DERMITES EXOTIQUES : LÈPRE KABYLE
On comprend cependant que l'on ait assimilé la verruga au pian ; car la verruga à des affinités étroites avec le molluscum et le mycosis fongoïde, et nous avons vu que le pian était parfois confondu avec ces maladies.
Prophylaxie et traitement. — Dans les localités endémiques, on ne possède aucun moyen de prévenir l'invasion de la verruga, sinon l'émigration vers la plaine. Les indigènes, convaincus de la nocivité des eaux, s'abstiennent d'en faire usage et n'échappent pas, malgré cette précaution, à la maladie. — On a conseillé, comme traitement, l'administration prolongée de la décoction de maïs, qui jouit d'une grande faveur parmi les gens du pays, et l'usage interne de l'acide phénique, combiné avec des bains fréquents. Nous ne pouvons nous prononcer sur la valeur réelle de ces médications ; mais nous doutons beaucoup de leur efficacité curative. Nous pensons que les indications à satisfaire doivent être ainsi formulées : — 1° modifier la constitution par l'emploi des toniques : quinquina, fer, arsenic, régime substantiel; — 2° prévenir les hémorrhagies par le déplacement vers les localités de faible altitude; les combattre par les applications locales appropriées; remédier à leurs conséquences par l'administration des martiaux ; — 3° combattre les complications dérivées de la formation de tumeurs sur les muqueuses internes, par les moyens en rapport avec la nature des accidents et le siège des tumeurs ; — 4" calmer les douleurs osseuses et articulaires par l'administration des opiacés; — 5" si les tumeurs sont peu nombreuses, bien accessibles, les détruire par étranglement de leur pédicule ou par écrasement linéaire, ou bien encore par applications de caustiques (pâte de Canquoin, injection de chlorure de zinc, etc.); — 6° si les tumeurs aboutissent à la suppuration, les traiter comme un abcès; — 7» si elles s'ulcèrent, pansement à l'acide phénique, etc.