmussen, qui assimile l'éléphantiasis à la

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sciéroderinie. Dans l'une et dans Tautre alt'ection, il existe bien une période préparatoire, avec œdème, mais nous ne rencontrons pas, dans la sclérodermie, les poussées érysipélateuses qu'on observe dans l'éléphantiasis, et les conditions étiologiques de celui-ci ne répondent pas aux conditions étiologiques de celle-là; la différence est bien autrement accentuée dans la période ultime, où les phénomènes objectifs sont en opposition complète , malgré la similitude apparente du processus histologique. Dans la sclérodermie, pourrions-nous ajouter, certains faits militent en faveur d'une altération du système nerveux trophique, qu'on n'a pas encore mise en avant dans la pathogénie de l'éléphantiasis. La première serait une tropho-névrose et le second une sorte de lymphangite chronique. Mais il n'est pas impossible qu'on accorde plus tard un rôle important aux nerfs vaso-moteurs ou trophiques, ainsi qu'à leurs centres médullaires, dans la production de la pachydermie : Clarac le laisse entrevoir, diaprés les travaux de Leloir, et le professeur Gués a émis l'idée que l'éléphantiasis, la chylurie et les autres manifestations dites lymphangitiques pourraient avoir leur point de départ au système nerveux. Qu'en faudrait-il conclure ? Que l'organisme, en possession d'un petit nombre de moyens de réaction contre les modificateurs pathologiques, est souvent obligé de traduire des états différents par des processus plus ou moins voisins ou même presque identiques '.

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