VI. — PROPHYLAXIE ET TRAITEMENT
A. Prophylaxie.
Elle ressort de l'exposé des causes. Nous insisterons seulement sur la nécessité de modifier, dans nos colonies, et particulièrement au cours des épidémies, certaines habitudes compromettantes pour l'hygiène publique et qui transforment les localités les plus favorisées, sous le rapport des eaux et des conditions telluriques, en foyers infectieux de la plus haute intensité. Aux Antilles, par exemple, les cours d'eau reçoivent les vidanges humaines sur toute leur étendue; dans les villes, c'est à peine si l'autorité municipale met obstacle à cette déplorable coutume ; hors des villes, au voisinage des bourgs et des habitations, aucune surveillance, aucun arrêté prohibitif ne la viennent entraver. Aussi, voit-on Saint-Pierre et la Basse-Terre, largement approvisionnées d'eau vive, conserver le monopole presque exclusif de l'affection dysentérique (atténuée, il est vrai, depuis que l'on fait usage d'eaux pluviales ou amenées à grands frais de sources lointaines par des conduits fermés), tandis que les centres marécageux de Fort-de- France et de la Pointe-à-Pitre, obligés à ne consommer que des eaux captées, sont généralement épargnés par la maladie. On sait
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quelle a été la violence de répidémie cholérique à la Basse-Terre, en 1865 ; il n'en faut pas chercher Texplication, peut-être, en dehors de la condition que nous signalons. L'eau étant le véhicule par excellence de la matière infectieuse, il importe, toutes les fois qu'on la tiendra pour suspecte et qu'on sera néanmoins forcé d'en faire usage, de la soumettre à une filtration convenable et à une ébullition prolongée. Il n'est pas besoin d'ajouter qu'on doit aussi veiller à la conservation des eaux pures ou corrigées dans des réservoirs eux-mêmes préservés de toute souillure.
On évitera, dans les hôpitaux, de former des agglomérations de dysentériques, qui pourraient donner lieu à un foyer rayonnant soit de l'atTection, soit du typhus, comme à Liverpool, après le débarquement des malades de Sheah-Gehald.
B. Traitement^.
Les atteintes très légères peuvent guérir par le seul traitement diététique (lait, œufs, fécules, etc.). Mais en dehors des cas d'une excessive bénignité, la dysenterie relève d'une thérapeutique souvent très complexe. Si les indications sont surtout relatives à l'état local, dans les formes aiguës, mixtes ou surtout relatives à l'état général, dans les formes chroniques, elles sont, dans leur ensemble, susceptibles d'être ramenées à des formules communes, quelle que soit la forme de l'affection.