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III. - DIAGNOSTIC DES COMPLICATIONS ET DES ASSOCIATIONS

On le déduit de l'observation des symptômes propres à chacun des états morbides surajoutés.

B. Pronostic, mortalité générale.

La dysenterie, quand elle affecte la forme épidémique, et surtout quand elle sévit sur des agglomérations humaines (prisonniers, troupes, équipages de navires, etc.), est, dans les pays chauds, une

maladie des plus redoutables; en Egypte, Desgenettes Ta vu enlever plus de soldats que la peste ! Alors même qu'elle se manifeste par cas isolés, elle comporte, entre les tropiques, une grande réserve dans le pronostic. Avec des symptômes initiaux légers et d'apparence bénigne, elle peut, en effet, revêtir lentement ou tout à coup une forme grave, s'acheminer vers une forme insidieuse ou chronique, subir des complications ou des associations qui la modifient et augmentent la sévérité de l'atteinte intestinale. Nous avons vu que, dans les colonies anglaises, la maladie tendait à perdre de sa fréquence et de sa gravité. Il en est de même dans les nôtres. A Cayenne, en 1831, on comptait 79 cas et 8 décès de dysenterie, pour un effectif de ooO hommes ; en 1834, 302 cas et 13 décès pour 1,500 hommes; à la Martinique et à la Guadeloupe, entre les épidémies de fièvre jaune, on perdait annuellement 130 à 130 dysentériques, sur une garnison d'environ 2,300 hommes; au Sénégal, on avait, en 1831 et 1832, 20 à 80 décès sur un effectif de 4 à 300 hommes, et, en 1867, 44 décès pour 670 hommes; à la Réunion, la mortalité dysentérique était considérable parmi les blancs et les noirs. (Dut.) Aujourd'hui, le nombre des cas mentionnés sur les statistiques a beaucoup diminué ; mais le faible chiffre de la léthalité est encore à prendre en considération parmi des effectifs réduits.

JNous avons dit qu'elle était l'issue habituelle des formes aiguës et subaiguës. Parmi les signes particuliers fournissant des éléments au pronostic, « ceux qui indiquent le sphacèle intestinal ne peuvent laisser aucun doute sur une terminaison funeste; mais ceux qui n'indiquent qu'une gangrène partielle sont subordonnés à l'état général du malade; l'absence de coliques et de ténesme, coïncidant avec un grand état de prostration, est un signe très fâcheux, tandis que la sortie de quantités considérables de sang et de lambeaux sphacélés peut être suivie de guérison, quand l'état général se soutient. Il est d'ailleurs impossible de porter un jugement d'après la seule nature des selles, au début. » (Dut.)

Sérieuse est toujours la dysenterie parvenue à l'état chronique. Mais il faut distinguer entre les formes où la lésion se localise vers les dernières portions du gros intestin, et celles où les altérations, bien que perdant leurs caractères primitifs, tendent à envahir une vaste étendue ou même la surface entière du tube digestif. Dans le premier cas (rectite), la maladie n'est que pénible, insuppor-

table par sa durée et sa ténacité, mais elle ne compromet pas la nutrition et elle est assurée de la guérison, si elle est convenablement traitée. Dans le second, elle mène à l'athrepsie, guérit au bout d'un temps fort long et au prix d'efforts soutenus, aboutit à un état de langueur, qui, sans être encore la maladie, n'est cependant plus la santé, état d'ailleurs très instable et fertile en occasions de récidives, ou bien à la cachexie et à la mort par inanition.

Les complications ou associations les plus à craindre sont celles qui, de forme aiguë ou suraiguë, abattent le plus profondément les forces (choléra, accès malarien, etc.), ou, chroniques, pervertissent la nutrition et enlèvent à l'économie toute puissance de réaction (impaludation, scorbut, etc.). Elles comportent d'ailleurs la signification pronostique habituelle de leurs états propres, mais aggravée par l'affection connexe.

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